Publié par SYLVAIN LABBE (avec A.B) le 2 juillet 2012 à 13h00

Mermoz, vivement la reprise !

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Max Mermoz retrouve le sourire avec les Bleus: de bon augure avant d'embrasser sa carrière toulonnaise. (Maxppp)

Mermoz, vivement la reprise !

Frustré, mais jamais amer, Maxime Mermoz, longtemps boudé au début de l'ère Saint-André chez les Bleus, a su briller pour son dernier match de la saison en Argentine. Une 19e sélection en bleu face aux Pumas que le néo-Toulonnais a émaillé d'un essai, en offrant deux autres. De quoi aborder avec impatience sa nouvelle carrière en club au côté d'un Frédéric Michalak, avec lequel la complicité est déjà évidente.

De l'Eden Park à l'Estadio Monumental de Tucuman, Maxime Mermoz a enfin pu renouer le fil de sa carrière en bleu. Titulaire indiscutable au sein du quinze de France de Marc Lièvremont, le vice-champion du monde se retrouvait relégué par son successeur Philippe Saint-André sur le banc au cours d'un dernier Tournoi passé à ronger son frein dans le rôle du remplaçant, réduit à la portion congrue. Encore boudé par PSA lors du premier des deux test-matches de la tournée d'été des Bleus en Argentine, au profit du Toulousain Florian Fritz, associé au Clermontois Wesley Fofana, Mermoz n'a pas raté son retour dans la peau du titulaire. A Tucuman, sa prestation, émaillée par un essai personnel et deux offerts à deux autres revenants, Huget et Fall, a largement contribué à établir la plus large victoire (49-10) de l'histoire face aux Pumas, également premier succès des Tricolores en Argentine depuis 1998 !

Une saison à subir
Mieux vaut tard que jamais, c'est au dernier match de cette saison que Mermoz a enfin eu droit au chapitre pour apparaître plus libéré que jamais. "C'est un constat depuis quelques semaines, et même quelques mois, je me sens plus libéré pour diverses raisons, nous explique aujourd'hui le trois-quarts centre. Le fait d'avoir participé à la Coupe du monde m'a permis de franchir un cap dans ma carrière et d'avancer un peu plus". Pour autant, comme il le dit, "ce n'est pas une libération..." Mais de concéder néanmoins à l'adresse des sélectionneurs: J'ai eu du mal à comprendre d'être sorti du groupe, même si je figurais toujours parmi les 23, mais d'être « sorti » de la sorte, ça fait beaucoup de mal. Alors c'est toujours un grand bonheur, déjà d'être dans le groupe, mais je reste compétiteur avant tout et on a toujours envie d'être le meilleur et porter ce numéro 12 dans le dos, ça fait du bien". D'autant plus lorsque ce retour intervient après une saison que Mermoz a longtemps semblé subir: "Ce n'est pas qu'une impression, je pense que même le staff à travers ces explications publiques, a justifié son choix pour diverses raisons, sans que ce soit véritablement de ma faute. Parce que malgré tout, même si c'était difficile en club, je pense, comme beaucoup de mes coéquipiers, avoir contribué, surtout en fin de saison, au maintien de l'Usap". Encore fallait-il ne pas céder à l'amertume...

Un privilège à assumer
De la galère à Perpignan, contraint de lutter pied à pied pour le maintien, à la perte de ses galons en équipe de France, Mermoz aurait pu ruer dans les brancards, réclamé la reconnaissance due à son rang de vice-champion du monde et des comptes au nouveau staff des Bleus. Son profil bas, sans nier pour autant sa déception légitime, parle pour lui. "Parce que la vérité est sur le terrain et les managers-sélectionneurs ont leur rôle, plaide-t-il. Nous, en tant que joueurs, ce n'est pas de se soucier ou d'expliquer les raisons, mais plutôt de ne pas avoir de regrets et de prendre du plaisir. Il est évident que de ne pas faire partie des choix n°1, ça peut être arbitraire. On peut parfois séduire un type de coach et pas d'autres... Moi, je n'ai jamais changé ma façon de jouer et de m'entraîner. Cette tournée prouve une fois encore que la roue tourne très vite. Depuis Epinal et mes débuts au rugby dans les Vosges, je n'ai jamais perdu de vue cette instabilité de statut qu'on peut prendre dans le sport de haut niveau, à savoir être tout en haut et des fois, pour rien ou en tout cas pas grand-chose, aussi vite redescendre. Je reste prudent de ce point de vue". Prudent, mais toujours habité de la même ambition pour les Bleus qui, d'un sélectionneur à l'autre, conservent, selon lui, le même privilège: "Ils ne sont pas là pour révolutionner le jeu, commente-t-il à l'adresse de PSA et de son staff. On voit bien que ce soit en club ou en équipe nationale, tout le monde adopte plus ou moins les mêmes principes de jeu. C'est une forme de discours chez les coachs qui diffère, mais sur le terrain, ce sont les joueurs qui sont décideurs". Un privilège à assumer.

Une saison à dévorer
De l'Argentine à Toulon, Mermoz, même s'il a bien mérité ses vacances, comme chacun des internationaux mondialistes, a trouvé toutes les raisons d'aborder avec appétit et impatience sa nouvelle carrière toulonnaise. A commencer par ce test de Tucuman joué de concert par le premier centre avec un ouvreur nommé Frédéric Michalak. Et l'évidence d'une complicité qui confirme chez ces deux-là, élevés au biberon toulousain, la même ADN dans le jeu. "C'est un joueur qui peut peser sur un match par ses qualités intrinsèques, qui se met au service du collectif, a pu apprécier Mermoz. Et moi, évoluant à ses côtés, ça me laisse espérer beaucoup de liberté et de prise d'initiatives, d'où mon impatience de le voir arriver sur Toulon. Même si je sais aussi qu'il y a beaucoup de très bons numéros dix entre Jonny Wilkinson, qui est un grand Monsieur, et Matt Giteau, qui est extrêmement doué". En bleu comme en rouge et noir, Mermoz espère être cette fois gâté.

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