Publié par Sylvain Labbe le 4 août 2012 à 11h38

Les Sharks étaient cuits

International

Les Sharks d'Alberts se sont inclinés en finale face aux Chiefs sur le score de 37-6. (Reuters)

Les Sharks étaient cuits

Rattrapés par l'inévitable fatigue née de leurs voyages à répétition, Frédéric Michalak et ses Sharks ont sombré samedi, à Hamilton, dans une finale du Super 15 écrasée par les Chiefs de Sonny Bill Williams (37-6). Jamais en mesure de peser sur le match au sein d'une équipe mise sous l'éteignoir, le futur Toulonnais ne deviendra pas le premier Français champion de l'hémisphère sud.

Au final, les supporters toulonnais sont les plus heureux. Sonny Bill Williams, leur ancien chouchou, ajoute à sa gloire et à son statut de champion du monde un premier... et peut-être dernier titre du Super 15, avant son lucratif exil japonais. Quant à Frédéric Michalak, celui dont la cote est déjà au plus haut dans la cité varoise, le public du RCT, trop heureux de récupérer sa dernière recrue, se chargera bien vite de faire oublier à l'ouvreur français la déception de cette lourde défaite (37-6) en finale du championnat des provinces de l'hémisphère sud. Compétition qui attendra encore avant de s'offrir à un petit Français.

Samedi, dans la froidure et malgré la pluie, Michalak et ses Sharks étaient cuits à l'étouffée. Les plus de 30 000 kilomètres accumulés en vol au cours de ces phases finales, au rythme DES exploits réalisés à Brisbane face aux Reds, au Cap face aux Stormers, et pour encore rejoindre la Nouvelle-Zélande à l'occasion de cette finale, ont fini par briser la dynamique de l'ouvreur français et de ses coéquipiers. Il n'y avait plus grand chose dans le réservoir. Plus suffisamment en tout cas pour contenir ces Chiefs maîtres de leur sujet et portés autant par leurs formidables avants que par "SBW", auteur d'un des quatre essais de son équipe et décisif sur deux de ces réalisations. Autant que par l'ouvreur Aaron Crudeness, dont le match avec son homologue français aura tourné court. Michalak, malgré tout son désir de quitter le Sud par la grande porte, ne pouvait pas faire de miracles au sein d'un collectif à ce point entamé. Au point que, si les Chiefs, forts de leur classement en saison régulière (2e), avaient mérité de bénéficier de l'avantage du terrain, on peut s'interroger sur l'équité d'un tel format de compétition.

Le festin de "SBW" et Cruden

Sous une pluie battante et typique de l'hiver néo-zélandais, les Chiefs affichent d'emblée la couleur. Pas question de restreindre ce jeu qui leur a tant souri tout au long de cette saison. Aaron Cruden, une semaine après avoir gagné son duel avec Dan Carter, distille déjà quelques offrandes au pied dont il a le secret. Ce sont pourtant, contre le cours du jeu, les Sharks qui, comme à leur habitude dans ces phases finales, prennent le score sur leur première incursion dans le camp adverse. Et Frédéric Michalak de signer les premiers points (0-3, 7e). Dans ces conditions de jeu délicates, si le contrôle du ballon est précaire, les joueurs de Durban excellent en défense et dans ces zones de ruck décisives. Le rideau sud-africain reste, malgré les heures de vol et de décalage, aussi infranchissable qu'il l'était en fin de match, au Cap, le week-end dernier, face aux Stormers.

La pression n'en est pas moins certaine de la part de ces Chiefs à l'affût de la première faille. Celle qu'offre par exemple cette série de plaquages ratés , dont profite l'inévitable Sonny Bill Williams, suite à un judicieux coup de pied à suivre de Cruden, pour passer les bras et exploiter le soutien, qui permet à l'ailier Tim Nanai-Williams de convertir le surnombre par le premier essai, transformé, de cette finale (7-3, 21e). Le jeu des Sharks est frappé d'incontestables premières scories, qui permettent aux Néo-Zélandais de creuser l'écart grâce à la botte parfaite, face aux perches comme dans le jeu, de Cruden (10-3, 25e). Exception faite d'une trop rare percée de Paul Jordaan, inoffensive faute de soutien, l'équipe de John Plumtree ne sort plus de ses quarante mètres. Et perd sa lucidité et ses nerfs, à l'image de cette pénalité retournée pour un geste d'humeur du pilier Jeannie du Plessis, qui vaut trois points de plus aux Chiefs (13-3, 33e). L'équipe de Waïkato tient sa proie à la pause, malgré le premier échec de Cruden dans une position difficile (37e).

Le costume de chasseur ne change pas d'épaules à la reprise. Bien au contraire. Voilà que la mêlée sud-africaine recule. Un contexte qui conduit un Michalak, plein de dépit, à subir la pression dans son en-but. Sur la mêlée tournée qui suit au pied des poteaux des Sharks, les Chiefs profitent d'un écran illicite, que ne voit pas l'arbitre, pour faire le break sur ce deuxième essai, signé par un Kane Thompson capable s'emporter sur dix mètres jusque dans l'en-but le capitaine sud-africain Keegan Daniel (20-6, 47e). Un break que Cruden appuie un peu plus (20-3, 48e). Le coaching massif de Plumtree et la botte de Michalak, toujours aussi précise (20-6, 52e), sont des remèdes insuffisants. Le poison est puissant et le plaquage offensif de "SBW" sur ce lancement de jeu de Michalak au large se convertit en troisième coup de poignard, porté par le nouveau rentrant Leilia Masaga (27-6, 61e). Le mot de la fin revient, non pas à Cruden (30-6, 72e), mais à la star nationale, Sonny Bill Williams, qui signe ses adieux d'un quatrième essai comme à la parade (37-6, 78e). De quoi se faire regretter un peu plus.

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