Publié par La rubrique Rugby (avec Reuters) le 21 mai 2013 à 20h08

Les promesses de l'UBB

Top 14

Le président Laurent Marti table sur un budget en progression pour la saison prochaine, à hauteur de 12,5 millions d'euros. (ICON SPORT)

Les promesses de l'UBB

Grâce à une fin de saison en boulet de canon, l'Union Bordeaux-Bègles a assuré son maintien dans le Top 14 pour la deuxième année consécutive, gagné un public, et fait rêver à des exploits futurs.

Malgré sa douzième place au terme de la saison régulière, l'UBB a montré un fort potentiel. L'une des grandes victoires d’un club qui aura conquis un public grâce aux matches délocalisés au stade Chaban-Delmas, huit sur les treize à domicile, réalisant l'exploit de terminer au deuxième rang du Top 14 en terme de fréquentation derrière le Stade Toulousain, selon la Ligue nationale (LNR).

"Se maintenir pour la deuxième année consécutive avec un budget bien au-dessous de la moyenne tout en maintenant notre jeu offensif et avec la deuxième fréquentation du Top 14, c'est un bilan extrêmement positif", souligne le président Laurent Marti. Le budget encore modeste progressera la saison prochaine pour atteindre 12,5 millions d'euros, contre 10 millions environ cette année, ce qui satisfait le président heureux de voir qu'"il y a un grand intérêt autour de ce club tant au niveau du public, que des entreprises locales et des médias".

L'engouement s'est traduit par une augmentation de plus de 15% du nombre de licenciés en deux ans dans les clubs du Comité territorial de rugby de Côte d'Argent, la ligue régionale. Douze ans après le dernier titre de champion de France du CA Bordeaux-Bègles en 1991, l'ambition est de rapporter le Bouclier de Brennus à Bordeaux dans quelques années, mais pour l'heure si les dirigeants s'imaginent pouvoir venir chatouiller les équipes qui luttent pour la sixième place, l'objectif sera la saison prochaine encore le maintien en Top 14.

Une vie après Lopez

Mais avec la nécessité d'y arriver plus tôt dans la saison "car c'est compliqué de recruter quand on assure sa place en fin de saison". De nombreux changements ont été apportés dans l'effectif pour tenir compte des erreurs du passé, sans remettre en question l'esprit joueur, la marque de fabrique de la maison. La première difficulté aura été de remplacer l'ouvreur Camille Lopez, en partance pour Perpignan. "Son départ a été un coup dur sur le plan humain et sportif. Pierre Bernard (Castres) arrive, avec des qualités différentes", souligne Laurent Marti, sachant que l'équipe possède aussi l'ouvreur international argentin Nicolas Sanchez. Mais il sera absent durant le Four Nations, de la mi-août jusqu'à début octobre. L'autre problème était le poids de la mêlée.

En faisant signer le pilier polyvalent international Jean-Baptiste Poux, 33 ans et trois participations à la Coupe du monde, le troisième ligne centre international samoan Taiasina Tuifua, le troisième ligne aile de Brive Poutasi Luafutu et le deuxième ligne de Montpellier Aliki Fakaté, les dirigeants ont semble-t-il fait le nécessaire. Et ce même si le départ de Justin Purll, roi des airs à la touche, affaiblira certainement un secteur fort de l'équipe.

Les lignes arrières ont également été renforcées par les arrivées de deux anciens Bayonnais, le centre Thibault Lacroix et l'arrière Jean-Baptiste Peyras.                           

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la question du stade ne venait pas noircir l'horizon. Bordeaux fait construire un nouveau stade de 43 000 places pour l'Euro 2016 de football, qui deviendra, logiquement, celui des Girondins, le club de football. La mairie de Bordeaux a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne pourrait conserver le stade Chaban-Delmas, un édifice vieillissant et coûteux en entretien, et qu'en conséquence l'UBB devra trouver une autre solution d'ici trois ans.

"Pas insensible à l’engouement populaire"

"On n'est pas insensible à l'engouement populaire. Il y a des nuées d'enfants qui sont venus s'inscrire dans les clubs et cela ça n'est pas rien", temporise Arielle Piazza, adjointe aux sports du maire Alain Juppé. Reste que des matches pourraient être disputés dans le nouveau stade, mais le coût ne serait pas le même pour le club de rugby et le nombre de rencontres réduit, l'exploitant n'étant plus la mairie.

Laurent Marti a commencé à monter au créneau. "Je suis resté très discret pendant deux ans. J'ai juste dit qu'il était de mon devoir de président de rappeler qu'on devait disposer d'un stade", dit-il. Le projet soutenu par le maire de Bègles d'agrandir le stade Moga, en portant sa capacité de 9 500 spectateurs à 18 000 n'a pour l'heure pas trouvé les soutiens et les financements nécessaires, soit 30 à 40 millions d'euros. "Avoir un stade de 18 000 places et jouer cinq, six matches dans la saison dans le nouveau stade ferait l'affaire. Mais, pour l'instant, on ne voit pas de volonté politique. Alors en 2016, jouera-t-on dans notre stade de Fédérale 1 ?", s'interroge-t-il. "Ce serait la fin du rugby de haut niveau à Bordeaux", prévient Laurent Marti qui souhaite ne pas avoir mis autant d'argent et d'énergie dans ce club pour rien.

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