Publié par Sylvain Labbe le 23 juillet 2017 à 14h05

Après son homosexualité, Nigel Owens révèle... sa boulimie

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Après son homosexualité, Nigel Owens révèle... sa boulimie

Nigel Owens, le meilleur arbitre de la planète rugby, avait marqué les esprits par son coming-out. Le Gallois avoue aujourd’hui se battre encore contre des désordres alimentaires sévères.

Nigel Owens, âgé aujourd’hui de 44 ans, lève un nouveau voile sur sa vie privée. Pour la bonne cause. Premier acteur majeur de son sport à avouer son homosexualité pour faire avancer les mentalités, l’arbitre gallois de la finale de la dernière Coupe du monde, réputé comme le meilleur sifflet de sa génération, révèle sur BBC Sport qu’il se bat encore aujourd’hui contre la boulimie. 

Owens voulait être "castré chimiquement" pour ne "pas être gay" https://t.co/Q4eEoyysONpic.twitter.com/Y0OypDs0LT

— Europe1 Sports (@sports_fr) 7 février 2017

Une nécessité à ses yeux quand on sait que les désordres alimentaires, associés plus généralement aux jeunes filles adolescentes, sont à l’origine du taux de mortalité le plus élevé parmi les maladies mentales et touchent, selon les estimations, 1,6 million de personnes en Grande-Bretagne. Dont environ 400 000 seraient des hommes ou de jeunes garçons. Un chiffre en constante augmentation.

Tous les sports sont touchés

"J’en parle ouvertement parce que je sais que les hommes et les garçons peuvent voir un signe de faiblesse à admettre qu’il y a un problème que vous ne pouvez pas vous avouer. Mais ce n’est pas un signe de faiblesse ; c’est le signe d’une grande force que de le faire", explique Owens, dont les difficultés à s’accepter tel qu’il est l’ont conduit notamment à une tentative de suicide à l’âge de 26 ans. Mais aussi à l’absorption de stéroïdes pour tenter de mettre son image et son corps en adéquation avec des stéréotypes toujours plus pesants. On imagine mal les dégâts causés par les images montrant un Cristiano Ronaldo si fier de son fameux « six-pack »…

A mon retour d’Argentine, je me suis fait vomir 3 ou 4 fois

Cet autre combat contre la boulimie, le Gallois le mène donc encore, alors même qu’il a dû satisfaire aux très exigeants tests physiques imposés au panel des arbitres internationaux retenus pour le Mondial 2015 en Angleterre. C’est lors de sa participation à un programme venant en aide aux personnes touchées par la pathologie qu’il a constaté la persistance du mal qui touche selon lui "tous les sports dans le monde"… "Je rentrais d’Argentine, où j’avais arbitré la tournée de l’Angleterre il y a quelques semaines. A mon retour, je me suis fait vomir trois ou quatre fois parce que j’avais mangé plus de nourriture que j’en avais besoin."

Difficile d’imaginer Nigel Owens, qui doit composer avec la pression d’avoir à prendre des décisions dans la milliseconde devant des millions de gens, "ne pas être suffisamment fort pour stopper ma (sa) boulimie." Et pourtant… Personne n’est épargné. "Je comprends ceux qui disent qu’il n’y a rien à faire parce que ça vous prend et vous sentez qu’il n’y a rien à faire. Mais j’encourage quiconque souffre de cette maladie à agir, prendre l’avis d’un professionnel, en parler aux gens, ne pas le cacher, ne pas mentir, c’est un premier grand pas."

Cet aveu participe à la thérapie engagée par l’arbitre: "Une chose que je sais absolument, c’est que la boulimie ne peut pas continuer. Et j’espère que parler de mon expérience pourra en aider beaucoup à parvenir à la même conclusion. Ne soyez pas dans ma situation ; 27 années que ça dure et j’en souffre encore."  

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