Publié par Laurent Duyck le 12 octobre 2012 à 12h10

Pendant ce temps-là, Quesada…

Coupe d'Europe

Gonzalo Quesada fait face à la difficulté d'occulter son avenir au Racing... (Maxppp)

Pendant ce temps-là, Quesada…

Alors que Laurent Travers et Laurent Labit, qui quitteront Castres en fin de saison, sont d'ores et déjà annoncés au Racing l'été prochain, Gonzalo Quesada, l'actuel entraîneur en chef de l'équipe francilienne, tente d'occulter ce contexte pour se concentrer sur le terrain. Où les Ciel et Blanc, diminués par les blessures, devront rebondir samedi contre le Munster en ouverture de la H Cup.

Le destin offre parfois des clins d'oeil plein de sous-entendus. A l'heure où Simon Mannix, en charge aujourd'hui des arrières du Munster, s'apprête à recroiser la route du Racing-Métro 92 qu'il a contribué, au côté de Pierre Berbizier, à réinstaller parmi l'élite avant d'être sacrifié en fin d'année 2011, Gonzalo Quesada, son remplaçant de l'époque, promu cet été entraîneur en chef de l'équipe francilienne, vit des heures difficiles. Moins parce que son équipe a concédé samedi, contre Montpellier (12-16), sa deuxième défaite de la saison à domicile qu'en raison de l'arrivée déjà programmée, et plus que jamais d'actualité depuis l'annonce mardi de leur départ de Castres au terme de cet exercice 2012-2013, de Laurent Labit et Laurent Travers sur le banc du Racing la saison prochaine.

Difficile dans ce contexte de se concentrer sur la mise en place de son ambitieux projet de jeu. "Ce n'est pas une excuse", balayait-il samedi, mettant cette défaite, la deuxième de rang après celle concédée à Grenoble le week-end précédent, sur le compte d'une météo exécrable et d'une erreur individuelle (celle de Benjamin Fall pour ne pas le citer...) sans accabler l'intéressé. Une manière de rappeler que son équipe a fait son match et tenté des choses "peut-être improbables mais intéressantes dans les ambitions". Et qu'elle s'est donc approprié ce fameux projet de jeu qui lui tient tant à coeur et pour lequel il a été investi...

Il ne demande rien

En l'installant à la tête de l'équipe première, Jacky Lorenzetti réfléchissait-il déjà à une autre solution, plus pérenne ? Le rôle de l'ancien spécialiste du jeu au pied du XV de France se résume-t-il à redonner confiance à une équipe plombée par le management pas toujours très fin de Berbizier ces dernières années ? Autant de questions que ne se pose pas l'intéressé, si peu légitime, à son sens, pour réclamer des explications à son président et concentré uniquement sur sa mission d'entraîneur. "C'est tout ce que j'ai en tête, assurait-il la semaine dernière. J'ai essayé de ne pas m'éparpiller parce que je suis un jeune entraîneur. J'ai eu la chance d'avoir très vite des responsabilités l'hiver dernier, de faire une deuxième partie de saison comme entraîneur et ça s'est bien passé. Mais je suis encore en train de faire mes preuves. Donc je ne peux pas me projeter sur ce qu'il va se passer demain."

Et pourtant, cette situation n'est pas neutre dans sa façon de manager ses troupes. "J'avoue que dès le premier jour, je me suis dit que ça pouvait être un virus au sein du groupe. Ils pouvaient se poser des questions, des mecs sont en fin de contrat. Mais je crois que je suis très transparent et honnête avec les joueurs depuis le début. On ne se ment pas, on bosse tous très sérieusement pour avancer et pour sortir une très belle saison." Un discours confirmé, sitôt le match terminé contre Montpellier, par Fabrice Estebanez : "Mes coaches sont Gonzalo Quesada, Simon Raiwalui et Patricio Noriega. Je vais bosser avec eux. L'année prochaine sera une autre année."

Pourvu que ça dure, espère l'Argentin qui, contre mauvaise fortune bon coeur, accepte le challenge proposé sans rien demander en retour, persuadé qu'il a peut-être à y gagner dans cette histoire. "Si j'avais quinze ans derrière moi, je pourrais aller voir Jacky (Lorenzetti) et lui demander de me fixer sur mon avenir. Aujourd'hui, avec une sincère humilité, je pense qu'avant de demander qu'on me rassure, je dois faire mes preuves, pour voir comment je traverse ces moments. Je dois pouvoir gérer le groupe, même dans ce contexte pas évident." Sans marge de manoeuvre, ou si peu, que ce soit au sein de ce Top 14 si dense ou en H Cup où l'issue du match contre le Munster, samedi au Stade de France, pourrait d'ores et déjà déterminer l'avenir du Racing dans cette compétition. Et influer sur la portée de son discours auprès de ses hommes...

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