Publié par Laurent Duyck le 19 septembre 2012 à 17h19

Poite: "On travaille à plus de justesse"

Top 14

Romain Poite, ici au sifflet lors de la dernière Coupe du monde, pense que les joueurs du Top 14 vont s'habituer à l'arbitrage plus sévère des mêlées. (Reuters)

Poite: "On travaille à plus de justesse"

Sur le pont lors des deux premières journées de championnat, Romain Poite s’est exilé trois semaines en Nouvelle-Zélande, le temps de prendre le pouls du Four Nations. Au sifflet lors du match entre la Nouvelle-Zélande et l’Argentine, puis sur la touche à l’occasion de la rencontre entre les Blacks et l’Afrique du Sud, l’arbitre international a gardé un œil attentif sur le Top 14.

Est-ce plus facile d’arbitrer dans le Sud qu’au Nord ?
Malheureusement, les anciennes règles étaient encore de mise sur le Four Nations, puisqu’ils étaient dans la continuité du Super 15. Donc on n’a pas pu tester les nouvelles règles et on n’a pas vraiment de comparatif sur l’acceptation des nouvelles règles entre le Nord et le Sud. Mais après avoir eu l’occasion de pratiquer ces nouvelles règles dans le Nord, il y a quelques comportements qui changent, notamment derrière les mêlées spontanées où le ballon doit être joué plus rapidement. Au niveau des mêlées, on n’a pas eu trop de problèmes lors du Four Nations mais les trois commandements facilitent peut-être un peu plus la mise en place de la mêlée et pour nous l’observation des engagements.

Vous avez sanctionné à plusieurs reprises la mêlée néo-zélandaise en fin de match contre les Pumas au point que Richie McCaw semble s’en être plaint auprès de vous. Qu’en est-il réellement ?
Non. Il est venu à la fin seulement pour me demander s’il n’y avait pas essai de pénalité sur une phase de jeu. Je n’ai pas eu de reproche particulier sur la mêlée. Il y a eu trois bras cassés et une pénalité contre eux donc les Blacks n’ont pas été plus sanctionnés que d’autres. On a été très vigilant sur les attentes de l’IRB, notamment de libérer très rapidement la zone de plaquage, les joueurs doivent faire l’effort d’en sortir. Sur les mêlées, c’est juste la continuité de ce que l’on nous demande depuis trois ans, c’est-à-dire d’être vigilants sur les comportements négatifs. Mais pour conclure, je n’ai pas eu de retour de la Nouvelle-Zélande, ni de reproches directs, même s’il doit certainement y en avoir…

Avez-vous gardé, depuis la Nouvelle-Zélande, un œil sur le Top 14 et les critiques formulées par les joueurs sur les nouveaux commandements, jugés incompréhensibles ?
Oui, d’autant que j’ai arbitré lors des deux premières journées. On a une ligne directrice qui a été imposée à juste titre par Didier Mené et Franck Maciello, nos dirigeants. Et on se rend compte qu’après quelques journées, les mentalités peuvent changer… On ne légitime rien, on ne veut pas se retrouver sur le devant de la scène par nos décisions, mais, sincèrement, la décadence qui s’était installée depuis quelques saisons - que ce soient de la faute des joueurs et des arbitres puisque nous avions tendance à vouloir être trop sûrs de nos décisions pour les prendre – exigeait de notre part que l’on soit plus restrictifs. Des échos que j’ai entendus lors des dernières journées, la vision sur l’arbitrage a un peu changé…

"Je suis déjà reformaté pour le Top 14"

Finalement, le temps est votre meilleur allié ?
Oui. Notre erreur a été de ne pas nous positionner plus tôt dans le temps. A essayer de trop comprendre, on a perdu du temps. Résultat, les joueurs en ont eux aussi perdu dans leur travail. Mais il fallait à un moment donné que quelque chose soit fait pour ne pas retomber dans ce que l’on a vu la saison dernière, surtout en phase finale, où on s’est rendu compte que la mêlée était vraiment une perte de temps, à force de les refaire indéfiniment. Aujourd’hui, les joueurs savent qu’ils se mettent en danger si la mêlée n’est pas correcte. Je ne veux pas m’avancer et dire qu’on a contribué à changer le comportement des joueurs, parce que ce n’est pas à nous de le faire. Mais de notre côté on travaille à plus de justesse au niveau de notre arbitrage, parce que ça nous a été reproché au niveau international par les personnes qui nous supervisent. L’IRB demande une cohérence, des championnats domestiques au plus haut niveau, comme une Coupe du monde.

Cela veut-il dire que les équipes du Top 14 seront arbitrées de la même manière en H Cup ?
Oui, parce que c’est la volonté de l’IRB depuis plusieurs saisons désormais. Mais il faut savoir que plus le niveau est élevé et plus la discipline s’élève aussi !

Etes-vous sensible au fait d’être sollicité par les équipes pour expliquer votre travail lors d’entraînements ?
Ça se fait depuis trois-quatre ans. Ça a commencé lors de l’instauration de nouvelles règles, déjà, après la Coupe du monde 2007. Les clubs nous sollicitent chaque année à l’intersaison pour travailler en amont plutôt que de travailler dans la douleur. Avant de partir dans le Sud, je suis passé par deux ou trois clubs, ça ne me pose aucun problème. Et je repasserais par d’autres clubs sans problème dans la saison. Ça atténue les frustrations dans les relations et on met les choses à plat sereinement. Les joueurs et les entraîneurs savent que nous nous tiendrons au chemin pris. Et pour nous, le travail fait lors de ces séances et un travail que l’on n’a plus à faire sur le terrain.

Appréhendez-vous votre retour samedi sur les terrains de Top 14 à l’occasion du match entre le Stade Français et Perpignan ?
Non. J’avais plus peur dans l’autre sens, à savoir d’appliquer les nouvelles règles puis de devoir revenir aux anciennes dans le Sud. Heureusement, ça ne s’est pas trop mal passé. Après, j’ai énormément de plaisir à arbitrer en Top 14. Et j n’ai pas d’inquiétude, d’autant que le Four Nations n’aura été qu’un court épisode, ce n’est pas comme si j’étais parti pour six mois. Je suis déjà reformaté pour le Top 14.

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