Publié par Sylvain Labbe le 8 octobre 2012 à 18h30

Lux: "Les Anglais, c'est difficile"

Coupe d'Europe

Jean-Pierre Lux espère que la raison l'emportera face à l'attitude un brin extrémiste des Anglais.

Lux: "Les Anglais, c'est difficile"

Rassemblés ce lundi, à Rome, pour une nouvelle réunion destinée à renégocier les accords qui régissent la Coupe d'Europe, les actionnaires de l'ERC doivent trouver un consensus autour d'un nouveau format de compétition. Jean-Pierre Lux, président de l'ERC, fait le point autour des enjeux de ces négociations, alors que la 18e édition débute ce week-end. Pour lui, l'attitude des Anglais "pollue l'atmosphère".

Jean-Pierre, la Coupe d'Europe fête ses dix-huit ans cette année. Faut-il s'inquiéter de cette crise d'adolescence pour l'avenir de la compétition ?
Dix-huit ans, c'est l'âge de la majorité. Donc on a passé l'adolescence. J'ai vu durant ces années l'évolution de cette compétition, j'ai vécu l'année où les Anglais n'ont pas joué (1998-1999) et aujourd'hui pour moi, elle est devenue incontournable. Elle représente quelque chose de fort au niveau européen des clubs et des provinces. Cette compétition a sauvé le rugby en Irlande et au Pays de Galles et c'est grâce à elle que l'Ecosse et l'Italie font aujourd'hui des efforts pour arriver à bon niveau. Si le rugby baissait dans ces pays, il baisserait également dans le Tournoi des Six-Nations. Pour moi, ce serait une erreur grossière que cette épreuve ne continue pas. Après, je connais les arguments des uns et des autres. Les Celtes se seraient contentés d'un statu quo ou de légères modifications.

Quelles sont les exigences des Français et des Anglais dans le débat qui anime aujourd'hui cette renégociation des accords qui régissent la Coupe d'Europe ?
Pour des raisons de méritocratie dans la qualification, qui sont très légitimes, on leur demande de réduire leur contingent à six. Je comprends très bien que tomber à six, pour quatre pays, ça fait très peu. Au cours des trois dernières années, la France a eu dix qualifiés en quarts de finale, l'Angleterre n'en a eu que quatre, les Celtes sept. Alors est-ce que les Anglais cherchent à retrouver une primauté sportive qu'ils ont un petit peu perdue ? Je ne souhaiterais pas que ce soit une de leurs raisons. (...) Les clubs anglais ont dominé pendant des années, là, ils ne dominent plus grand-chose. Un seul club anglais qualifié (pour les quarts de finale) la saison dernière, qui prend 25 points contre Clermont, c'est rude.

La position de la France semble moins radicale...
La Ligue française l'a fait dans une optique constructive. Son objectif est de passer à vingt clubs et de resserrer les matchs afin de terminer la compétition en avril pour pouvoir consacrer le mois de mai au Top 14. La politique des Anglais est plutôt financière. Ils sont plus attachés à la répartition de l'argent qu'au reste, actuellement. Ils voudraient une répartition plus favorable à la France et à l'Angleterre.

Ce qui est certain, c'est que contrairement à il y a cinq ou six ans, personne n'est arrivé avec un objectif de boycott, et surtout pas les Français, qui viennent pour trouver des solutions.

Dans ce débat quelle est votre rôle en tant que président de l'ERC ?
Ce sont les six pays qui font les négociations. Je n'ai pas à imposer des idées personnelles. Je dois m'assurer que la compétition ne sera pas dépréciée. (...) Il faut également regarder ce qui est induit. Si on dispute la finale de la Coupe d'Europe en avril, ça veut dire qu'à l'issue du Tournoi, on n'aura plus la place pour les quarts, demi-finales et finale. Dès lors, les quarts de finale seront obligatoirement joués au mois de janvier. Il faudra alors jouer trois matchs de poule en octobre et trois en décembre. Il faudra poser la question aux télévisions. Où sera le Top 14 durant trois mois ? Je ne suis pas contre. Je dis simplement : attention aux inconvénients.

Est-ce que de votre point de vue le risque d'un boycott existe aujourd'hui et menace la compétition ?
Ce qui est certain, c'est que contrairement à il y a cinq ou six ans, personne n'est arrivé avec un objectif de boycott, et surtout pas les Français, qui viennent pour trouver des solutions. (...) Les Anglais sont partis voir les Sud-Africains pour savoir si on pouvait faire une compétition avec eux. Ils ont demandé aux Français pour une compétition franco-anglaise. Mais c'est impossible à organiser actuellement. Le président Camou l'a dit : il ne donnera jamais l'autorisation pour jouer une telle compétition. Si des clubs français veulent la disputer, ce sera en dehors de la fédération. Et les joueurs avec. Les Anglais ont fait un baroud d'honneur en essayant de trouver un contrat financier, sur lequel il y a beaucoup à redire. Les sommes sont réelles, mais on n'en connaît pas la répartition.

Est-ce choquant selon vous que les clubs anglais, via leur ligue, aient négocié un contrat télévisuel de manière unilatéral (lire : Un contrat TV qui fâche)?
C'est choquant parce que ce n'est pas légal. (...) Quand ils ont annoncé ça à 9 heures alors que nous avions un comité directeur de l'ERC à 9 h 30, les Français n'étaient pas au courant alors qu'ils avaient eu une réunion deux jours avant avec les Anglais. La Fédération anglaise n'était pas au courant non plus. C'est fort quand même ! Ils ont voulu nous placer dans une situation difficile. Une situation difficile dans un cadre qui n'est pas légal, ça finira par s'arranger, mais ça pollue l'atmosphère quand même.

Une compétition sans les Celtes, est-ce concevable ?
À ce moment-là, il faut penser à une compétition sans les Anglais (sourires). Non, bien évidemment que je ne le souhaite pas, et je ne pense pas qu'on y arrivera.

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