Publié par Sylvain LABBE le 14 juin 2012 à 19h30

Grande saison, petite finale

Top 14

47 joueurs auront été utilisés cette saison à Toulouse: un record ! (Maxppp)

Grande saison, petite finale

Particulièrement décevante, pour ne pas dire affligeante, sur le plan du jeu, la finale du Top 14, arrachée par le Stade Toulousain, aura fini par couronner logiquement la meilleure équipe d'une saison pas comme les autres. Un dénouement à la hauteur d'un Top 14 faussé par la Coupe du monde et plus que jamais cadenassé dans ses intentions.

GRANDE SAISON
"Même si tout n'a pas été parfait et même si on n'a pas proposé le rugby qu'on aimait proposer. Encore une fois, on a réussi à s'en sortir et à monter le chercher en tribunes." Clément Poitrenaud sait mieux que quiconque la somme d'efforts hors du commun qu'il aura fallu cette saison aux Toulousains pour s'emparer une dix-neuvième fois du "bout de bois".

Oublié de la Coupe du monde, l'arrière stadiste fut dès la première journée de ce Top 14 sur le pont, plus que jamais cadre d'une équipe privée de ses internationaux mobilisés aux antipodes et contrainte malgré tout de se construire dans le jeu et de trouver une cohésion dans ce contexte si particulier." Ça n'a pas toujours été exceptionnel sur le terrain, mais la volonté d'aller chercher des victoires depuis le début et ce premier match à Agen, que pour ma part j'ai suivi depuis la Nouvelle-Zélande, cet état d'esprit est resté le même jusqu'à la fin", constate Vincent Clerc.

"C'est vrai que ça a été long et compliqué. Forcément, les internationaux nous ont manqués à certains moments", confirme Poitrenaud qui, à l'heure des bilans, n'oublie pas notamment ces quatre jokers Coupe du monde (Carl Hoeft, Alberto Vernet-Basualdo, Eusebio Guinazu et Vilimoni Delasau), qui ont contribué à poser les fondations de la saison toulousaine. "J'ai le sentiment que cette saison a été difficile de bout en bout, abonde encore Jean-Baptiste Elissalde. Dès le 10 août l'année dernière jusqu'à cette finale du 9 juin, ça a été un parcours semé d'embûches et on a réussi toujours à s'en sortir. Même si on a bien géré les doublons en début de saison, l'absence de nos internationaux et la nécessité de les remettre en place mentalement nous a coûté cher notamment en Coupe d'Europe. C'était peut-être un mal pour un bien parce que ça nous a donnés ces trois semaines importantes pour pouvoir se préparer et se remobiliser mentalement. Il a fallu réagir...", souffle l'ancien demi de mêlée, contraint même de renfiler les crampons (il compte une minute de jeu, ndlr) pour faire face aux absences et aux blessures. "J'ai un gros clin d'oeil pour nos six ou sept talonneurs (ils seront neuf au total à se succéder au poste, ndlr). C'est vraiment une saison exceptionnelle parce que ce titre a été acquis dans une énorme difficulté, mais il est mérité parce que depuis le mois d'octobre, on est premier". Et ce malgré la bagatelle de onze doublons (Mondial et Tournoi confondus), qui n'auront pas empêché le Stade de faire la course en tête, sans discontinuer, dès la dixième journée.

Un contexte inédit transcendé par l'excellence toulousaine, dont Guy Novès et son staff restent les plus sûrs garants. "Depuis cinq ans, ce que j'ai martelé aux joueurs, c'était qu'avec ce mix de joueurs, de panachage d'expérience, de vivacité, de vitesse, de force et de puissance -on avait quand même un effectif de grande qualité- chaque rendez-vous manqué en phase finale serait une occasion gâchée pour leur fin de carrière et leurs vieux souvenirs, souligne Yannick Bru. Parce qu'ils ont les moyens de remporter beaucoup de choses."

PETITE FINALE
Au rendez-vous du Stade de France pour la troisième année consécutive, les Toulousains auraient souhaité pouvoir remettre la main sur leur jeu à l'occasion de cette finale face à Toulon. "Réaliser une finale en produisant du jeu de qualité et gagner, tous les entraîneurs en rêvent", nous confiait Novès à la veille du choc. Un voeu pieux.

Car comme le souligne Bru, "l'attente autour est devenue très forte et le club a créé un niveau d'exigence un peu démesuré autour de lui. Dans un Top 14 très compliqué, le Stade Toulousain reste malgré tout en haut de l'affiche. (...) On est les premiers déçus de ne pas arriver à développer un rugby offensif aussi attractif qu'efficace, mais il faut bien reconnaître que le Top 14, c'est bien verrouillé et les ingrédients sont clairs." Un buteur, Luke McAlister, d'une fiabilité sans faille (12 sur 12 en phase finale) et une mêlée retrouvée autour de William Servat. CQFD. Ce qui n'empêche pas l'entraîneur des avants du XV de France de dresser une analyse sans concession de la performance de sa désormais ex-équipe dans cette finale sans essai: "Franchement, il y a eu un nombre incalculable d'en-avants, c'était quand même indécent pour une finale du Top 14, regrette-t-il. Ça manquait de précision, on a quand même engueulé les joueurs copieusement à la mi-temps, avoir autant de pertes de balles et prendre autant de points sur nos mouvements offensifs, c'était loin du niveau attendu. Techniquement, ce match n'aura jamais atteint des sommets." Aveu sincère d'un acteur forcément frustré: "En phase finale, c'est compliqué, tout le monde a peur de se faire contrer, ça paralyse."

Même le grand Toulouse, contraint de se détourner de ses grands principes de jeu. "On s'en fout, la question, elle n'est pas de savoir si j'ai touché cinquante ballons et si j'ai traversé le terrain, s'emporte Poitrenaud face à ces questionnements. L'important, c'est de monter dans la tribune et de soulever le Bouclier. On le fait pour la deuxième fois en deux ans, on a joué cinq finales en cinq ans, on a gagné quatre titres, trois championnats et une Coupe d'Europe." Un bilan incontestable.

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