Propos recueillis par Sylvain LABBE le 24 août 2012 à 18h17

Ouedraogo: "Je ne suis pas résigné"

Top 14

Pour Ouedraogo, le groupe montpelliérain n'est ''collectivement pas prêt''. (Maxppp)

Ouedraogo: "Je ne suis pas résigné"

Faute de ne pouvoir encore compter sur l'ensemble de leurs forces, ni avoir pu goûter à la moindre victoire en préparation comme lors de leur ouverture du Top 14 ratée à Paris, les Montpelliérains de Fulgence Ouédraogo attendent toujours de lancer leur saison. La venue de Clermont samedi, à Yves-du-Manoir, n'est pas franchement de nature à rassurer, mais le capitaine héraultais veut croire à la capacité de mobilisation de ses coéquipiers.

Fulgence, vous entendre dire à l'issue de la défaite face au Stade Français: "On n'arrive pas à sentir le début d'une histoire", est tout sauf anodin. C'est si grave que ça ?
Non, ce n'est pas si grave. On ne va jouer que le deuxième match de la saison. Ce n'est pas dur, mais il ne faut surtout pas laisser les choses aller dans ce sens-là ; il faut une réaction le plus tôt possible parce que c'est mon ressenti : on ne joue pas en équipe pour le moment. Il ne s'agit pas de dire qu'il y la crise dans le club ou je ne sais quoi... Mais c'est juste dire que pour l'instant, on n'est pas prêt, on ne joue pas bien et surtout on ne se sent pas que collectivement, on est prêt à faire quelque chose.

Ne sentez-vous pas le groupe dans la crainte de revivre un début de saison aussi éprouvant que celui vécu la saison dernière durant la Coupe du monde ?
Je ne pense pas. Je le répète: on n'a jamais joué qu'une seule journée et peut-être nous manque-t-il encore des repères et ce fameux match référence pour pouvoir se lancer. Ça peut ensuite aller très vite et c'est tout ce que je souhaite à l'équipe.

Le seul fait de ne pas avoir encore goûté la victoire en deux matches de préparation et encore lors de cette ouverture à Paris ne pèse-t-elle pas sur la confiance du groupe ?
Quand on est compétiteur, on a envie de gagner des matches et d'être performant, c'est l'évidence. Mais il ne fait pas s'affoler. Nos débuts de saison sont compliqués, il faut savoir que seule la moitié du groupe a vécu une présaison, disons, normale. Le reste du groupe est arrivé plus tard, nous, qui sommes partis en tournée avec François (Trinh-Duc), on a repris plus tard. Face au Stade Français, je ne jouais jamais que mon deuxième match de la saison. A chaque fois, on a une préparation qui est tronquée et donc d'autant plus difficile. J'ai bon espoir qu'au fur et à mesure de la saison, on montre notre véritable niveau, mais pour le moment, on n'est pas performant. C'est le constat qu'on fait.

"Pour l'instant, on ne peut pas parler de jeu..."

Se remettre dans l'obligation de réussir une remontée aussi homérique que celle que vous aviez réalisé la saison dernière, c'est la dernière chose souhaitable...
Bien sûr. Le niveau de ce championnat a encore haussé d'un ton cette année et si on avait le malheur de connaître un début de saison aussi compliqué que l'an dernier, ce serait pour nous quasiment impossible de réintégrer les six premiers par la suite.

Vous avez évoqué le besoin de se rassurer face à Clermont, qui n'est pas franchement le client idéal pour ça...
Non, c'est bien, c'est un gros match et c'est justement dans les grands matches que l'équipe a besoin de se ressouder, de se resserrer pour faire face à ce genre d'opposition qu'est Clermont, qui vient nous défier chez nous. Ça peut au contraire être positif.

Le maître-mot de cette première journée de Top 14 a été "pragmatisme", comme celui dont les grosses écuries, malgré le contexte, ont su faire preuve pour s'imposer. C'est là où vous péchez encore ?
On voit que les équipes ne maîtrisent pas leur jeu à 100% ; c'est sans doute la conséquence directe de ce championnat où l'on dispose de si peu de temps pour se préparer et se mettre en route. Les premiers matches sont compliqués, chaque point coûte très cher et je ne parle pas là des enjeux tellement énormes que l'on sait.

Faire simple, comme ont su le faire Clermont, le Racing ou encore Toulon pour s'imposer lors de cette ouverture : n'es-ce pas le moment pour "réduire la voilure" ou bien au contraire rester fidèle à ce qui a fait votre force ?
Pour l'instant, on ne peut pas parler de jeu parce qu'on n'a tout simplement pas été bon sur les basiques. Notre jeu, on n'a tout bonnement pas pu le mettre en place ; il faut déjà se retrouver sur l'envie, les bases du rugby et après notre jeu reviendra naturellement.

Le capitaine que vous êtes est-il inquiet ?
Non, ce n'est pas de l'inquiétude. On fait le constat des choses comme elles sont: on ne joue pas bien. Je ne suis pas résigné, bien au contraire, ça me donne envie de continuer à travailler pour progresser avec l'ensemble de mon équipe.

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