Publié par Sylvain Labbe le 5 octobre 2017 à 11h05

Galthié: "Je ne connaissais pas Toulon"

Coupe d'Europe

"Pour moi, une saison réussie, c’est si mon président est content", assure Fabien Galthié.

Galthié: "Je ne connaissais pas Toulon"

Sous le charme de l'environnement et du public toulonnais qu’il découvre et dont il loue la bienveillance plus que la pression, Fabien Galthié vibre à la perspective d’entamer une première campagne de Coupe d’Europe la semaine prochaine avec le RCT.  

Fabien, y a-t-il une chance de briser la mainmise des Saracens, doubles tenants du titre, sur cette Champions Cup ? Cette équipe semble injouable depuis deux saisons…
En fait, pour en avoir discuté avec Chris Ashton (l’ailier anglais évoluait encore avec les Sarries la saison passée), il m’a dit que chez les Saracens, tu sais par cœur ce que tu dois faire. Ils maîtrisent parfaitement le cadre, ce qui leur permet justement d’en sortir aussi facilement.

Quand comme moi on aime le rugby, qu’est-ce qu’on peut chercher de plus ?

Vous ne cessez pas d’insister sur l’engouement et la passion que vous avez découverts à Toulon depuis votre arrivée… Le slogan du club : « Ici, tout est différent » n’est pas usurpé ?    
J’ai connu Colomiers, le Stade Français, Montpellier et aujourd’hui Toulon. Ce sont des environnements très différents. Mais il y a à Toulon une passion populaire incroyable, avec ce stade ancestral au centre de la ville, qui est hors du commun. Et une grande connaissance du rugby. Quand comme moi on aime le rugby, qu’est-ce qu’on peut chercher de plus ?

Vous semblez surpris par ce contexte…
En vérité, je ne connaissais pas vraiment Toulon. J’avais souvent été adversaire et j’étais venu jouer à Mayol. Mais aujourd’hui je le vis de l’intérieur, dans les quartiers, et surtout au quotidien. Ça vaut pour Toulon, mais aussi pour ses environs, Carqueiranne ou La Seyne… C’est vraiment une région qui joue au rugby,  qui connaît le rugby et qui est exaltée par ce sport. Avec ce club et ce stade au milieu de la ville.

Est-ce que ça génère forcément une pression plus forte ?
Je ne parlerais pas de pression, mais vraiment plutôt d’exaltation. Parce que je trouve vraiment les gens et notre public bienveillants. Je ressens pendant les matches nos supporteurs portés par nos entames. Et puis d’un coup, quand on joue moins bien, qu’on perd le fil, il y a un peu de silence et dès qu’ils sentent est vraiment en souffrance, ils se remettent à supporter: Waouh ! Donc, oui, vraiment, plus qu’une pression, je parlerai plutôt d’un soutien.

Avec une intensité qui monte d’un cran supplémentaire à l’approche de cette Coupe d’Europe qui a tant souri au club pour lui permettre de revenir au plus haut niveau ?
C’est une compétition qui a souri au club, incontestablement. Mais avant c’était avant. Et puis les Toulonnais aiment aussi le championnat de France, même s’ils l’ont moins gagné. Ils ont réussi des campagnes européennes exceptionnelles. Mais, je le répète, avant c’était avant (sourire). Aujourd’hui c’est aujourd’hui.

Protéger Belleau, c’est le faire jouer ! Il faut les faire jouer les gamins

Quel premier bilan tirez-vous de cette entame de saison après six journées ?
Quatre victoires et deux défaites: c’est difficile de faire un bilan. Mais vous voyez les matches avec des périodes où on marque beaucoup de points, on prend le large. Et puis des moments où on marque le pas, on perd le contrôle du match. Mais aussi des fins de match où on s’accroche avec pas mal de victoires arrachées sur le fil. C’est pas tranquille, hein ? Mais j’ai l’impression que l’équipe met tout, ce qu’elle a comme ce qu’elle n’a pas… (sourire) On travaille aussi différemment, le cadre très figé dont on peut sortir très facilement, c’est le rugby de demain avec des joueurs qui doivent toucher 30 ballons et qui doivent prendre 30 décisions, alors qu’avant ils ne décidaient pas… Ça a un prix, ça un coût, ça vient plus ou moins vite. Mais il faut que ça vienne vite !       

Votre jeune ouvreur Anthony Belleau assume très bien son nouveau statut. Il vous étonne ?
Il est là, il joue, il fait de bons matches et il nous tient la baraque. Il nous apporte beaucoup. Et puis c’est comme ça qu’on grandit aussi, il a 20 ans ! On ne va pas lui demander d’avoir 31 ans. Et du haut de ses 20 ans, je trouve qu’il fait bien. J’ai presque envie de dire qu’il ne me surprend pas tellement il semble en place. Est-ce qu’il faut le protéger ? Mais le protéger, c’est le faire jouer ! Il faut les faire jouer les gamins. Le problème du rugby français, c’est qu’on ne fait pas jouer les jeunes. Avec les risques encourus, mais quand ils sont prêts, pourquoi attendre ?

Ce serait quoi pour Fabien Galthié une saison réussie ?
Pour moi, une saison réussie, c’est si mon président est content. « Je ne suis qu’un salarié ! », comme dirait Bernard Blier dans un « Idiot à Paris ». C’est du Audiard, vous connaissez ? 

Réagissez