Publié par Sylvain Labbé le 6 août 2012 à 17h26

Grenoble, la saine trouille

Top 14

L'effectif grenoblois a enregistré les renforts de 14 nouveaux joueurs. (Maxppp)

Grenoble, la saine trouille

Notre Tour de France des clubs du Top 14 se poursuit ce lundi avec l’autre promu de ce prochain exercice, un FC Grenoble qui, loin du miracle montois, entend bien mettre à profit dans l’élite, fort de sa saison accomplie en Pro D2, les moyens et les certitudes d’une reconstruction méthodique après sept ans de purgatoire.

LA SAISON DERNIERE
A la faveur d’une victoire bonifiée magistrale signée aux dépens de La Rochelle à trois journées de la fin de la saison régulière de Pro D2, le FC Grenoble assurait le 14 mai dernier son accession directe au Top 14. Un retour dans l’élite après sept ans de purgatoire. Pour un club qui a tout perdu à l’heure d’une rétrogradation administrative prononcée à l’issue de la saison 2005-2006, doublée d’une relégation sportive. "Il a perdu son centre de formation, ses meilleurs joueurs, des partenaires. Il a fallu reconstruire sur les ruines de ce club centenaire, qui avait toujours été bien structuré", nous expliquait le manager Fabrice Landreau. Comme pour mieux mesurer le chemin parcouru. Et avec cette trajectoire qui a permis aux Isérois, leaders depuis le soir de la onzième journée de survoler la Pro D2 comme rarement un champion n’a pu le faire ces dernières années avec un écart final record sur le dauphin palois de 18 points ! De quoi préparer méthodiquement, loin de l’urgence de l’autre promu montois, cette intégration tant attendue au Top 14.

LA PHRASE: "Au niveau des infrastructures, c’est digne d’un club de première division avec une unité de lieu, en termes d’accueil du public et des partenaires, c’est du très haut niveau aussi" (De Fabrice Landreau, manager du FC Grenoble)
Le travail méthodique et en profondeur opéré par le président Chérèque et son équipe depuis la reprise en mains du FCG permet aujourd’hui aux Grenoblois, et à la différence de nombreux promus, surpris par ce rêve souvent proche du cauchemar, de s’appuyer sur des moyens et des certitudes indéniables. Au point d’entendre Landreau affirmer: "Le plus dur, très honnêtement, c’est de monter, affirme, convaincu, l’ancien talonneur. Après, bien évidemment, ce niveau de Top 14 peut faire peur, mais il ne faut surtout pas fonctionner sur la peur. On n’a pas peur de ce qu’on ne connaît pas… On ne connaît pas le Top 14 et on n’a pas, selon moi, à avoir peur." Ni à renier "notre griffe rugbystique. Il ne faut surtout pas changer ou être restrictif, il faut rester audacieux, agir et surtout ne pas subir". Une identité rugbystique, incontestable en Pro D2 et d’autant plus importante à préserver qu’"on n’aura pas de moyens pharaoniques", avertissait Landreau dès le mois de mai dernier.

LE RECRUTEMENT
Grenoble a trop chèrement payé ses écarts de gestion pour ne pas se montrer rigoureux à l’heure d’un recrutement, marqué par une volonté affirmée de "rester dans la continuité, ne pas se dénaturer, conserver ce qui a fait notre force cette année", dixit Landreau. Fixé très tôt sur son sort, le FCG, soucieux de ne négliger aucun détail, a programmé une préparation physique aux allures de marathon, longue de huit semaines, pour permettre notamment l’intégration de quatorze nouveaux joueurs. Tout de même. Recherché en priorité, le profil du joueur français a aussi un coût certain qui a conduit le staff à se replier notamment sur le vivier de l’hémisphère sud (Hegarty et Hand, Brumbies ; Bancroft, Northland). Le tout complété par quelques éléments riches de l’expérience du Top 14 (Sowerby, Toulouse), (Coetzee, Laharrague, Perpignan), (Faure, Biarritz) ou confirmés de la Pro D2 (Kouider, Aix-en Provence), Ninard (La Rochelle), Iapteff (Bourgoin). Sans oublier l’attraction argentine, le trois-quarts des Pumas Joaquin Tuculet.

LE JOUEUR A SUIVRE: Nicolas LAHARRAGUE
Comme de nombreux joueurs perpignanais de la génération championne de France en 2009, Nicolas Laharague, après une décennie de fidélité au maillot sang et or, a coupé le cordon catalan. Pour mieux se relancer à travers le défi grenoblois. A 30 ans, l’ouvreur, qui fut en 2006 aux portes de l’équipe de France, n’arrive sans doute pas en terrain conquis face à la concurrence de l’expérimenté Néo-Zélandais, Blair Stewart, et d’un Valentin Courrent, décisif dans la remontée du FCG. "J'espère surtout que l'équipe arrivera à se maintenir en Top 14, qu'on fera vibrer le public grenoblois et pourquoi pas créer la surprise, annonce-t-il, enthousiaste, sur le site du club. En tous cas nous croyons en nos chances et nous espérons un soutien inconditionnel de nos supporters. (…) Et si cela se concrétise, je suis sûr que je n'aurais pas de mal à me plaire dans la région."

L’OBJECTIF
"Parce que ce club s’est construit sereinement, sans aller plus vite que la musique", dixit Landreau, Grenoble retrouve l’élite, habité d’une saine trouille, faite à la fois d’humilité, d’ambition, mais aussi forcément d’une pointe d’appréhension légitime. "On part un peu dans l’inconnu avec ce défi à relever en Top 14, qui sera celui du maintien", annonce le manager grenoblois. "Maintenant, on passe à la seconde étape, à savoir se stabiliser et essayer de développer le club lors des cinq ou six prochaines années." 

Réagissez

Les blogs des joueurs

  • "Besoin de tout le monde"

    Face au Leinster, on n'avait que la victoire et la qualification en tête.

  • Un peu juste pour Castres

    Ma blessure à la cuisse retarde ma reprise. C’est dommage car c’est une blessure un peu bête, qui aurait pu être évitée.

  • Rester dans les six premiers

    La défaite face au Munster ne nous a pas fait du bien, c’est une certitude mais on a gagné contre Brive et c’est le...