Publié par Sylvain Labbe le 13 mai 2017 à 20h05

Un triplé si cruel pour Clermont

Coupe d'Europe

Maro Itoje, le phénomène du rugby anglais et des Saracens, à la corne pour emmener son club vers un doublé que seules 3 équipes avaient déjà réalisé par le passé (Leicester, Leinster et Toulon).

Un triplé si cruel pour Clermont

Plombés par un retard coupable à l’allumage, les Clermontois, en s’inclinant (17-28) ce samedi, à Murrayfield, face à des Saracens souverains, qui conservent leur titre, deviennent la première équipe à perdre 3 finales de Coupe d’Europe sans jamais l’avoir gagnée.  

C’est une terrible première pour les Clermontois, dont la permanence au plus haut niveau, pourtant si respectable, ne pèse pas lourd face à ce nouveau constat d’échec. Une 21e finale perdue, toutes compétitions confondues, et un troisième échec en cinq ans en Coupe d’Europe. Plus cruel encore que le Stade Français et Biarritz, tombés à deux reprises sur cette dernière marche, l’ASM entre au panthéon de la compétition par la mauvaise porte. Mais les Auvergnats n’ont pas grand-chose à se reprocher après cette défaite (17-28) concédée les armes à la main face à une équipe des Saracens au sommet de son art, qui devient la quatrième équipe de l’histoire à conserver son titre (*) et efface tous les records. A commencer par ce dix-huitième match sans défaite et ce nouveau chef d’œuvre d’une équipe dont on se demande qui peut la battre, tant elle maîtrise ses temps forts comme ses temps faibles à la perfection et finit toujours la plus forte. 

On joue depuis une grosse minute et déjà Nick Abendanon sauve la patrie clermontoise en danger en se jetant dans les jambes de Chris Ashton, parti vers son 37e essai, celui du record absolu en Coupe d’Europe, qui effacerait Vincent Clerc des tablettes (2e). Scott Spedding, lui, en revanche ne peut rien sur ce jeu au pied d’Alex Goode dans le dos de l’arrière clermontois que surprend cette fois Ashton. Le futur ailier toulonnais ne peut faire l’économie de son « Ash Splash », son fameux plongeon, pour célébrer cette ouverture du score historique (0-5, 13e). 

#ChampionsCup@ChrisAshton1 entre dans l'histoire de la coupe d'Europe avec ce 3⃣7⃣e essai. pic.twitter.com/MapQ08IZTy

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Owen Farrell, déjà meilleur buteur de la compétition et bourreau des Racingmen il y a un an, en finale, a beau de manière plus qu’inhabituelle égarer cinq points entre sa transformation et sa première pénalité ratées (19e), l’ASM est déjà dans le dur. Et le fameux bulldozer anglais, que les Clermontois avaient la ferme intention de maintenir au garage, écrase tout sur son passage. Comme sur cet enchaînement d’avants entre Billy Vunipola et George Kruis, à la gestuelle digne de trois-quarts, mais dont la puissance enfonce une défense adverse dépassée. Un nouvel essai, signé du deuxième ligne du XV de la Rose, qui place les Sarries en position idéale (0-12, 23e).

So Goode !

Le combat fait rage, mais c’est sur le crâne de Morgan Parra que Camille Lopez s’ouvre le nez. Un engagement nécessaire pour revenir au score. Un ballon porté qui échoue sur la ligne d’essai et, derrière, l’exemplaire Cap’tain Rougerie (36 ans) montre forcément pour son 70e match en Coupe d’Europe la voie sur cette passe tendue de Parra. « Roro » est repris in extremis, mais a le temps de transmettre à Rémi Lamerat, son successeur qu’il a lui-même adoubé pour inscrire l’essai de la révolte (7-12, 28e). Lui aussi exceptionnel puisque c’est le premier concédé en première période par les Sarries cette saison.  

#FinalsEdinburgh2017
C'est fini au BT Murrayfield Stadium ! Les @Saracens conservent leur titre de champion d'Europe pic.twitter.com/0vzcHhPqzk

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Comme en demi-finales, la défense clermontoise a des absences coupables, mais cette fois, face à une telle machine, c’est impardonnable. Clermont a grillé ses jokers. Mais sa reprise en seconde période, malgré la pénalité de Farrell (7-15, 51e), rassure. Jusqu’à cette merveille d’action initiée par Spedding qui, en contre, balaie sur cent mètres la pelouse de Murrayfield et profite à un Peceli Yato omniprésent. Le troisième ligne fixe et, d’une chistera, envoie Abendanon pointer en terre promise (14-15, 54e).

Un échange de pénalités entre Farrell et Parra plus tard, Clermont est héroïque. Mais Clermont, malgré cet essai, est au bord de la rupture. Il faut les défenses « sacrifice » coup sur coup de Lopez (67e), puis de Parra (68e) pour retarder une échéance qui prend les traits de Goode, auteur de cet essai en coin qui crucifie l’ASM (17-25, 74e). L’échec d’un Lopez en bonne position, mais tellement éprouvé sur la pénalité de l’espoir sonne le glas des ambitions clermontoises. Farrell, lui, passe son ultime coup de pied (17-28, 79e). Les Saracens étaient bien les plus forts.

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(*) Leicester (2001, 2002), Leinster (2011, 2012) et Toulon (2013, 2014, 2015). 

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