Publié par S.L. le 8 août 2012 à 18h41

Bourgoin, c'est fini

Pro D2

Jusqu'au bout les joueurs berjalliens auront voulu croire au miracle... (csbj-rugby.fr)

Bourgoin, c'est fini

L'ultime recours du CS Bourgoin-Jallieu a été épuisé mercredi avec la décision du tribunal administratif de Grenoble de confirmer la mesure de rétrogradation administrative du club isérois en Fédérale 1 pour raisons financières. C'est bien Béziers qui évoluera en Pro D2.

Le miracle n'a pas eu lieu pour le CS Bourgoin-Jallieu qui n'évoluera plus la saison prochaine en Pro D2. Après une audience de plus d'une heure, en présence de... 23 joueurs de l'effectif et du staff, qui avaient spécialement affrété un bus pour l'occasion, la décision du tribunal administratif de Grenoble est tombée ce mercredi, en fin d'après-midi.

"On n'a pas notre destin entre nos mains, concédait le coach, Laurent Mignot, cité par ledauphine.com. Mais, ce serait paradoxal, alors que le Tribunal de commerce de Vienne a validé notre budget, que l'on ne soit pas entendu." Et pourtant... La juridiction civile a bien entériné la mesure de rétrogradation administrative, prononcée pour raisons financières en première instance, par la DNACG, le gendarme financier de la Ligue nationale (LNR), puis confirmée par la commission d'appel de la Fédération française (FFR) et par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

Le Conseil d'Etat, malgré l'évidence ?

Pour la première fois sans doute après de longs mois passés à défendre la validité du dossier berjallien, le président Gérard Gerbelot semblait adopter à l'issue de cette journée au tribunal un discours teinté de renoncement: "Comme un couperet, ils ont sorti les guillotines pour nous, lâchait-il, de retour aux abords de Pierre-Rajon. Ça faisait quand même un moment que ces guillotines étaient armées. On paye toutes ces années passées le nez dans le guidon. Et on ne s'est pas posé les vraies questions au bon moment. Ça fait des années qu'on se rend compte qu'allait dans le mur. Personne ne s'est vraiment remis en question pour dire: « Il faut faire quelque chose pour ne pas y aller. » Un accès de lucidité pourtant très vite dépassé: "Mais on va continuer à se battre. Je n'exclue pas que nous allions maintenant faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat". Un énième recours pour un nouveau coup d'épée dans l'eau ?

Après avoir vu tout un club attendre du tribunal administratif qu'il valide ces fameux comptes qu'auraient, toujours selon le CSBJ, mal interprétés les instances nationales, on est bien obligé de croire que le trou financier, estimé à 1,35 millions d'euros et à l'origine de toute cette procédure, n'était à l'évidence pas qu'une vue de l'esprit. Une évidence que le président Gerbelot refuse d'admettre : S'il y a possibilité de faire appel, on ira au bout, on ne va pas lâcher. La Fédérale 1, on va la préparer, mais ça n'empêchera pas de nous battre jusqu'au bout. Apparemment, on ne compte pas de la même façon à la DNACG et chez nous... (...) De la façon dont ils nous ont mis le pied sur la tête, je doute qu'on nous fasse des cadeaux. Mais on n'en fera pas non plus. Si la Fédérale 1, c'est le passage obligé, on le négociera au mieux". On voit mal comment le rugby berjallien pourrait éviter un dépôt de bilan de la SASP, qui aujourd'hui semble inéluctable. Et devrait permettre aux joueurs de se libérer de leurs contrats. "On a préféré à la Ligue prendre le risque qu'il y ait cinquante chômeurs de plus en Isère. Je ne félicite personne, je n'en veux à personne. Mais dans l'Isère, si on n'est pas rancunier, on a beaucoup de mémoire..." Un discours bravache qui ne trompe guère. La Berjallie, cette fois, est bel et bien à genoux.

Réagissez

Les blogs des joueurs