Publié par Sylvain Labbe le 27 septembre 2012 à 18h30

Heymans cherche à comprendre...

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Heymans, malgré la situation toujours précaire de l'Aviron, garde une implication de tous les instants.

Heymans cherche à comprendre...

D'une saison à l'autre, la carrière de Cédric Heymans sous le maillot bayonnais, à l'image d'un club englué dans la zone rouge, ne parvient pas à redécoller. Pourtant, l'ailier international, à 34 ans, malgré un temps de jeu en baisse, s'attache toujours à provoquer, sur le terrain comme dans le vestiaire, le déclic qui permettra au club basque de révéler son véritable potentiel. Pourquoi pas à l'occasion du derby...

Quatre matches joués en six journées, pour seulement trois titularisations. Avec l'arrivée sur les bords de la Nive des nouveaux entraîneurs Christian Lanta et Christophe Deylaud, les apparitions sous le maillot bayonnais de Cédric Heymans se font plus épisodiques, lui qui la saison dernière avait débuté quinze rencontres de championnat et contribué au sauvetage de l'Aviron. Sans pour autant inscrire le moindre essai sous ses nouvelles couleurs. Une première réalisation après dix-neuf matches joués en ciel et blanc que l'ancien Toulousain guette toujours, loin d'en faire pourtant une obsession : "Je m'en fous, lâche-t-il, tout de go dans un entretien accordé à Sud-Ouest. Je préfère donner un ballon d'essai que de l'inscrire moi-même. D'ailleurs, au Stade Toulousain, je n'ai jamais été parmi les meilleurs marqueurs. Ça ne m'empêchait pas de jouer tout le temps." A Bayonne, Heymans vit loin du lustre et des honneurs passés de sa carrière stadiste.

Pour sa deuxième et probable dernière saison avec l'Aviron -ses dirigeants lui ont d'ores et déjà indiqué que l'année en option sur son contrat de deux ans ne sera pas levée- l'ailier international continue, à son corps défendant, de découvrir le quotidien d'un club en lutte pour sa survie dans l'élite. "Je ne saute pas au plafond, c'est certain", avoue-t-il, sans parvenir à comprendre pourquoi ce club semble, d'année en année, condamné à vivre avec et à lutter contre le spectre de la relégation. "Si je le savais... On a compris le message des coaches, mais on n'arrive pas encore à l'appliquer. Ce n'est pas compliqué, puisqu'ils sont adeptes d'un management participatif. Et puis, sans vouloir se cacher derrière le calendrier, on a perdu à domicile contre les « gros » (Clermont, le Racing et Toulouse, ndlr). Ça peut nous donner une lueur d'espoirs. Si l'on fait un coup à Biarritz et que l'on enchaîne derrière, on peut très vite se retrouver autour de la 7e place. En revanche, si dans 4 ou 5 journées, notre situation reste la même..."

Ces internationaux qui ne décollent pas...

Sans manquer de respect à mes équipiers, je n'ai pas souvent vécu ce genre de situations dans ma carrière.

Cédric Heymans, ailier international

Titulaire lors de la dernière déroute (35-6) à Jean-Dauger face à d'anciens coéquipiers toulousains, déchaînés après leur non match à Barcelone, Heymans n'a pu enrayer la descente aux enfers d'une équipe à la dérive, qui aborde du même coup le derby dimanche, à Biarritz, dans les pires conditions. "Contre Toulouse, on a été dominés dans le un contre un. Vous voulez parler de quoi après ça ? De rugby, de muscu, de préparation ? Si dimanche, on subit autant, on sera pris. Les Biarrots sont assez intelligents pour savoir où appuyer pour nous faire mal." L'état d'urgence n'est plus très loin pour un Aviron aujourd'hui treizième et premier relégable. Une urgence face à laquelle le collectif bayonnais, si fragile, a besoin plus que jamais de ses leaders. Même si  du haut de ses 34 ans et de ses 59 sélections, qui lui confèrent un incontestable rôle de cadre, Heymans aspire avant tout à "se fondre dans le collectif". Ce statut qu'il ne semble pas revendiquer, il l'assume pourtant, conscient des attentes qui pèsent sur lui comme sur les Rokocoko, Phillips ou autre Tialata : "Je comprends qu'on nous en demande plus", dit-il, mais "après, ce que pensent les supporters de mes prestations me passe au-dessus de la tête. Surtout de la part de ceux qui sifflent les joueurs. Il faudrait qu'ils mettent un maillot de temps en temps... Ce qui m'intéresse, c'est le jugement des entraîneurs et de mes équipiers. Mais un individu n'a jamais sauvé la patrie tout seul, encore moins en rugby." Autant d'individualités dont l'Aviron attend beaucoup, mais qui semblent aujourd'hui incapables de transcender un contexte à ce point marqué par la sinistrose et d'évoluer à leur meilleur niveau (voir par ailleurs).         

"Sans manquer de respect à mes équipiers, je n'ai pas souvent vécu ce genre de situations dans ma carrière, souligne encore Heymans. J'imagine également que Joe (Rokocoko) n'a pas souvent joué le maintien. On attend de nos collègues qu'ils nous transmettent leur vécu de ce genre de situations." Ce qui n'empêche surtout pas Heymans de continuer, sur le terrain comme dans le vestiaire, à chercher à provoquer auprès de ses coéquipiers ce déclic, qui permettrait à son équipe de révéler son véritable potentiel : "Je leur dis de ne plus se poser de questions. Il faut se lâcher dans le cadre défini par les entraîneurs. Il faut passer au-delà de la pression et agir. Tu peux mal gérer une situation pendant un match, ça prouve déjà que tu es acteur. (...) L'individu rejaillit sur le collectif et vice-versa. Chacun, de son côté, doit faire un effort pour aller vers l'autre. Le collectif en bénéficiera." Bayonne en a tant besoin.

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