Publié par Sylvain Labbe le 20 octobre 2012 à 18h55

Le Racing battu, une fois

Coupe d'Europe

Brad Barritt échappe à Barkley et Szarzewski : le Racing s'incline à Bruxelles (30-13).

Le Racing battu, une fois

Brillant vainqueur du Munster en ouverture de la Coupe d'Europe, le Racing, même s'il n'a pas démérité ce samedi, sur la pelouse du Roi-Beaudouin de Bruxelles, théâtre de son affrontement avec les Saracens, n'a pas su confirmer cette performance et s'incline sur un score sévère (30-13). Et pourtant, tout ne fut pas si noir outre Quiévrain pour les Ciel et Blanc...

"Ce n'était pas le match du Munster". Maxime Machenaud n'avait beau disputer ce samedi, à Bruxelles, que son deuxième match de Coupe d'Europe, le jeune demi de mêlée international vit un apprentissage express de la compétition continentale sous les couleurs du Racing. Après la probante entrée en matière du Stade de France face au Munster, les Franciliens ont subi leur premier revers face aux Saracens, larges vainqueurs (30-13) de ce choc de la 2e journée de la H Cup.

Un écart qui traduit à la fois ce qui sépare encore le club du président Lorenzetti du très haut niveau européen, mais traduit mal aussi l'acharnement des Ciel et Blanc pour ne jamais rien lâcher, malgré un écart fatal à la pause (20-3). "Le score est assez lourd mais c'est le haut niveau, constatait Dimitri Szarzewski, interrogé au micro de France 2, du haut de sa grande expérience. Ils parviennent à concrétiser leurs temps forts, là, où nous nous sommes montrés trop attentistes, eux ont joué en avançant et nous, on a subi les duels. C'est dommage, parce qu'on avait moyens de marquer deux essais supplémentaires. C'était un match à l'extérieur, il en reste quatre autres, la qualification reste encore possible ; j'espère qu'on aura beaucoup appris de cette défaite, en tout cas, on ne va pas lâcher le morceau." Machenaud déjà lui répondait en écho : "On ne peut pas se satisfaire de ça, il faut se remettre en question."

Les Sarries en cinq minutes

Cette histoire belge a d'emblée bien du mal à dérider les Racingmen dans un premier acte qui, il faut bien le dire, va largement tourner à l'avantage des Londoniens. Non pas que le Racing ne sache pas peser sur cette rencontre. Bien au contraire, la conquête des Ciel et Blanc est des plus performantes, notamment en mêlée fermée, et la défense plutôt efficace au cours des vingt premières minutes face à des Sarries déjà entreprenants. Un échange de pénalités entre internationaux anglais, Charlie Hodgson répondant à Olly Barkley (3-3), et le pack francilien met son homologue anglaise au supplice. Un effort bien mal récompensé sur ce jeu qui rebondit au large, où Fabrice Estebanez décoche une passe au pied à peine trop longue pour un Benjamin Fall tout près d'aplatir (18e).

L'engagement du Racing est indéniable, mais les hommes de Quesada semblent s'épuiser pour bien peu de choses quand leurs adversaires font mouche. De manière clinique. Comme sur cette initiative du talonneur Schalke Britz, parfaitement intercalé dans sa ligne de trois-quarts pour servir son ailier Chris Wyles. Pour son 100e match avec les Saracens, l'Américain va à dam (10-3, 22e). Ou encore sur cette succession de percussions que conclue en force le capitaine Steve Borthwick pour un break précoce en cinq minutes à peine (17-3, 27e). Le temps se gâte pour les visiteurs du stade du Roi-Beaudouin, d'autant que Barkley égare ses premiers points (32e) et que le Racing finit cette première période en infériorité numérique suite au carton jaune reçu par Bernard Le Roux pour une faute au sol répétée (36e). Trois points de plus dans la musette d'Hodgson qui permet à son équipe de faire tranquillement la course en tête à la pause (20-3). Et ce constat sans concession d'Estebanez, lâché sur le chemin des vestiaires au micro de France 2: "On s'était dit les un contre un, les duels, et on les perd tous..."

Le score peut sembler sévère, mais les Saracens ont déjà prouvé tout leur réalisme le week-end dernier, à Edimbourg (45-0). Tout le mérite des Racingmen tient alors dans cette capacité à suivre la consigne exposée par Quesada à la reprise, à savoir  "essayer de redémarrer un nouveau match et ne pas regarder le score". Ils s'y emploient, même si Fall échappe un deuxième essai, tout fait ou presque, sur cet en-avant à l'approche de la ligne d'essai anglaise (49e). Pourtant, la botte de Barkley dans un premier temps (23-6, 58e), puis de Gaëtan Germain (23-13, 69e) viennent encadrer un essai méritoire. Eddy Ben Arous, sorti du banc, fait honneur à son nouveau statut d'appelé chez les Bleus et s'échappe le long de la ligne de touche pour servir intérieur Juan Martin Hernandez, dont la passe acrobatique envoie son compatriote Juan Imhoff enfin concrétiser les intentions du Racing (23-10, 62e). Le bonus défensif aurait constitué une récompense méritée, mais ce sont bien les Anglais qui tirent les derniers avec ce troisième essai, signé de l'excellent troisième ligne Will Fraser que l'on pourrait bien vite retrouver en équipe d'Angleterre (30-13, 76e). La conclusion d'un Dimitri Szarzewski collait bien à la physionomie de ce choc : "Le score est assez lourd, mais c'est le haut niveau."

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