Publié par Sylvain Labbe le 18 octobre 2012 à 14h55

Clermont tient à son scalp

Coupe d'Europe

Les Clermontois ont été sensibilisés sur la nécessité de se méfier d'Exeter. (Maxppp)

Clermont tient à son scalp

Capables de lancer sur les meilleures bases leur campagne de Coupe d'Europe par une victoire bonifiée sur les Scarlets (49-16), les Clermontois effectuent un premier déplacement plus périlleux qu'il n'y paraît samedi, à Exeter. Sur le terrain de ces Chiefs, véritable sensation outre Manche, pas loin d'accrocher le scalp du Leinster pour leurs débuts européens, l'ASM devra rester sur ses gardes.

Si le club d'Exeter a pour emblème un chef indien, ces Chiefs tiennent plus de l'irréductible village gaulois tant cette formation du Sud-Ouest de l'Angleterre, chef-lieu du comté du Devon, occupe une place atypique au sein de l'élite anglaise. Une Premiership que cette formation, parmi les plus anciennes du Royaume puisque créée en... 1871 (!), n'a rejoint qu'il y a deux saisons après un siècle et demi à vivre dans l'ombre du plus haut niveau national. Exeter a pris son temps, mais aujourd'hui, les nouveaux venus font figure de sensation, capables dès leurs débuts à ce stade de la compétition d'achever un premier exercice aux portes des places qualificatives pour la H Cup, avec au passage des victoires de prestige face aux ténors anglais et notamment le seul succès de la saison à Vicarage Road, l'antre des Saracens, futurs champions d'Angleterre.

Des premiers pas confirmés un an plus tard par une qualification pour la Coupe d'Europe, qui posent question sur les raisons d'une réussite aussi soudaine... On soupçonne un scénario à la toulonnaise et l'arrivée d'un riche mécène, capable d'offrir au club un recrutement de premier choix et une ribambelle d'internationaux. Il n'en est rien. Car ces Chiefs fondent leur réussite actuelle, certes sur un environnement économique porteur dans le Devon, mais surtout sur la fidélité de deux frères, Rob et Richard Baxter, enfants du cru, qui ont permis cette ascension sur le tard. Le premier, ancien joueur charismatique, entraîne le second, troisième ligne centre de l'effectif actuel. Ici, pas de stars, ni de millions, mais un esprit famille qui, à force d'humilité et de vertus collectives, fait des miracles et ravit week-end après week-end le public du petit stade de Sandy Park et ses 10 000 places, prêt à vibrer samedi pour son grand baptême de Coupe d'Europe face à Clermont.

Il faut être prêt car si nous ne sommes pas à notre meilleur niveau, nous pouvons nous faire punir !

Julien Bonnaire

Un miracle quasi permanent à l'ombre des ténors anglais, qui perdure cette saison encore en Premiership avec trois victoires en trois matches à domicile et qui désormais s'exporte aussi sur la scène européenne, où les Chiefs, pour leurs grands débuts, furent tout près d'accrocher le scalp du Leinster le week-end dernier, ne s'inclinant à Dublin que sur une pénalité de Jonny Sexton (9-6). Des doubles champions d'Europe tout heureux de voir le coup de pied de l'ancien Parisien et Perpignanais Ignacio Mieres rater les poteaux et l'égalisation dans le temps additionnel. Une performance qui vous classe d'emblée un collectif capable durant quatre-vingt minutes de prendre à la gorge O'Driscoll et les siens en conquête comme dans les zones de ruck au prix d'un engagement et d'une solidarité sans faille. Pour se défaire dès cette première journée du rôle de petit Poucet de la poule un peu trop vite attribuée. Et si les tenants du titre ont pu faire preuve de suffisance, voilà au moins la preuve offerte aux Clermontois que ce premier déplacement européen doit être pris très au sérieux.

Une réalité à laquelle Julien Bonnaire, interrogé sur le site de l'ASM, semble déjà préparé, renseigné sur un prochain adversaire "qui a l'air de bien faire vivre le ballon et de beaucoup s'appuyer sur son collectif". Et d'enchaîner : "Nous savions que la poule était relevée. Je pense, depuis le début, que seul le premier aura la chance de sortir en quart, souligne, convaincu, le troisième ligne. Nous avons vu le Leinster en difficulté face à une très bonne équipe d'Exeter. C'est un fait mais ça ne change rien à la manière dont nous aurons à appréhender nos futurs matches. C'est même une bonne chose, nous savons réellement à quoi nous attendre en Angleterre. Nous savons qu'un très rude combat nous attend, là-bas, face à une équipe qui semble bien organisée en conquête et qui n'hésite pas à jouer. Ils ont des arguments et je pense qu'ils n'hésiteront pas à les utiliser face à nous. Il faut être prêts car si nous ne sommes pas à notre meilleur niveau, nous pouvons nous faire punir !"

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