Publié par Sylvain Labbe le 28 octobre 2012 à 21h45

La 9e journée au banc d’essai

Top 14

Mermoz et le RCT continuent à dérouler.

La 9e journée au banc d’essai

Incontournables Toulonnais qui, non seulement gagnent tous leurs matches, mais ajoutent aussi désormais la manière, à l'image de la démonstration réussie face à Bayonne. Au Stade de France, William Servat est revenu, mais Toulouse a aussi découvert un nouveau Bézy. Le Stade Montois est irrécupérable. Enfin, le Stade Français a remporté un deuxième succès de rang en Top 14, pour la première fois depuis mars dernier.

DANS LE VESTIAIRE DU : RC Toulon
"On ne joue pas le même championnat." Le constat lucide, mais flagrant de Julien Puricelli, le troisième ligne international de l'Aviron ce samedi, dans les couloirs d'un Mayol qui frémit encore de bonheur, en dit long sur la nouvelle démonstration de force réussie par une équipe toulonnaise toujours plus impressionnante à chacune de ses sorties. Samedi, c'est donc Bayonne qui est devenue la huitième victime des Toulonnais en neuf matches du Top 14 et la première équipe de ce championnat incapable d'inscrire le moindre point (59-0). Une impuissance comme pour mieux signifier le degré de performance d'un leader irrésistible, capable d'inscrire un total de huit essais et son cinquième bonus offensif de la saison dès la première période et ce malgré le vent annonçant la tempête sur les côtes varoises.

Une machine toulonnaise qui, week-end après week-end, monte en regime et livre un aperçu vertigineux de son potentiel quand, comme samedi, toutes ses composantes évoluent à plein régime, à l'image d'un Jonny Wilkinson encore auteur d'un 100% au pied (8 sur 8). Un RCT qui donne le frisson. A son public, aux anges ce samedi et qui prend conscience de sa chance, et même à son entraîneur, ce qui, il faut bien l'avouer, est une autre paire de manches. Si "la copie parfaite n'existe pas", Laporte l'avoue: "C'est une rare des mi-temps où tu as envie de les embrasser sur la bouche, confiait lors de la conférence de presse, relayée par le site laprovence.com un Bernard Laporte qui en a pourtant vu d'autres. Je leur ai dit que j'avais rarement pris du plaisir comme ça à voir une équipe jouer. Surtout contre le vent, et il y en avait beaucoup. Mais j'ai dit que ça devait continuer, que ça ne pouvait pas être une fin en soi, et que je voulais que la deuxième mi-temps soit aussi pleine, sérieuse et compacte que la première. " Message parfaitement reçu et appliqué au cours d'une seconde période, riche de cinq nouveaux essais, et là encore à sens unique, ou presque.

Même ma mère qui a 78 ans et qui ne comprend rien au rugby m'a dit qu'elle avait pris du plaisir. C'est pour vous dire à quel point ils ont été bons.Pourtant, loin du satisfecit du boss, les Toulonnais, à l'image d'un Fred Michalak perfectionniste, trouvent encore à redire : "On ne se contente pas du peu que l'on fait, n'hésite pas à souligner l'ouvreur dans l'émission Jour de Rugby. On veut donner tout ce qu'on a pour ce maillot et faire plaisir à ce public venu en nombre. C'est important de jouer quatre-vingt minutes et pas seulement quarante." Même exigence chez un Maxime Mermoz qui, s'il n'a pas marqué samedi, a été dans tous les bons coups : "Evidemment, dans nos têtes, à la mi-temps, on voulait garder ce bonus offensif et ne pas s'arrêter sur une bonne première période, mais réaliser un match plein. On a un eu un petit passage à vide, mais on peut être satisfait parce qu'on a pu répéter beaucoup d'actions qu'on travaille à l'entraînement. Pour une fois, on a réussi à conclure en se montrant précis." Un discours qui conforte Laporte dans le credo qui est le sien avec ses joueurs.

"Je leur dis toujours :« Le jeu appartient aux joueurs.(...) Si vous attendez que je vienne avec le fouet et que je gueule, il manquera toujours quelque chose. Je veux que l'intransigeance et l'exigence de performance individuelle vienne de vous. »S'engueuler, c'est s'aimer au rugby." La cote d'amour des Toulonnais, elle, loin des critiques du début de saison sur les limites d'un jeu trop restrictif, est en train de s'envoler en flèche. Laporte en a directement fait l'expérience après la rencontre : "Il faut savourer car j'ai vu beaucoup d'émotion et des gens dans les tribunes qui me disaient qu'ils n'avaient jamais vu un match de rugby comme ça.(...)Même ma mère qui a 78 ans et qui ne comprend rien au rugby m'a dit qu'elle avait pris du plaisir. C'est pour vous dire à quel point ils ont été bons", continuait de s'enthousiasmer le manager, avant de conclure : "Mais encore une fois, il faut rester les pieds sur terre. Il y a un gros match dans cinq jours (contre le Stade Français, ndlr).

LE JOUEUR : Sébastien BEZY (Stade Toulousain)
Dans la famille Bézy, on connaissait Nicolas, demi polyvalent, élevé au rugby professionnel dans la Ville Rose, avant de partir, barré qu'il était à Toulouse par Luke McAlister et Lionel Beauxis, chercher du temps de jeu à Paris, sous les couleurs du Stade Français. Il va falloir désormais aussi apprendre à connaître Sébastien, de deux ans le cadet du premier, avec lequel il partage la même polyvalence à la charnière, lui aussi dégrossi en région parisienne, dont la famille est originaire, avant de rejoindre le grand Toulouse. Où il marche aujourd'hui sur les pas de son aîné, sacré champion de France en 2011, à l'image de cette première titularisation à 20 ans ce samedi, au Stade de France, face aux Parisiens. Malgré la défaite (28-24), le petit dernier a su saisir sa chance avec un bel aplomb, à l'image de ces 11 points inscrits au pied, dont ce drop dès le retour des vestiaires pour donner 7 longueurs d'avance à son équipe (14-21). "Il me rappelle son frère, avec un gabarit un peu moins fort, appréciait Guy Novès à l'issue de la rencontre.Beaucoup de vivacité, un superbe état d'esprit. Je le répète, c'est un n°9 qui, pour rendre service et permettre à Luke McAlister de récupérer, a disputé ce match en 10. Pour nous, ce n'est pas une grande surprise, mais c'est une bonne surprise. Disons que je ne suis pas ébahi, plutôt rassuré. C'est un garçon sur lequel nous pourrons compter, sans toutefois brûler les étapes... en sachant que son vrai poste, c'est n°9." Quant à l'intéressé, n'était-il pas trop déçu de n'avoir fait que croiser son aîné, remplaçant au coup d'envoi ? "Non, je suis plutôt content de ne pas l'avoir joué parce que ça m'aurait mis un peu plus de pression. Et j'aurais un peu plus réfléchi..."

LA PHRASE :"On n'a pas été bons, il fait savoir se le dire. On fait un match de merde qu'on va revoir à la vidéo."(Camille LOPEZ, ouvreur de l'Union Bordeaux-Bègles, dans Jour de Rugby)
Par-delà ce jugement sans concession rendu par Camille Lopez, le jeune et prometteur demi d'ouverture de l'UBB, samedi soir, à l'issue de la précieuse, mais bien difficile victoire (17-12) arrachée par les joueurs d'Ibanez à Mont-de-Marsan, le "match de merde" en question aura suffi toutefois aux Girondins pour infliger à la lanterne rouge de ce Top 14 sa neuvième défaite en neuf matches. Concédé face à l'avant-dernier du classement, qui les devançait déjà de dix points au coup d'envoi, un tel résultat scelle un peu plus, si besoin était, le sort des Landais, incapables d'inverser le sens de leur saison et avec de faire taire les voix de plus en plus nombreuses qui déplorent de voir un tel manque de compétitivité réduire le championnat à un Top 13.

LA STATISTIQUE : 2
Tombeur samedi de Toulouse 28-24, le Stade Français a réussi à remporter deux succès de rang en Top 14, trois semaines après sa courte victoire à Mont-de-Marsan (28-30), pour la première fois depuis...mars dernier et deux victoires consécutives face à Lyon et Agen. Mais à en croire Pascal Papé, la belle série des Parisiens, qui se sont hissés à la 10e place, risque fort de s'arrêter dès la prochaine journée, avec un périlleux déplacement à Toulon jeudi prochain... "Ce sont les All Black du Top 14. Ils sont impitoyables avec tout le monde, que ce soit en championnat ou en coupe d'Europe. Ce sera un gros test pour nous", avoue le 2e ligne international.

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