Publié par Sylvain LABBE le 23 août 2012 à 09h30

Des plaies et deux boss

Top 14

Ibanez et Delpoux déjà sur des charbons ardents. (Maxppp)

Des plaies et deux boss

Tempêtes sous les deux crânes de Raphaël Ibanez et Marc Delpoux. Le premier a succédé au second sur le banc de l'Union Bordeaux-Bègles, défaite à domicile comme l'Usap de Delpoux en ouverture du championnat. Deux forts caractères chez ces deux managers dont les équipes se feront face vendredi en ouverture de la 2e journée du Top 14. Et déjà une certitude: Malheur au vaincu !

Ibanez, l'exigence de comportement
Du haut de ses 98 sélections et de ses deux participations à la Coupe du monde, Raphaël Ibanez en impose depuis son arrivée au chevet de l'Union Bordeaux-Bègles. Cette aura et ce vécu d'ancien capitaine du XV de France, le nouveau manager des Girondins a vocation à les mettre au service de son nouveau club. Une aspiration à la reconnaissance internationale dont Ibanez annonçait vouloir imprégner son effectif dès sa prise de fonctions. A la lumière de sa première sortie à la tête de l'UBB, soldée par une douloureuse défaite (28-29) face au promu grenoblois à Musard, en ouverture du Top 14, son constat est tombé, tel un couperet: "Pour le moment, à Bordeaux-Bègles, je n'ai pas vu un seul joueur sur le terrain qui était en mesure d'assumer un statut international". Interrogé sur RMC 48 heures après ce couac inaugural, l'ancien talonneur, s'il avouait avoir "retrouvé des sensations douloureuses à l'issue des matchs perdus", faisait peu de cas de ses états d'âme: "Si je n'arrive pas à dormir, ce n'est pas grave", pour pointer l'essentiel: "Le plus important est que les joueurs répondent présents sur le terrain".

Une priorité face à laquelle ses joueurs ont failli, et Ibanez ne prend pas de gants pour le leur dire: "J'ai peur qu'on ait fait preuve de suffisance. Je n'ai pas vu des gagneurs dans cette rencontre, assène-t-il. On connaissait Ibanez, cet immense compétiteur sur le terrain, son équipe découvre un manager déjà cassant et n'hésitant pas à pointer les responsabilités, nommément s'il le faut: "On a senti une équipe de Bordeaux ambitieuse, mais les leaders ont failli par un manque de caractère et surtout dans les choix à des moments clés de la rencontre. (...) Les leaders comme Camille Lopez doivent aussi se remettre en question. Il a fait preuve, à certains moments, de légèreté et à un poste aussi décisif, il faut passer le cap des petits joueurs pour être de vrais gagneurs". Si le jeune ouvreur était aux portes de l'équipe de France (*), Ibanez lui en referme les portes. Pour l'heure. Une question de leadership essentielle aux yeux du nouveau boss qui, dans son souci de rééquilibrer le jeu de l'UBB, sait qu'il aura besoin de faire incarner ce style plus complet: "Cette équipe a de vraies ressources dans le jeu. C'est rassurant, reconnaît-il. Mais, il faut respecter le jeu par des fondamentaux, par une vraie solidarité et aussi du réalisme". Ibanez, qui a le temps de soupeser chacun des mots qu'il destine à ses joueurs dans le train qui chaque matin l'amène de Dax en terre girondine, a choisi de sonner l'alarme sans attendre. Sans crainte de malmener son groupe. Car l'heure est déjà grave, alors que débarque l'Usap vendredi, pour la première délocalisation à Chaban-Delmas: "L'adversaire est redoutable avec de la qualité à tous les postes. Ils vont venir avec beaucoup de motivation et de détermination". Celles qu'Ibanez appelle de ses voeux dans ses rangs: "En Top 14, on paye très cher une légèreté que j'ai sentie au sein de l'équipe ce samedi. Il faut se lancer très vite dans le vif du sujet". A bon entendeur...

(*) Camille Lopez était invité en mai dernier à passer les tests physiques du XV de France à Marcoussis.

Delpoux, l'exigence de jeu
"Je languis que ce match soit passé. J'avoue que, quand j'ai regardé le calendrier, je n'étais pas heureux de ce tirage. J'aurais voulu que ce match arrive beaucoup plus tard dans la saison". Marc Delpoux ne croyait pas si bien dire. Quelques semaines après avoir scellé un brillant maintien à la tête de l'Union Bordeaux-Bègles face à l'Usap, le nouveau manager catalan retrouve son ancien club dans le camp d'en face... et surtout dans un contexte encore plus tendu. Pourtant, l'intéressé l'avoue: "Je ne ressens rien du tout. J'y ai passé 3 ans, mais c'est comme ça, explique Delpoux dans les colonnes de Sud Ouest. Je ne suis jamais nostalgique de mes lieux de travail. En plus, on va jouer à Chaban, où je ne suis allé que pour les six matches qu'on y a joués. Ce n'est pas le lieu où je travaillais avec les joueurs". Pour le nouvel homme fort du staff sang et or, l'essentiel est ailleurs: "Ce qui est important pour moi, c'est d'aller voir Laurent Armand (son adjoint à Bordeaux-Bègles, qui poursuit sa rééducation après un AVC en janvier 2012, ndlr). Et j'aurai plaisir à revoir les joueurs. Le reste, ce n'est pas important. Je suis entré dans le moule catalan, j'y suis complètement impliqué, je ne ressens pas de nostalgie particulière."

L'accession au Top 14, le titre de meilleur entraîneur de Pro D2, la reconnaissance unanime, ou presque, de la valeur du maintien de l'UBB la saison dernière ou son départ sur fond de conflit avec le président Laurent Marti: tout cela glisse aujourd'hui, à l'en croire, sur un Delpoux déjà totalement imprégné de la réalité catalane. La défaite (15-21) à Aimé-Giral face à la machine de guerre toulonnaise n'aurait rien d'infamant si elle n'avait donné l'occasion à Delpoux de s'annoncer et d'occuper sans attendre le terrain médiatique en dénonçant plus l'arbitrage, qui tue les intentions de jeu de sa formation, que le style minimaliste du RCT. "Moi, ce qui me gêne, c'est qu'on ne pénalise pas davantage le jeu au sol. On ne jouera jamais au rugby comme ça, prévient le technicien, cité par L'Indépendant. Tant qu'on ne changera pas la règle : eh bien on aura ce style de match. On arrivera aux phases finales et tout le monde dira: il n'y a pas de passes. Comment ça se fait ? On ne comprend pas ..." L'enjeu plus fort que le jeu, rien de nouveau sous le soleil a priori dans ce Top 14 ; un refrain qui colle déjà à merveille à ces retrouvailles avec l'Union ce vendredi: "Ils ont eux aussi perdu à domicile face à Grenoble, ce sera déjà malheur aux vaincus", annonce Delpoux.

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