Publié par Sylvain Labbe le 14 septembre 2012 à 14h00

A Castres, Kockott fait son nid

Top 14

Rory Kockott est lié au Castres Olympique jusqu'en 2014.

A Castres, Kockott fait son nid

Un peu plus d'un an après avoir posé ses valises dans le Tarn dans la peau d'un joker médical, Rory Kockott est devenu l'un des cadres du Castres Olympique, dont il est en ce début de saison l'indéboulonnable et indispensable demi de mêlée et buteur. Pas une mince responsabilité lorsqu'on évolue au côté de Monsieur Romain Teulet.

Laurent Labit avait donc vu juste lorsque l'été dernier, l'entraîneur des lignes arrières castraises,faisait signer en tant que joker médical Rory Kockott pour faire face à l'indisponibilité d'une autre recrue de l'époque, l'ancien Tarbais Thierry Lacrampe, opéré d'une hernie discale, et déclarait à son sujet qu'il pourrait être prolongé "si les choses se passent bien". Et tout s'est en effet très bien passé pour Kockott qui a depuis largement transcendé ce statut de simple intérimaire pour s'installer durablement dans le paysage du Castres Olympique, dont il est en passe de devenir l'une des figures du vestiaire.

Le CO avait plutôt pris pour habitude de s'attacher à ses recrues néo-zélandaises, à l'image des Gary Whetton, Norm Berryman, Kees Meeuws, Carl Hoeft, ou autre Chris Masoe, voilà que le public de Pierre-Antoine apprend à découvrir ce Sud-Africain de 26 ans, doté d'un gabarit moyen (1,80m, 82 kilos), mais surtout d'une qualité de buteur, qui fait le bonheur des Castrais. Au point que Kockott, titulaire indiscutable en ce début de saison à son poste de demi de mêlée, devant Lacrampe, est devenu le buteur attitré de son équipe. Déjà crédité de 76 points la saison dernière face aux perches, l'ancien des joueurs des Sharks et des Lions -il a évolué durant cinq saisons dans le Super Rugby et en Currie Cup, avant de rejoindre Castres- totalise déjà 65 unités après quatre journées, qui lui permettent de figurer en tête du classement des meilleurs réalisateurs devant le jeune Biarrot Barraque (52 points), le Gallois de l'Usap, James Hook et Jonny Wilkinson, tous deux à la même hauteur (50).

Kockott : "Tout change une fois que je rentre sur le terrain"

Mais Kockott réussit surtout la performance d'autoriser ses entraîneurs à rompre avec la dépendance Teulet. Monsieur Romain Teulet la gâchette attitrée du CO depuis une décennie, qui à 34 ans joue désormais les doublures de luxe à l'arrière au côté du jeune international, Brice Dulin, dont il couve l'éclosion annoncée. Une succession lourde à assumer, mais dont le natif d'East London, ville industrielle de l'Eastern Cape, s'acquitte aujourd'hui fort d'une belle maturité. Pourtant loin de ses repères et de sa famille. "Pour moi, je vis ici un changement d'équipe, de vie, c'est parfois difficile d'être seul, lâche-t-il sur le site du club, avant de retrouver tout de suite le sens des priorités, en bon Sud-Africain qui sait garder les pieds sur terre: Mais je suis là pour jouer au rugby". Proche d'un Byron Kelleher, dont il appréciait à l'âge de "huit ou neuf ans le style très physique" dans l'approche de son poste, il reste persuadé d'avoir fait le bon choix en rejoignant Castres et son duo d'entraîneurs, dont la réputation dépasse maintenant les frontières de l'Hexagone : "Si j'ai signé ici, c'est pour les résultats que l'équipe a su avoir ces trois dernières saisons, mais aussi pour les deux Laurent". Il leur rend bien la confiance qu'ils ont su lui accorder il y a de cela un peu plus d'un an.

Et s'il ignore de quoi sera fait son avenir, celui qui a prolongé son contrat la saison dernière jusqu'en 2014, explique aussi s'être fondu dans le contexte castrais. "La vie en Afrique du Sud est très sauvage, explique-t-il. Je passe du bon temps à Castres. La ville est petite, mais j'aime la campagne, souligne ce garçon "plutôt calme dans la vie", pour lequel "tout change une fois que je rentre sur le terrain ; après tout,  le rugby est un sport de combat". Kockott qui n'oublie pas de souligner, malgré la valeur du parcours des CO jusqu'en demi-finales du Top 14 (défaite face à Toulouse), que "la saison dernière, on n'a rien gagné". Adopté par le vestiaire castrais, il semble que le n°9, à l'image de son français encore hésitant, n'a pas encore donné sa pleine mesure. Comme s'il attendait encore de parfaire cette intégration déjà bien entamée, lui qui ne revient toujours pas de l'engouement suscité par sa formation dans la sous-préfecture du Tarn : "Pour moi, voir autant de supporters nous suivre chaque semaine dans une si petite ville, c'est incroyable". Un public parmi lequel se cache peut-être, qui sait, celle qui saura combler l'un des projets de l'intéressé, qui avoue dans un sourire timide : "Je veux me marier". Avis aux amatrices...

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