Publié par Sylvain Labbe le 11 octobre 2012 à 20h00

Castres, 48 heures plus tard

Coupe d'Europe

Marc Andreu est l'un des cadres de l'effectif castrais susceptible d'accompagner Labit et Travers sous leurs nouvelles couleurs du Racing.

Castres, 48 heures plus tard

Si l'intégrité qu'ont revendiqué Laurent Labit et Laurent Travers dès l'officialisation de leur départ n'est pas à mettre en doute, il est en revanche indubitable que le Castres Olympique est depuis mardi entré dans une nouvelle ère. A l'heure d'une ouverture périlleuse de la H Cup en Ulster ce vendredi, le club tarnais doit déjà préparer un avenir forcément incertain.

"Le club prendra des dispositions pour assurer la continuité de sa politique sportive qui lui permet avec des moyens raisonnables de continuer à tenir un rôle important dans le Top 14 malgré la concurrence exacerbée des grands clubs et des grandes métropoles." On ignore si ces seules paroles, prononcées mardi par le président Michel Dhomps, en marge de l'annonce du départ des deux entraîneurs du Castres Olympique, Laurent Labit et Laurent Travers, à la fin de saison, suffiront à rassurer les supporters du club tarnais. Il est permis d'en douter tant l'inquiétude née de cette nouvelle, qui ne faisait plus aucun doute dans la sous-préfecture du Tarn, comme ailleurs, est grande chez les amoureux du CO.

Une inquiétude certainement qui ne peut être liée à l'implication des deux techniciens sur le départ. L'oeuvre accompli par Labit et Travers depuis trois ans est suffisamment remarquable pour imaginer que les deux inséparables depuis 2005 et le début de leur collaboration à Montauban pourraient achever leur carrière castraise en roue libre. Pas vraiment le genre des deux garçons, et Laurent Travers n'a pas tardé à mettre les choses au point en s'adressant au public de Pierre-Antoine dès la conférence de presse :"Il faut que les supporters nous fasse confiance en terme d'intégrité, a-t-il martelé, l'oeil noir, comme pour mieux éteindre le moindre soupçon. Ça serait quelque chose qu'on aurait du mal à accepter. On va tout faire pour leur donner du bonheur et un maximum de victoires. J'espère qu'ils ne remettront pas en cause notre intégrité. On n'a qu'une envie, c'est que le Castres Olympique continue à exister." Une ambition sincère que la perspective de pouvoir quitter la scène castraise au sommet ne fait que conforter. Rien ne comblerait plus le duo que de s'éclipser la tête haute et sur un dernier coup d'éclat.

Urios favori, mais avec quel effectif ?

Mais si l'actualité du terrain offre ce vendredi une balade irlandaise corsée à Iosefa Tekori et ses coéquipiers (voir par ailleurs), invités à se frotter du côté de Belfast et de Ravenhill à une province de l'Ulster, vice-championne d'Europe, celle-ci est forcément éclipsée par les inévitables conjectures qui vont naître sur l'avenir du club comme celui des joueurs.

C'est là le revers de la méthode employée par Labit et Travers qui, dans leur souci de clarté, soumettent le CO à une période de possible flottement. Néanmoins, la démarche avait aussi pour but de permettre au club tarnais de ne pas être pris au dépourvu et de pouvoir entamer sans attendre la recherche du ou des candidats susceptibles d'assumer la difficile succession qui s'annonce sur le banc castrais. Un technicien posséderait déjà une longueur d'avance : selon RMC, Christophe Urios, en poste depuis 2007 à la tête de l'US Oyonnax qu'il a qualifié par deux fois pour les phases finales d'accession d'une Pro D2, dont le club de l'Ain est l'actuel leader, tiendrait aujourd'hui la corde. Avec pour lui l'atout non négligeable d'avoir déjà porté les couleurs castraises du temps de sa carrière de talonneur (1990-1999), avant d'en devenir également l'entraîneur (2002-2005). Un vécu qui plaît aux dirigeants sensibles également au profil d'un certain Ugo Mola, ex-joueur et entraîneur du club lui aussi ; sans club depuis son limogeage à Brive, l'ancien international pourrait former un "ticket" au côté d'Arnaud Costes, un autre ancien international, avec lequel il partage aujourd'hui le rôle de consultant sur Canal+.    

Mais la succession des deux coachs n'est évidemment pas la seule problématique du club, qui doit désormais prévenir le risque d'hémorragie au sein d'un effectif, où plusieurs éléments ont lié leur plan de carrière à celui de leurs entraîneurs. Le capitaine Matthias Rolland et les troisièmes lignes Ibrahim Diarra et Yannick Caballero leur sont ainsi fidèles depuis sept ans et les accompagnés de Montauban à Castres. Ces deux derniers possèdent d'ailleurs une clause libératoire... en cas de départ de leurs deux mentors. Et l'épidémie de départs pourrait être sévère avec pas moins de onze joueurs en fin de contrat en juin prochain (Tékori, Andreu, Forestier, Bornman, Lacrampe, Kockott, Talès, Bernard, Sanchou, Evans, Baï et Andreu). Et si la probabilité est grande de voir l'ailier international Marc Andreu céder lui aussi aux sirènes du Racing, Tekori, lui, pourrait se contenter d'un saut de puce, chez le voisin toulousain. A Castres, la peur du vide est depuis 48 heures bien réelle.    

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