Publié par Laurent Duyck le 27 septembre 2012 à 18h37

L’Argentine a déjà gagné

International

Juan Martin Hernandez, de dos, et Tomas Leonardi rigolent. L'Argentine est au niveau dans ce Four Nations.

L’Argentine a déjà gagné

Si elle est toujours à la recherche de sa première victoire dans le Four Nations, tournoi entre équipes de l'hémisphère sud qu'elle a intégré cette année, l'Argentine a déjà gagné le respect de ses adversaires en se montrant à la hauteur de l'événement. Reste à valider cette intégration réussie par un premier succès. 

L'Argentine fera-t-elle aussi bien que l'Italie, qui avait signé sa première participation au Tournoi des Six Nations en 2000 par une victoire contre l'Ecosse ? Alors qu'il ne lui reste que deux matches à jouer dans ce Four Nations premier du nom, face à la Nouvelle-Zélande samedi, puis contre l'Australie le week-end suivant, la question reste de mise. Mais les Pumas ont déjà réussi en quelques semaines ce que les Italiens ont mis des années à obtenir : gagner le respect de leurs adversaires. Une victoire certes symbolique, mais ô combien significative pour cette nation qui, des années durant, s'est battue pour intégrer une grande compétition internationale. Au point que sa légitimité à affronter chaque année la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Afrique du Sud ne se pose plus.

"Cette équipe a véritablement sa place", confirme l'arbitre français Romain Poite, témoin privilégié de ce moment d'histoire pour avoir arbitré les Pumas face aux champions du monde néo-zélandais (21-5). "Si elle était absente des compétitions majeures internationales, comme le Six Nations ou le Four Nations, elle a toujours figuré parmi les grosses nations du rugby. Et dans l'avenir, ce sera une équipe très difficile à battre, qui sera présente certainement au plus haut niveau, notamment en Coupe du monde. Elle va grandir."

Un avis partagé par Dan Carter en personne qui, s'il n'était pas sur la pelouse le 8 septembre dernier, lors de la victoire des siens à Christchurch, n'est pas resté insensible à l'intégration réussie des Pumas dans le concert des nations du sud. "Disons qu'il va falloir compter sur eux pour le dernier carré, prédisait-il dans les colonnes du Figaro à l'évocation de la prochaine Coupe du monde. D'ici 2015, ils auront emmagasiné une telle expérience qu'ils seront dangereux pour toutes les nations. Quand on voit ce qu'ils font pour leur première participation à ce tournoi : un match nul face à l'Afrique du Sud, une défaite de très peu contre l'Australie... Ils ont de belles années devant eux."

Saint-André envieux  

Je suis sûr qu'avec le temps, ils gagneront. Et bientôt d'ailleurs. J'espère juste que ce ne sera pas samedi contre nous.

Victor Vito (troisième ligne des All Blacks)

Reste à valider cette reconnaissance internationale par une première victoire dans la compétition. "Je suis sûr qu'avec le temps, ils gagneront, annonce Victor Vito, le troisième-ligne des Blacks, dans La Nacion. Et bientôt d'ailleurs. J'espère juste que ce ne sera pas samedi contre nous." Après avoir tenu les Springboks en échec (16-16) et fait trembler les Wallabies (19-23), que manque-t-il aux Pumas pour débloquer leur compteur ? "Ils jouent très bien, mais doivent saisir leurs occasions, note Steve Hansen, l'entraîneur des All Blacks, cité par le quotidien argentin. Ils n'ont pas l'habitude de jouer à ce niveau d'intensité donc ils en manquent dans les 20 dernières minutes. Ils doivent rester concentrés tout le match. C'est difficile, mais ça viendra à force de jouer des matches contre les meilleures équipes du monde." Même constat et même conclusion pour Romain Poite : "Elle manque encore peut-être de 15 ou 20 minutes pour rivaliser jusqu'au bout. Mais à partir du moment où elle se frotte régulièrement aux meilleures équipes du monde, elle ne peut que progresser. L'écart n'est pas si grand avec les trois autres équipes."

Les champions du monde néo-zélandais, qui ont mis plus d'une heure pour se défaire de ces coriaces Argentins, peuvent en témoigner. Et leur manière d'appréhender cette rencontre, en revenant à un jeu plus structuré, en dit long sur le niveau de jeu proposé par les Pumas. "Par rapport à la Coupe du monde, je trouvais que ça allait moins vite de la part de ces équipes du sud, mais dans les deux rencontres auxquelles j'ai participé, j'ai retrouvé une rare intensité physique, constate l'arbitre international. Peut-être que l'arrivée de l'Argentine a provoqué quelques changements dans le combat, notamment dans les zones de rucks."

C'est là une autre victoire de l'Argentine : ne pas avoir succombé au jeu de mouvement perpétuel des sudistes, mais avoir forcé l'adversaire à accepter l'épreuve de force dans le combat. Un héritage du Top 14 qui sera bientôt enrichi de la culture sudiste. D'où une progression à vitesse grand V, qui rendait presque jaloux cet été, à la sortie de la défaite des Bleus à Tucuman, Philippe Saint-André, impuissant face aux conditions de préparation du XV de France. "Ils ont 20 à 25 joueurs qui vont faire une préparation de Coupe du monde avant le Four Nations. Et ce qui est étonnant, c'est qu'ils vont se faire payés cela par les clubs français", s'emportait le sélectionneur tricolore, qui peine à réunir ses joueurs 11 semaines par an. "Ils sont dans le bon wagon international", ajoutait-il, envieux. Et peut-être déjà inquiet à la perspective d'affronter ces Pumas le 17 novembre prochain, au Stade de France.

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