Publié par Sylvain Labbé le 10 août 2012 à 20h00

Agen: Une icône dans le moteur

Top 14

Avec Jean Monribot en capitaine et fer de lance, mais sans Brice Dulin: Agen tourne une page cette saison. (Maxppp)

Agen: Une icône dans le moteur

Pour s’affranchir de l’ère Lanta-Deylaud, sans en galvauder l’héritage, le SU Agen est parvenu à créer les conditions du retour de Philippe Sella dans son club de toujours. Le nouveau Directeur sportif ne sera pas de trop pour conforter la greffe d’un nouveau staff en manque d’expérience.

LA SAISON DERNIERE
Crédité d’un solide maintien pour son retour dans l’élite, Agen attaque la saison suivante tambour battant et signe une première moitié de championnat exemplaire, au point de figurer encore au soir de la 17e journée et d’une victoire face à Castres (23-12) parmi les six premiers qualifiés pour la Coupe d’Europe. Un bilan quasi inespéré que va venir gâcher une fin de saison douloureuse au rythme de six défaites subies lors des neuf dernières journées. L’histoire ne dira jamais ce qu’il serait advenu sans l’annonce par le duo technique, Lanta-Deylaud, d’un départ en fin de saison dès la fin décembre au motif d’"un manque de confiance, de dialogue entre les entraîneurs et le président Tingaud". Un divorce qui va plomber la fin d’une ère ; le maintien, loin du rêve européen entrevu, mais objectif annoncé en début de saison intervenant sur fond de règlement de comptes entre le staff et ses dirigeants. Comme le déclarera Berbizier, Lanta et Deylaud "méritaient mieux"...      

LA PHRASE : "Le message est simple : on n'est pas les uns au-dessus des autres, mais tous les uns aux côtés des autres." (Par Mathieu BLIN, dans Sud-Ouest)

Une page s’est tournée, on l’aura compris, à Agen avec le départ du duo historique. La succession qui s’annonce n’a rien d’une sinécure. Et il fallait au président Tingaud sortir un sacré tour de magie de son chapeau pour parvenir à faire oublier la manière peu élégante avec laquelle il a congédié ses techniciens. Le retour de Philippe Sella, l’icône de tout un club, en est un assurément, seize ans après la fin de carrière du mythique trois-quarts centre sous le maillot bleu et blanc. "C'est véritablement un coup de coeur et de se dire après tout: « Pourquoi pas ? », justifie le nouveau Directeur sportif. Son aura et son expérience ne seront pas de trop pour appuyer les débuts dans la carrière agenaise d’un duo d’entraîneurs plutôt verts dans l’élite. Une saison en tout et pour tout avec La Rochelle pour l’entraîneur des arrières, David Darricarrère, auteur d’un passage remarqué à Dax, qui évoque un "trio de l'intelligence, de la communication et de la cohésion".quand le néophyte Mathieu Blin, en charge des avants, débutera directement dans la carrière. Pour une alchimie à trouver au plus vite. "Toutes les décisions passeront par Philippe (Sella), décrit Blin dans Sud-Ouest. Il les validera ou les invalidera, et sera au courant de tout, afin qu'il puisse donner son accord ou non. Le message est simple : on n'est pas les uns au-dessus des autres, mais tous les uns aux côtés des autres."

LE RECRUTEMENT
A l’équilibre avec dix départs pour dix arrivées, le recrutement agenais est marqué par les deux départs forcément préjudiciables des deux néo-internationaux Maxime Machenaud et Brice Dulin. Si le premier recrutement consiste à garder ses joueurs, alors ces deux pertes sont à considérer comme deux échecs patents. Que le SUA, privé également des deux prises de guerre bayonnaises que sont Dewald Senekal et Manu Ahotaeiloha, pourrait éprouver de la peine à compenser tant le Racingman et le Castrais avaient su peser sur la dernière saison des Lot-et-Garonnais. Les renforts de Pro D2 n’ont rien de "bling bling" -Vincent ROUX (La Rochelle), Ikapote FONO (Oyonnax) ou Louis BATAILLE (Tyrosse). Le président Tingaud, s'il déclarait avoir été en contact avec le champion du monde Cory Jane, n'a mis la main que sur l'ancien ailier-arrière all black Ben BLAIR (33 ans, 4 sél.), qui débarque en provenance d'Edimbourg en compagnie de l’international argentin Esteban LOZADA (30 ans, 19 sél.). Il n’y a bien que le Racingman Mathieu LOREE, venu, accompagné de Rémi VAQUIN, relancer une jeune carrière au point mort, pour donner du relief à cette nouvelle vague.  

LE JOUEUR A SUIVRE : Mathieu LOREE
"Je suis venu au SU Agen pour progresser et parce que j'ai trouvé le projet du club séduisant. J'ai envie de réussir au SUA." Mathieu Lorée est à la croisée des chemins. Fidèle au Racing depuis l’âge de ses 13 ans, le demi de mêlée semblait destiné à s’imposer sous le maillot ciel et blanc, cornaquant à 22 ans Chabal et Nallet à la tête du pack francilien. Une ambition qui s’est évanouie dans les volutes d’une prise de cannabis, synonyme de suspension, et la confiance perdue de ses entraîneurs, Pierre Berbizier en tête. A 25 ans, poussé vers la sortie par… Maxime Machenaud, Lorée va tenter de faire au moins aussi bien que son prédécesseur.  

L’OBJECTIF
Pour Agen, le défi est assurément de taille à l’heure de s’affranchir de l’ère Lanta-Deylaud, qui durant douze ans, et en deux époques, a marqué durablement le club. L’héritage, non négligeable, est à cultiver, ce dont Sella et ses entraîneurs semblent convaincus. Pour permettre au SU de franchir un palier en tentant de prendre ses distances avec la lutte pour le maintien. "Il n'y a pas de calculs à faire, avance Sella. Aujourd'hui, on sait où on est, on a tout à prouver. L'équipe a grandi, est en Top 14. Il faut maintenant renforcer cette position".

Réagissez

Les blogs des joueurs

  • "Ça n’a pas de prix"

    "Du stade de France à l’accueil que Toulon nous a réservés, on n’est pas vraiment descendu de notre nuage."

  • "Les critiques sont normales"

    "C’est tristement la même histoire avec ces tournées d’été."

  • "Les premiers déçus"

    On avait déjà vécu ça l’an dernier, en Nouvelle-Zélande. Perdre trois matches d’affilée, ça n’a rien d’évident à...