Publié par Thomas Pisselet le 19 mars 2017 à 13h35

Lorenzetti: "Je ne m’attendais pas à une telle résistance"

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Lorenzetti: "Je ne m’attendais pas à une telle résistance"

Critiqué par les joueurs, les employés des deux clubs, la maire de Paris et les instances du rugby, le projet de fusion entre le Racing 92 et le Stade Français a été abandonné dimanche. Les explications de Jacky Lorenzetti et Thomas Savare.

Jacky Lorenzetti (président du Racing 92): "Je renonce au rapprochement avec le Stade Français Paris, en accord avec Thomas Savare, la fusion n’aura donc pas lieu. Nous avions décidé, avec Thomas Savare, de rapprocher le Stade Français Paris et le Racing 92 pour créer le grand club francilien de demain et lui assurer un avenir pérenne et brillant. J’ai décidé de renoncer à ce beau projet.

Je pense sincèrement qu’il était suffisamment ambitieux pour recueillir l’approbation du plus grand nombre. J’ai estimé que les avantages qu’il offrait au rugby francilien l’emporteraient sur les inévitables efforts qu’il impliquerait. Efforts nécessaires des deux côtés, deux cultures fortes, deux histoires merveilleuses, il fallait écrire la suite non pas à la première personne du singulier, mais à la première personne du pluriel. J'ai entendu et compris les fortes réticences qu'a soulevées ce beau projet d'union. En tout état de cause, les conditions sociales, politiques, culturelles, humaines, sportives ne sont pas remplies. Peut-être avons-nous eu raison trop tôt, l'avenir nous le dira...

Je n’ai pas mesuré à quel point la nécessité d’expliquer, de faire partager ma vision et d’en présenter les modalités jusque dans les rangs du Racing 92 étaient une priorité absolue. Je ne m’attendais pas à une telle résistance, surtout en interne ! Je tiens d’ailleurs à remercier les joueurs Ciel et Blanc d’avoir défendu face à moi leurs convictions, quelles qu’elles soient, avec courage, générosité et solidarité. Surtout avec un grand sens des responsabilités. Je suis fier d’eux, d’eux tous. Seuls ma passion, mon enthousiasme, l’envie d’être utile au rugby et par-delà au sport français m’ont guidé. Le rugby est un milieu de passions. C’est notre honneur d’avoir des convictions et de les défendre. Mais le temps est trop court. Il n’est pas possible alors qu’une saison se joue de mener un dialogue et de dépasser les tensions.

Je tiens à dire à la grande famille du rugby, aux partenaires fidèles du Racing 92, aux supporters, aux joueurs, aux staffs sportifs et administratifs des deux équipe ainsi qu'aux bénévoles des écoles de rugby qu’il n’était pas dans mon intention d’opposer une partie de la famille à une autre. Cette famille est le cœur battant de notre sport. Quant à moi, je n’en suis qu’un serviteur passionné. L’avenir du Stade Français s’écrira sans nous, et je lui souhaite sincèrement tout ce que l’on peut souhaiter de meilleur à quelqu’un que l’on a appris à connaître de plus près. Je vais, bien sûr, de mon côté, continuer à œuvrer pour faire grandir le Racing 92 en m’appuyant encore d’avantage sur notre centre de formation et sur notre future Arena qui sera livrée dans quelques mois."

Thomas Savare (président du Stade Français): "Une construction de cette dimension n’aurait eu aucun sens dans le combat, en particulier à un moment où le rugby français fait face à de nombreux défis. J’ai entendu l’émotion, la surprise et l’incompréhension des supporters, des joueurs et des membres de notre association. J’ai aussi entendu leur attachement profond à l’indépendance du Stade Français Paris, cet attachement passant devant toutes autres considérations. Nous avons donc décidé, en accord avec Jacky Lorenzetti, de mettre fin à ce projet de fusion."

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