Publié par Sylvain Labbe le 19 septembre 2012 à 14h30

Coupe d'Europe: La France en arbitre

Coupe d'Europe

Les renégociations autour du format et de la répartition financière de la Coupe d'Europe s'annoncent longues et difficiles.

Coupe d'Europe: La France en arbitre

Si l'ERC, l'organisateur des Coupes d'Europe, qualifie dans un communiqué de "productives" les premières discussions ouvertes mardi, à Dublin, autour de la renégociation des accords qui régissent la Coupe d'Europe, la volonté de réforme portée par les Français et les Anglais promet une lutte pied à pied pour obtenir gain de cause.

Les fameux Accords de Paris, s'ils arrivent à échéance fin 2014, ont d'ores et déjà vécu. Leurs jours sont comptés depuis juin dernier, lors les deux poids lourds du rugby européen, les Français (LNR et FFR) et Premiership Rugby, qui représente les intérêts des clubs anglais, ont signifié à l'ERC, la société organisatrice des Coupes d'Europe, leur volonté de renégocier ces accords. Avec pour enjeux majeurs, outre le format des compétitions, la question cruciale de la répartition financière.

FRANCE, ANGLETERRE : Les réformateurs - En premier lieu, Français et Anglais militent pour une refonte du format des compétitions européennes. Avec une H Cup, dont le nombre de participants serait réduit de vingt-quatre (six poules de quatre) à vingt équipes (cinq poules de quatre), mais dont l'entrée se ferait désormais par la voie de la qualification en championnat, comme c'est déjà le cas en Top 14 et en Premiership, mais désormais aussi en Ligue Celte, plus les vainqueurs de la Coupe et du Challenge. Fin donc du quota automatique fixé par nation (6 Français, 6 Anglais, 3 Irlandais, 3 Gallois, 2 Ecossais, 2 Italiens). De cette manière, si le risque existe de voir les Italiens ou les Ecossais, contraints désormais de bien figurer en Ligue Celte, disparaître de la H Cup, ce principe permet de rééquilibrer l'équité entre des équipes en mesure de privilégier la Coupe d'Europe quand les Français et les Anglais doivent batailler sur  les deux fronts, domestique et européen. Une voie qui a aussi l'avantage de revaloriser un Challenge Européen, le plus souvent vampirisé par les clubs français et anglais (respectivement huit et cinq la saison dernière, contre aucun Irlandais, ni aucun Ecossais. Nouveau format donc, mais aussi nouveau calendrier, un point sur lequel la Ligue national (LNR) est en pointe avec l'exigence d'une finale de H Cup disputée au plus tard fin avril, impliquant des quarts de finale fin janvier.

FINANCES : Le nerf de la guerre - Par-delà les questions du format et du calendrier, c'est bien évidemment la répartition financière qui mobilise le plus Anglais et Français, convaincus, malgré une part fixe plus importante, que le modèle actuel, trop favorable aux Irlandais et aux Celtes si l'on ramène au nombre de clubs participants par nation, les dessert. Et pour cause, les deux frères ennemis de l'Europe sont les plus gros contributeurs, notamment en droits audiovisuels -on les estime côté français à 15 millions d'euros portés par France Televisions et Canal+. Une manne qui sera, à n'en pas douter au coeur des discussions et des débats des prochains mois au cours desquelles les Français, représentés par pour la LNR par Patrick Wolff et René Bouscatel, et Michel Palmié pour la FFR, pourraient jouer un rôle d'arbitre, pris entre deux feux entre l'ERC et des Anglais, prêts au coup de force.

BOYCOTT :  Une issue peu probable - Dans un contexte déjà très tendu, l'annonce de la signature par Premiership Rugby d'un contrat d'un montant de 152 millions de livres (environ 190 millions d'euros) avec la firme audiovisuelle BT, qui vient également d'acquérir les droits de la Premier League anglaise, pour la couverture des matches du championnat, mais aussi des rencontres européennes impliquant les clubs du Royaume à compter de la saison 2014-2015 et pour quatre ans, envenime un peu plus les choses. Car l'ERC dénonce ce contrat, arguant du fait que ses droits sont déjà la propriété de Skysports pour les quatre prochaines saisons, information communiquée aux nations engagées en Coupes d'Europe le 6 juin dernier. Une version que contestent les clubs anglais selon lesquels le droit de l'ERC à négocier les droits TV n'est plus d'actualité au-delà de 2014 et la fin des accords de Paris. Une pierre de plus dans le jardin de l'ERC... Et l'illustration d'un certain extrémisme anglais, qui pourrait toutefois n'être que de façade, et faire figure de posture destinée à mettre la pression à l'ouverture de ces négociations sur lesquelles plane la menace d'un boycott des Anglais et des Français. Une issue dans laquelle les Celtes ont toutefois financièrement trop à perdre pour ne pas lâcher du lest. Et les Anglais trop peu de soutien pour renverser la table à eux tout seuls. Dans ces conditions, les Français, qu'une mise entre parenthèses de la Coupe d'Europe, bien que préjudiciable, affecterait sans doute le moins, ne manqueront pas de sollicitations ces prochains mois... La bataille s'annonce rude.       

Réagissez

Les blogs des joueurs

  • "Le plus grand danger..."

    Le plus grand danger, qui nous guette, c’est de ne plus avoir la niaque, cette agressivité,  cette envie et...

  • "L'effectif pour encaisser"

    "Cette blessure, c’est dur, surtout pour François (Trinh-Duc). Il était en pleine forme en ce moment, il...

  • "Le travail va payer"

    C’est vrai que le début de saison est un peu mitigé, mais il y a des choses positives, qui prouvent qu’on a cette...