Publié par Rodolphe Desseauve le 5 juin 2012 à 16h43

Douche écossaise pour les Wallabies

International

Richie Gray malmène Digby Ioane. Les Wallabies n'ont jamais trouvé la solution face à la défense acharnée des Ecossais. (Reuters)

Douche écossaise pour les Wallabies

L’Ecosse a réalisé un authentique exploit mardi matin, en venant à bout de l’Australie (6-9) à l’Ausgrid Stadium de Newcastle. Cette victoire, acquise in extremis grâce à une pénalité de Greig Laidlaw inscrite après la 80e minute, revêt une portée historique, près de trente ans après la dernière victoire du XV du Chardon sur le sol australien.

La pluie torrentielle qui s’est abattue toute la soirée sur la ville de Newcastle, en Nouvelle-Galles du Sud (la région de Sydney, au sud-est de l’Australie), a fini par emporter les Wallabies. Les Ecossais, eux, ont résisté. Mieux encore, ils ont dompté les éléments déchaînés, qui avaient décidé de faire de ce premier match de la tournée d’été du XV du Chardon une véritable… douche écossaise.

Les hommes d’Andy Robinson avaient attaqué le match par le bon bout, se montrant comme souvent valeureux en défense et intéressants dans la construction. Ce sont eux qui ouvrirent le score après 22 minutes de jeu, grâce à une pénalité de Greig Laidlaw. Cinq minutes plus tard, l’ouvreur d’Edimbourg inscrivait un nouveau but, qui mettait déjà l’Australie dans une position difficile (0-6, 27e). Les Wallabies réagissaient immédiatement, et entreprirent alors le siège du camp écossais. Celui-ci dura jusqu’à la fin du match, mais ne déboucha que sur deux pénalités réussies par Mike Harris, l’une avant le repos (3-6, 32e) et l’autre juste après (6-6, 42e).

L’avenir leur appartient

L’Australie avait réussi à refaire son retard, mais elle ne réussit jamais à passer devant, butant sans cesse sur une défense écossaise imperméable et ultra-concentrée. Alors qu’on avait dépassé la fin du temps réglementaire et que les Ecossais, pour une fois, étaient dans le camp australien, les coéquipiers de Richie Gray poussèrent les Wallabies à la faute en mêlée fermée, à une trentaine de mètres des poteaux. Laidlaw ne se fit pas prier pour passer le coup de pied de la victoire (6-9, 80e+2), réduisant au silence un stade déjà glacé par les conditions météorologiques.

Pour situer l’ampleur de la performance du XV du Chardon, il suffit de rappeler que l’Ecosse ne s’était plus imposée en Australie depuis presque trente ans, précisément depuis le 7 juillet 1982 et une victoire 12-7 au Ballymore Stadium de Brisbane. A cette époque, les héros de Newcastle n’étaient, pour la plupart, même pas encore nés ! Il faut aussi signaler que l’équipe alignée par le sélectionneur australien Robbie Deans était quasiment la meilleure possible, compte tenu des blessures (O’Connor, Beale et Horwill étaient forfait, tandis que Quade Cooper, à peine revenu à la compétition après sept mois d’absence, n’avait pas été appelé).

Cette victoire historique marque peut-être le véritable envol de cette génération écossaise, que l’on savait talentueuse mais qui devait encore grandir. Celle-ci s’était révélée en 2009 grâce à une victoire sur l’Australie, déjà, dans son stade de Murrayfield (9-8). Mardi, elle a incontestablement franchi un nouveau palier. Ce succès plein de promesses montre en tout cas que la cuillère de bois reçue à l'issue du dernier Tournoi des Six nations n’est plus qu’un mauvais souvenir. Cette équipe est tournée vers l’avenir, et si elle conserve son incroyable solidarité, elle pourrait s’offrir des lendemains radieux.

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