Publié par Laurent Duyck le 10 septembre 2012 à 15h12

La 4e journée au banc d’essai

Top 14

Julien Dupuy a parfois eu du mal à cacher son désarroi en plein match.

La 4e journée au banc d’essai

Si ça continue de rigoler à Biarritz, victorieux de Montpellier malgré le manque de réussite au pied de son buteur Jean-Pascal Barraque, l'ambiance est beaucoup plus morose à Paris où le Stade Français, déjà en difficulté à l'extérieur, a perdu des points à domicile contre Castres lors de la quatrième journée. Un week-end marqué par le rebond de Perpignan aux dépens de Bayonne et par le premier essai du prometteur Gaël Fickou, l'espoir du Stade Toulousain.

DANS LE VESTIAIRE DU... : Stade Français
Les images parlent d'elles-mêmes. Autant cette scène d'avant-match montrant les joueurs réunis autour de Richard Pool-Jones sous le regard attentif du président Savare que ces têtes baissées et ces bouches fermées à l'issue de la rencontre. Après deux défaites de rang, à Bayonne (24-11) et à Grenoble (26-12), le Stade Français se devait de réagir samedi face à Castres. Le club de la capitale s'est contenté du nul face au club tarnais (19-19). Pas suffisant pour chasser les doutes. Mais pas assez, selon Richard Pool-Jones, pour plonger (déjà) le Stade Français dans la crise. "Il y a bien une crise... Une crise inventée de toutes pièces par les médias, s'est agacé le directeur technique parisien, faisant fi des explications de texte tendues en plein match entre Julien Dupuy et son entraîneur David Auradou. Alors oui, bien sûr, il y a  la déception, la frustration... mais pour la crise, il faudra que vous patientiez encore un peu !"

Jusqu'à quand ? Le Stade Français est trop transparent à l'extérieur pour envisager un changement d'orientation dès le week-end prochain en fonction du résultat ramené de Bordeaux-Bègles. Mais la réception de Perpignan le week-end suivant aura peut-être valeur de dernière chance. En attendant, la semaine risque d'être studieuse. "Il va falloir que l'on se remobilise rapidement, prévenait Pool-Jones, l'ancien conseiller du président passé de l'autre côté de la barrière. J'ai confiance en ce groupe, en ce club. C'est un moment un peu compliqué, mais je pense que nous avons largement les moyens pour réagir. Nous avons les moyens de nos ambitions." Mais encore beaucoup d'inconnues à lever. "J'ai vu l'équipe remonter au score dans des circonstances difficiles: c'est un élément encourageant. Je retiens cet état d'esprit. Maintenant, l'essentiel, dans ce jeu, c'est de scorer. Nous savons tout faire... sauf scorer sur nos temps forts ! Nous manquons de réalisme", insistait l'ancien deuxième-ligne international anglais, stigmatisant les 18 ballons perdus par ses joueurs face à Castres. "Avec un tel taux de déchet, nous n'arriverons jamais à atteindre nos objectifs. Il faut prendre conscience que, si l'on n'arrive pas à contenir le ballon, nous n'arriverons pas à nos fins." Et pourtant, le temps presse déjà...

LE JOUEUR : Gaël Fickou (Stade Toulousain)
Yannick Jauzion, Florian Fritz, Yann David, Luke McAlister, Clément Poitrenaud... La liste des joueurs susceptibles d'évoluer au centre à Toulouse est longue. Elle comprend un nouveau candidat en la personne de Gaël Fickou. Ce grand espoir du rugby français, qui a pris part cet été à la Coupe du monde junior en Afrique du Sud, a rejoint le club de la Ville Rose à l'intersaison, boudant le RC Toulon où il a pourtant fait ses armes dans l'équipe réserve. Et connu sa première titularisation samedi contre Agen (62-13). "Je ne pensais pas commencer si tôt. Cela me fait très plaisir car c'est une marque de confiance des entraîneurs", appréciait-il à sa sortie du terrain, rapporte le site du club. Une confiance dont il a su tirer profit pour inscrire le premier essai de sa jeune carrière en Top 14, servi sur un plateau par Jauzion. "Je pense qu'il n'y a pas mieux que lui à son poste, relevait-il en forme d'hommage. C'est le leader de l'équipe, un très grand joueur. Tout est plus facile quand on joue à côté d'un tel coéquipier, il me donne des conseils, me rassure tout au long du match, moi, j'ai juste à débouler derrière." Un discours emprunt d'humilité de la part d'un jeune homme qui sait avoir encore beaucoup à apprendre : "Je touche beaucoup de ballons. Mais cela ne fait pas tout, il faut que j'améliore mes passes, ma finition, j'ai perdu le ballon plusieurs fois. Ce sont des détails à régler mais ils font toute la différence." Bref, il reste beaucoup de travail au jeune Fickou, attendu cette semaine sur les bancs pour passer son bac, pour se faire définitivement un nom et une place au sein de l'armada toulousaine.

LA PHRASE : "Soulagé et inquiet", de Marc Delpoux, le manager de l'Usap
Une victoire comme point de départ ? Marc Delpoux, le manager de l'équipe catalane, ne voit de cet oeil pas le succès contre Bayonne (18-13), le premier de la saison de l'Usap. Heureux que cette question soit réglée, il est loin d'être euphorique pour autant. "Soulagé car on a fait le match qu'on attendait, a-t-il réagi dans les couloirs d'Aimé-Giral, rapporte le site du club. On a essayé de mettre de la vitesse dès qu'on pouvait. On a franchi X fois et ça me plaît. On a eu une excellente conquête jusqu'à la 60e minute. Et puis après, notre problème récurrent de pilier droit s'est fait cruellement sentir. Jérémy (Castex) a baissé de pied c'est normal. Il s'est accroché, le « petit » est entré (Christophe David) et on a fait comme on a pu, on a sauvé les meubles. Mais je suis inquiet quand on sait que l'on affronte le Stade Toulousain la semaine prochaine, il faudra tenir plus de 60 minutes en mêlée, c'est compliqué."

LA STAT : 4
Comme le nombre de victoires du Biarritz Olympique en autant de matches depuis le début de la saison. Jamais le club basque n'avait affiché une telle série inaugurale en Top 14, un sans faute pour un total de 17 points après quatre journées, soit deux de plus à son compteur... qu'à Noël, à l'issue de la phase aller, la saison dernière. Quatre, c'est aussi le nombre de pénalités ratées samedi par Jean-Pascal Barraque, le remplaçant attitré de Dimitri Yachvili. Un manque de réussite rare pour le jeune demi d'ouverture qui avait passé depuis le début de la saison 17 de ses 20 coups de pied. "Je suis très déçu de ma prestation dans les tirs au but. Un sur cinq, c'est un peu catastrophique. C'est inadmissible pour un buteur. Je n'ai pas d'excuse", a-t-il réagi, relaie Sud Ouest. Sans conséquence heureusement pour le BO qui a profité des deux cartons jaunes (très sévères) récoltés en quatre minutes par Montpellier pour faire la différence.

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