Propos recueillis par Rémy Souza le 5 juin 2012 à 20h01

Palisson, d'une finale à l'autre

Top 14

Alexis Palisson rêve de soulever le Bouclier de Brennus. (Maxppp)

Palisson, d'une finale à l'autre

D'Auckland au Stade de France, la saison 2011-2012 d'Alexis Palisson a été riche en émotions. De la finale de la Coupe du monde, perdue avec les Bleus, à celle de Top 14, qui se profile samedi face à Toulouse, en passant par son arrivée au Rugby Club Toulonnais, l'ailier international âgé de 24 ans évoque les temps forts d'un exercice que l'ancien Briviste espère conclure en apothéose. Et succéder ainsi à son père au palmarès.

Palisson... de Toulon
(Top 14, 11e journée: Castres-Toulon (22-22), le 26 novembre 2011, premier match en championnat sous le maillot rouge et noir)
De retour de la Coupe du monde un mois plus tôt, le néo-Toulonnais, s'il a étrennée ses nouvelles couleurs dans l'anonymat d'un déplacement en Roumanie, puis face au LOU dans le cadre du Challenge Européen, fait ses grands débuts en Top 14 à Castres. "C'est la première fois que je changeais de club, je suis arrivé en cours de saison et ce n'était pas facile, avoue le vice-champion du monde. Ça a été dur, je n'étais jamais parti de Brive, j'ai découvert le rugby professionnel à Brive et j'étais un peu anxieux de m'éloigner de mes bases. Mais j'ai été accueilli à bras ouverts, mon adaptation s'est faite naturellement. J'ai l'impression de faire partie de l'équipe depuis le début. Mon premier match, à Castres, est une satisfaction avec un bon résultat (22-22) à la clé face à une équipe qui sera futur barragiste".

Palisson... de Brive
(Top 14, 22e journée: Brive-Toulon (14-9), le 31 mars 2012, premier retour à Brive sous un autre maillot)
Enfant du CAB, Palisson revient pour la première fois au pays et fait son entrée en jeu à un quart d'heure du coup de sifflet final d'une rencontre remportée par les Brivistes. Un succès qui n'empêchera pas les Coujoux d'être relégués. "J'avais demandé à ne pas être sur la feuille car Brive était dans une situation difficile et je ne voulais pas non plus être celui qui fait tomber le club qui m'a donné ma chance. Ça a été mitigé, mais une fois entré sur le terrain, je n'avais qu'une seule envie: gagner. C'était difficile, Brive jouait son maintien, j'avais les objectifs de mon équipe qui était de se qualifier pour les phases finales et de marquer un maximum de points, notamment à Brive, et en même temps, je n'avais pas envie que Brive soit en Pro D2, même si après, malgré leur victoire ce jour-là (14-9 le 31 mars), ils sont descendus".

Palisson... l'Européen
(Challenge, Quart de finale: Toulon-Harlequins (37-8), le 6 avril 2012, premier match de phase finale)
Alors qu'il n'avait jamais passé le cap des quarts de finale avec Brive -quatre défaites à ce stade de la compétition- dans une épreuve qui, en Corrèze, n'a évidemment jamais figuré parmi les objectifs déclarés, Palisson participe face au futur Champion d'Angleterre au feu d'artifice toulonnais. A Mayol, le RCT passe 3 essais aux Londoniens et prend un peu plus conscience de son potentiel: "Un aboutissement, vraiment, ce jour-là, tout nous a réussis. Tout ce qu'on a voulu mettre en place sur le terrain s'est bien passé".

Palisson... face à Toulouse
(Top 14, 25e journée: Toulon-Toulouse (25-22), le 5 mai 2012, victoire synonyme de barrage à domicile)
La marche en avant des Toulonnais se poursuit avec ce succès lourd de sens face aux champions de France toulousains. Loin de la correction reçue à l'aller (33-12), Palisson et ses coéquipiers parviennent à dominer Dusautoir et les siens grâce à une seconde période d'enfer et... un troisième essai cette saison pour l'ailier international. "On est mené à la mi-temps et puis on arrive à bien gérer cette seconde période, et à gagner contre ces Toulousains qui étaient venus pour faire un bon résultat. Ça nous a pas mal rassurés dans l'optique des phases finales".

"Je suis épanoui, mais il me manque le Graal, le titre"

Palisson... en finale
(Challenge, Finale: Biarritz-Toulon (21-18), le 18 mai 2012, deuxième défaite du RCT en trois ans en finale de la compétition)
Pour sa première finale en club, Palisson vit, à l'image de sa nouvelle équipe, une vraie désillusion. "On ne s'est pas adapté aux conditions concède-t-il. On n'a pas joué, on n'a pas tenu les ficelles pour pouvoir prétendre à gagner ce match. C'était une déception car ça faisait partie des objectifs qu'on s'était fixé entre joueurs donc on était vraiment déçus et ça marquait un coup d'arrêt pour le match de barrage qui suivait".

Palisson... vers le Brennus
(Top 14, Finale: Toulouse-Toulon, le 9 juin 2012, première finale de championnat)
A 24 ans, Palisson s'apprête à disputer sa première finale de championnat, la troisième de cette saison exceptionnelle. "Je l'aborde sans pression. J'ai très envie de gagner. C'est ma troisième finale de la saison et j'en ai déjà perdu deux. J'en ai perdu une autre en Espoirs et à chaque fois que j'ai joué une finale, je l'ai perdue. J'espère que cette fois sera la bonne. Je ne suis pas superstitieux, j'espère qu'on va faire le meilleur match possible tout en sachant qu'il y a un gros morceau à faire tomber. Il va falloir tout donner pour espérer arracher le Bouclier".

"Toulouse, c'est la régularité, les titres, lâche-t-il, avant de se souvenir: Mon père y a joué et a été champion de France (*), ça représente beaucoup de choses. De notre côté, on a pu ressentir la ferveur après notre victoire en demi-finale (15-12 contre Clermont), les gens sont fous, ils attendent ça avec impatience et on espère vraiment leur offrir ce cadeau car ils ont été incroyables tout au long de la saison. C'est aussi pour ça que je suis venu à Toulon, pour ce public extraordinaire. Avec deux finales, le bilan est en tout cas déjà positif. Je suis épanoui, mais il me manque le Graal, le titre. Je rêve d'être champion de France depuis tout petit, j'ai grandi avec les souvenirs de papa depuis tout petit, avec une vitrine remplie de souvenirs de rugby, dont le Bouclier de 1986. J'aimerais égaler mon père".

(*) Didier Palisson a été champion de France en 1986, tout en n'étant pas entré en jeu lors de la finale remportée face à Agen (16-6), avec le Stade toulousain au poste de trois-quarts centre. Il formait une brillante ligne d'attaque avec Éric Bonneval et un certain... Guy Novès.

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