Publié par Sylvain Labbe le 17 septembre 2012 à 12h20

La 5e journée au banc d'essai

Top 14

Farid Sid, auteur du premier des cinq essais catalans, avait lancé le festival perpignanais.

La 5e journée au banc d'essai

La démonstration, aux allures de victoire fondatrice, réussie à Barcelone par l'Usap aux dépens des Toulousains (34-20), était gâchée par le décès du chauffeur du bus perpignanais. A Agen, la première victoire du SUA porte la marque du meilleur réalisateur de la saison dernière, Conrad Barnard. Pour Romain Cabannes, les "gentils" castrais savent aussi se faire respecter et Mont-de-Marsan reste au point mort.   

DANS LE VESTIAIRE DE : L'USAP
"Même dans nos rêves les plus fous..." Paul Goze l'avoue le premier. Jamais les Perpignanais n'auraient pu imaginer infliger au Stade Toulousain une correction dans les proportions de la déroute (34-20) subie samedi, à Barcelone, par des champions de France dépassés de bout en bout de cette deuxième délocalisation de l'histoire du club catalan sur la colline de Montjuic, décidément bénie pour des Sang et Or, déjà vainqueurs du quart de finale de H Cup disputé au stade olympique il y a de cela un peu plus d'un an.

Et pourtant, la performance, riche de cinq essais, des Catalans, capables de surmonter leurs limites du moment en mêlée fermée, apparaissait bien dérisoire à l'issue du match quand, quelques minutes après avoir profité d'un tour d'honneur et de leurs supporteurs au coup de sifflet final, les joueurs de Marc Delpoux apprenaient la mort de leur chauffeur de bus, victime d'une crise cardiaque au coup d'envoi de la rencontre. Les sourires et l'euphorie laissaient place à l'incompréhension face à la fatalité. Paul Okéséné, qui avait rejoint l'Usap en début de saison dernière, n'avait que 44 ans et ce Samoan, ancien joueur à XIII, faisait l'unanimité autour de lui. "Dans ces conditions, le fête était évidemment gâchée. Ce soir (samedi), on pouvait être l'équipe la plus heureuse au monde", soulignait, cité par L'Indépendant, Marc Delpoux, le seul avec un président Goze aux yeux embués de larmes à venir commenter un triomphe que tout un club, accablé par la terrible nouvelle, n'avait plus le coeur à aller fêter sur les ramblas. "Malheureusement... Il n'y a rien de plus important que la vie d'un homme et il y en a un qui l'a perdue aujourd'hui. Nous, on n'a gagné qu'un match. Vous comprendrez ma difficulté à parler de stratégie, tactique... Mais on va essayer, parce que c'est mon boulot".    

Un destin bien cruel en effet qui privait l'Usap de louanges ô combien méritées, notamment pour un premier acte référence : "On a vécu une mi-temps de rêve, reconnaissait Delpoux. On aurait même pu marquer un ou deux essais de plus. Tout nous a réussi, mais après, on a eu une grosse baisse physique. On subit pratiquement toute la seconde mi-temps, à l'image du match de Bayonne. Mais quand l'Usap joue ce rugby..." Même si l'ampleur de la faillite toulousaine interroge, Marty et ses coéquipiers étaient samedi tout simplement injouables, enfin capables après quatre premières journées de tâtonnements, de mettre en musique ce jeu à la fois ambitieux et efficace. "Les garçons vont finir de débloquer les doutes sur la capacité de ce jeu à être efficace. Moi, je ne suis pas là pour faire plaisir aux mecs dans les tribunes. Ma philosophie de jeu est d'être efficace. Et là, on a été très efficace et pragmatique. (...) On a pris Toulouse avec le rugby que j'aime. Si on peut se rapprocher d'eux, tant mieux, car c'est la référence, notre guide". L'Usap est loin d'être arrivée, mais elle est assurément engagée sur le bonne voie après cette victoire que l'on jurerait fondatrice, même si le manager catalan situe le déclic plus tôt : "Les joueurs avaient envie de montrer à tout le monde que l'Usap n'est pas morte. Le déclic a eu lieu à Clermont. Avec un peu plus de chance, on serait vraiment là-haut (au classement)". Les Perpignanais remontent à la huitième place du classement et ce n'est peut-être qu'un début : "C'est sur la continuité qu'on va le savoir". Et notamment dès samedi prochain, à Paris, face à un Stade Français moribond.

LE JOUEUR : Frédéric MICHALAK (Toulon)
"Retour sur la Rade en bus avec une belle bande de oufs !" Pour sa première titularisation sous le maillot toulonnais, Frédéric Michalak a réussi son coup et l'ancien Shark pouvait savourer, à l'image de toute une équipe, son retour vers le Var. Le RC Toulon signe un cinquième succès en cinq journées à Montpellier (32-25), le quatrième en déplacement et caracole en tête du Top 14, seule formation désormais invaincue avec Clermont. Un nouveau coup de force qui doit beaucoup à l'international tricolore, débutant à l'ouverture en l'absence de Jonny Wilkinson et qui a remporté avec maestria le duel des dix du XV de France face à un François Trinh-Duc, qui n'a pourtant pas démérité. Mais Michalak était tout bonnement impérial, décisif sur cette relance osée depuis sa ligne d'en-but, mais qui lançait un mouvement de deux minutes trente et riche de neuf temps de jeu, qui aboutissait à l'essai de son troisième ligne Gunther. Ou encore sur cette pénalité réussie des 52 mètres. A un mois de l'annonce de sa liste pour les tests de novembre, Philippe Saint-André n'en aura, on s'en doute, pas manqué une miette.

LA PHRASE : "On est des gentils, mais quand les gros bébés de devant se réveillent, ça fait mal, et ça nous fait du bien " (Par Romain CABANNES, trois-quarts centre du Castres Olympique, vainqueur du BO 28-13)
L'invincibilité du Castres Olympique sur sa pelouse de Pierre-Antoine, encore confirmée samedi face à Biarritz (28-13) dans le cadre de la 5e journée du Top 14, s'établit désormais à onze matches sans défaite. Pour le plus grand bonheur d'un Romain Cabannes, qui ne cachait pas sa satisfaction à l'issue de ce succès, qui permet aux Tarnais d'émarger au pied du podium : "On reste sur notre belle série, confirme le trois-quarts centre, interrogé au micro de Rugby+. On a perdu la première mi-temps (12-13), mais on a réussi à corriger le tir, l'arbitre a pris ses responsabilités, et une fois qu'on a pris le score, ça a été beaucoup plus facile d'emporter le match". Un CO, surpris par l'unique essai des Biarrots sur la première action du match, qui semble avoir besoin de se mettre en danger pour mieux réagir : "On est plutôt une équipe à réaction, on a besoin d'un coup de pied au cul pour se réveiller. On est des gentils, mais quand les gros bébés de devant se réveillent, ça fait mal, et ça nous fait du bien".

LA STATISTIQUE : 3
Comme la troisième fois depuis la création du Top 14 qu'une formation n'est créditée d'aucun point après cinq journées. Un triste privilège que partage Mont-de-Marsan, si mal récompensé de ses efforts face à Clermont, vainqueur (14-6) dans les dernières minutes sur le terrain du promu montois, avec Pau (2005-2006) et Bayonne (2006-2007). Si les Palois avaient subi les affres de la relégation, l'Aviron avait en revanche survécu à une telle entame.

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