Propos recueillis par Sylvain LABBE le 19 août 2012 à 12h30

Pool-Jones: "Tutoyer les plus forts"

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Pool-Jones a retrouvé Galthié à Charléty. (Maxppp)

Pool-Jones: "Tutoyer les plus forts"

Heureux le Stade Français qui, loin de sa dernière saison galère, a su ouvrir samedi, à Charléty, sa saison par un succès (32-16) sur Montpellier. Une première encore perfectible, mais qui valide, selon le voeu de son Directeur sportif, Richard Pool-Jones, une tournée en Argentine, où un groupe et un collectif se sont forgés.

Richard, dans quelle mesure cette tournée inédite en Argentine s'est-elle avérée décisive dans la cohésion de l'équipe avant ce coup d'envoi victorieux du championnat ?
C'était une expérience privilégiée que de pouvoir se confronter deux fois à une équipe internationale comme les Pumas qui, en plus, est une formation qui nous ressemble. Il y a beaucoup de liens entre l'Argentine et le Stade Français Paris. Vraiment une expérience formidable ! Surtout avec une victoire (25-21) et même un deuxième match qui, malgré la défaite (31-17), nous a satisfaits par son contenu. Même s'il reste bien des choses à faire, ce n'est que le début de la saison, mais nous sommes très contents de l'état d'esprit, qui se dégage sur le terrain et en dehors. Il fallait valider cette préparation privilégiée.

Après deux défaites initiales en préparation, cette tournée vous a conforté dans vos options ?
Ce qui m'a plu, c'est surtout l'engagement physique des joueurs. On a accompli des progrès en défense, un secteur dans lequel on a établi un rendement minimal. Nous avons vu que les joueurs vivaient bien ensemble, malgré une importante concurrence au sein du squad. Déjà la sélection de l'équipe cette semaine n'était pas une mince affaire, c'est bon signe pour tout le monde.

"Une ADN qui est porteuse de la culture de la gagne"

Pour relancer le Stade Français, fallait-il tirer un trait définitif sur l'ère Cheika ?
Je pense qu'on parle d'un nouveau départ parce qu'il y a eu un changement au sein du staff sportif, mais il y a finalement beaucoup plus de continuité parce que ce sont les joueurs qui comptent. Le grand changement au sein de l'effectif a été vécu il y a un an, un an de vécu supplémentaire. Des joueurs anglo-saxons trouvent leur place au club, il y a une intégration naturelle avec les joueurs du cru. Nous espérons que ça va porter ses fruits. On peut s'en apercevoir déjà en dehors du terrain, mais il ne sert à rien d'avoir une belle vie de groupe si les résultats et les contenus ne suivent pas sur le terrain.

Quelle a été votre philosophie à l'heure d'établir le recrutement ?
Dans un premier temps, rajeunir. Choisi d'abord les hommes avant les joueurs, les hommes capables de s'épanouir à Paris, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde. Je dirai « équilibré ». A l'image de notre jeune Fidjien, Waisea Vuidravuwalu, qui possède des qualités physiques intéressantes et a réussi une intégration très facile, adopté par des Attoub et autre Papé. Finalement, on a beaucoup de joueurs dont on se dit qu'en travaillant dans les meilleures conditions peuvent monter en performance. Un joueur comme Paul Warwick, qui était en dessous de son potentiel la saison dernière et qu'on voit en confiance (l'Australien était titulaire à l'ouverture face à Montpellier, ndlr).

On évoque beaucoup l'ADN retrouvée du staff français avec les retours de David Auradou ou de Diego Dominguez...
Le président a choisi, je pense, ce staff effectivement pour faire un petit rappel de cette ADN du club, une ADN qui est porteuse de la culture de la gagne. Mais il ne faut surtout pas exagérer le rôle de l'encadrement sportif. Nous sommes là pour encadrer, les acteurs sont les joueurs, c'est leur affaire et si on réussit, ce sera parce qu'ils se sont impliqués dans notre projet. S'il y a échec, il y aura au moins une partie de leur responsabilité engagée aussi. Nous sommes très lucides par rapport à ça.

Cette image de la bande de joyeux copains réunis de nouveau pour appliquer les recettes gagnantes du passé ne vous agace-t-elle pas un peu ?
Objectivement, je ne sais pas comment font les staffs pour travailler sans être copains parce que c'est intense. Nous vivons ensemble, on se voit beaucoup plus que nos femmes respectives ne nous voient. Si nous n'étions pas des copains, ce serait difficile. Il y a toujours des bas, mais il y a aussi des éclats de rire dix fois par jour. C'est agréable, je ne sais pas si ça veut dire que nous allons être performants, ou pas. Mais sans humour, pour moi, ce ne serait pas envisageable.

"L'objectif, ce n'est pas l'année prochaine, c'est cette année"

Avec la perspective de l'entrée dans le nouveau Jean-Bouin la nécessité d'une qualification européenne et en phase finale s'impose d'autant plus ?
Le président a établi les objectifs, c'est effectivement figurer parmi les six premiers du classement et jouer les phases finales. Dans l'optique du nouveau Jean-Bouin, évidemment, ça fait partie des paramètres. C'est naturel, imaginez, on passe pour la plupart d'entre nous devant tous les jours. Nous sommes aussi privilégiés de pouvoir jouer à Charléty cette année. L'objectif, ce n'est pas l'année prochaine, c'est cette année, ne l'oublions pas.

L'incapacité de l'équipe à se montrer performante à l'extérieur la saison dernière a-t-elle donné lieu à un travail ou un discours particulier afin de résoudre cette difficulté ?
Mis à part les matches contre Toulouse et Perpignan, les performances à l'extérieur étaient particulièrement décevantes et nous l'avons fait savoir très clairement aux joueurs. Mais eux-mêmes ont la volonté de changer la donner dans ce domaine. (Catégorique) En tout cas, il est hors de question de revenir chaque fois à Orly-Ouest avec un excès de bagages...

A quoi ressemblerait une saison réussie pour le Stade Français ?
Le Stade Français Paris doit retrouver sa place. La place du Stade Français Paris, ce n'est pas au milieu du tableau, c'est de tutoyer et même mettre à terre les plus forts. Voilà la mission qu'on se donne, je n'en connais pas le timing, mais il ne faut pas avoir d'autres missions que celle-là.

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