Publié par Sylvain Labbe le 10 octobre 2012 à 16h28

Mannix, ici l'Irlande !

Coupe d'Europe

Simon Mannix appelé au côté de son compatriote Rob Penney pour relancer un Munster arrivé en fin de cycle.

Mannix, ici l'Irlande !

Remercié sans ménagement en début de saison dernière par le Racing, Simon Mannix a su rebondir sous les couleurs d'un autre club mythique. Au Munster, le nouvel entraîneur des trois-quarts du club double champion d'Europe reste un observateur attentif de l'évolution des Franciliens que la province irlandaise vient défier samedi, au Stade de France.

Le hasard du tirage au sort de la Coupe d'Europe offre parfois quelques clins d'oeil savoureux. Pour Simon Mannix, il n'aura pas fallu attendre bien longtemps avant que l'ancien coach des trois-quarts du Racing croise à nouveau le chemin de son ancien club. Démis de ses fonctions par le président Lorenzetti à la fin du mois de novembre dernier, au lendemain d'une victoire (28-9) devant Biarritz, le Néo-Zélandais sera samedi de retour dans la capitale pour y affronter son ancienne équipe avec cette fois pour couleurs le rouge vif d'un Munster dont il est devenu l'entraîneur des lignes arrières lors de la dernière intersaison. Après s'être frotté au Leinster la saison passée -deux matches, deux défaites-, c'est avec l'autre géant du rugby irlandais que le Racing va devoir batailler à l'occasion de cette troisième participation à la H Cup.

Ce n'est pas à Colombes, où il a officié durant quatre saisons au côté de Pierre Berbizier avec à la clé notamment un titre de champion de Pro D2 et le retour du club francilien dans l'élite, mais au Stade de France, où ce choc de la première journée de Coupe d'Europe est délocalisé, que Mannix s'apprête à recroiser son ancien club. Un Racing qu'il continue de suivre autant pour des raisons professionnelles qu'affectives, même si le défi qu'il embrasse aujourd'hui sur le banc de la Red Army est immense. Sollicité par Rob Penney, successeur de Tony McGahan à la tête d'un Munster, en fin de cycle après une dernière saison blanche et supplanté par le Leinster, voire même l'Ulster, qui l'a humilié en quarts de finale de la dernière H Cup devant son public de Thomond Park (16-22), l'ancien All Black a pour mission notamment de rééquilibrer le collectif d'une province qui, après avoir construit ses plus grands succès autour d'un pack redouté de tous, aspire à développer un jeu plus complet.

Le poids du Top 14

Si cette question m'avait été posée lorsque je coachais le Racing : qu'est-ce que je préfère gagner ? Heineken Cup ou Top 14 ? J'aurais dit le Top 14.

Simon Mannix (entraîneur des trois-quarts du Munster)

Mannix a fort à faire. Comme le prouve le début de saison un brin poussif des Munstermen en Ligue Celte, crédités de trois victoires pour trois défaites en six journées, dont la dernière dans le derby face au Leinster (30-21). Et l'ouverture de la Coupe d'Europe face aux Racingmen s'avère forcément cruciale pour une équipe qui, comme toutes les équipes celtes, fait de la compétition son objectif numéro un.

Sondé par les médias irlandais sur la valeur de son ancienne formation qui, si elle a su dès son retour dans l'élite s'inscrire parmi les meilleures équipes françaises, peine sur le front de l'Europe avec seulement trois petites victoires en douze rencontres de poules, le Kiwi livre une analyse forcément pointue. Pour lui, le Racing a besoin de s'imposer avant tout sur la scène nationale, avant de pouvoir espérer briller à l'échelle du continent. Même s'il ne nie certainement pas la capacité de nuisance des Ciel et Blanc dans cette Coupe d'Europe : "Ils possèdent une abondance de talents que les autres clubs rêveraient d'avoir, expose-t-il dans les colonnes de l'Irish Examiner. C'est de cette façon qu'ils ont construit leur équipe, ajoute-t-il. Mais le poids ou plutôt l'absence du Brennus pèse, selon Mannix, au Racing, dont le dernier titre national date aujourd'hui de plus de vingt ans (1990). "Si cette question m'avait été posée lorsque je coachais le Racing : qu'est-ce que je préfère gagner ? Heineken Cup ou Top 14 ? J'aurais dit le Top 14, en raison de la passion et de tout ce que ça implique dans ce championnat." Un Top 14 dont Mannix dresse un portrait sans concession (voir par ailleurs). Un championnat dont il sait surtout la primauté dans l'Hexagone sur la Coupe d'Europe, à la différence des provinces irlandaises.

"Je pense que c'est évident si vous regardez les équipes françaises qui sont performantes (en Europe) : Biarritz, ils ont gagné le Top 14 ces dernières années, Toulouse bien évidemment ; Clermont, qui a été tout près la saison dernière d'atteindre une finale (de la H Cup) qu'ils avaient les moyens de remporter. Je pense que la victoire en championnat est un préalable pour les clubs français dans leur développement. Il leur faut gagner le Top 14 et alors ils peuvent penser à l'Europe. Ecoutez les coaches de Toulouse et de Clermont (...) ils reconnaissent que c'est de là que vient leur véritable force, d'avoir soulevé ce trophée de manière régulière." Une vision que le Racing de Gonzalo Quesada, le successeur de Mannix, s'emploiera dès samedi à battre en brèche en prouvant que la valeur en Coupe d'Europe n'attend pas le nombre de Brennus.

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