Publié par Laurent Duyck le 28 juin 2012 à 14h56

Savare: "Une histoire qui redémarre"

Top 14

Thomas Savare prend ses aises dans son costume de président du Stade Français. (Maxppp)

Savare: "Une histoire qui redémarre"

Un an après avoir sauvé le Stade Français de la faillite, quitte à prendre la place de l’emblématique Max Guazzini, Thomas Savare a pris ses responsabilités en se séparant de Michael Cheika pour confier les clés du secteur sportif à Richard Pool-Jones. Le président du club de la capitale revient sur cette décision et se montre confiant dans les compétences du nouveau staff.

Quel bilan faites-vous de la saison dernière ?
Si je dresse un bilan, il y a un an jour pour jour, on était un peu dans le flou. D’ailleurs, on n’avait pas fixé d’objectif sportif en début de saison dernière. Beaucoup de nouveaux joueurs étaient arrivés, avec un recrutement fait à la hâte entre le 15 mai et le 15 juin. Très franchement, on ne savait pas vraiment où on allait, du moins d’un point de vue sportif. On a fait une saison : pas mal jusqu’en octobre, deux très bons mois en novembre et décembre, puis plus difficile en fin de saison, avec un groupe qui se construisait, avec un jeu quand même séduisant, en particulier sur les matches à domicile et plus de difficultés à l’extérieur. Mais on sentait un potentiel et des talents très forts qui s’exprimaient dans cette équipe.

Qu’est-ce qui n’a pas marché avec Michael Cheika ?
C’est difficile à dire et d’ailleurs, je n’ai pas envie de pointer du doigt une seule personne. Il y a des choses qui n’ont pas fonctionné la saison dernière, en particulier la défense. Peut-être que les membres du staff ne partageaient pas la même vision du jeu, peut-être y avaient-ils des dissensions… Les choses se sont enchaînées, le doute s’est installé… J’ai beaucoup de respect pour Michael qui est un grand entraîneur, on ne gagne pas la H Cup par hasard. Il se trouve que ça n’a pas fonctionné comme cela aurait dû avec ce groupe. Mais je n’ai pas l’intention de lui jeter la pierre.

Le vestiaire a eu raison dans cette histoire ?
Non, on ne peut pas dire. J’ai souhaité donner à Michael toutes les chances possibles, j’ai souhaité renforcer son autorité en le confirmant en tant que manager sportif toute la saison. Mais cette saison s’est terminée par une énorme déception, notamment ce match contre le Racing (25e journée, défaite 13-19). Sur ce match, on ne se qualifie pas. Et donc le constat de l’année est négatif.

"La décision la plus importante et la plus difficile pour un président" 

N’y a-t-il pas un risque à nommer Richard Pool-Jones directeur sportif et à l’entourer de Christophe Laussucq et David Auradou pour former finalement ce qui ressemble fort à un staff de copains ?
Des risques, on en prend toujours. J’ai souhaité repartir avec un staff d’anciens joueurs, des hommes qui avaient joué et gagné des titres ensemble au sein de ce club. C’est un club atypique, faire une équipe de Top 14 à Paris, ce n’est pas pareil que dans le sud-ouest. Il y a un état d’esprit qui est très spécial. Et puis, il y a cette exigence du haut niveau pour gagner des titres. Ces trois personnes l’ont fait, ils savent ce qu’il faut pour arriver à ce niveau-là. Evidemment, il y a un risque. Mais je leur fais une confiance totale pour arriver à donner ce supplément d’âme qui a manqué probablement à l’équipe la saison dernière grâce à leur rigueur, leur professionnalisme, dont ils ont fait la preuve en tant que joueurs et qu’ils démontreront en tant qu’entraîneurs.

Beaucoup de noms ont circulé pour prendre la succession de Mario Ledesma. Est-ce si difficile de trouver un entraîneur au Stade Français ?
C’est probablement la décision la plus importante et la plus difficile pour un président, en particulier pour un président qui débarque dans ce monde du rugby. Je me suis laissé le temps de consulter un certain nombre de gens et d’en rencontrer d’autres. Des noms sont sortis dans la presse… Il y a en à qui j’ai effectivement parlé, d’autres pas. Mais la réalité, c’est qu’il n’y a eu qu’une seule offre proposée pour reprendre le management sportif de l’équipe et elle était adressée à Richard (Pool-Jones). Mais c’est vrai que j’ai voulu prendre le temps de la réflexion, de la discussion, de la consultation avant de prendre cette décision fondamentale pour l’équipe.

La pression est-elle plus importante pour vous aujourd’hui après avoir nommé votre premier staff ?
Oui… Cela dit, j’ai senti de la pression déjà la saison dernière. Mais c’est vrai que la pression est plus importante puisque ma responsabilité est plus directe vu que j’ai choisi ce staff. Mais je n’ai pas de problème à assumer ces responsabilités, sinon je ne serai pas là aujourd’hui.

Le Stade Français a-t-il tourné une page de son histoire ?
Le Stade Français n’oublie rien de son passé. Et il est fidèle à ses valeurs. Maintenant, c’est effectivement une nouvelle histoire qui se met en route, une nouvelle dynamique. On est en reconstruction. C’est une histoire qui redémarre avec ce nouveau staff. C’est important de se dire que, nous, tous ensemble, sommes en train d’écrire une nouvelle page de l’histoire du Stade Français.

Une nouvelle ère avec un nouveau stade Jean-Bouin. Un nouveau modèle économique se dessine également pour le Stade Français ?
Malheureusement, c’est l’an -1 du nouveau modèle économique, l’an 0, ce sera la saison prochaine, même si on espère faire une délocalisation de plus à Jean-Bouin en fin de saison, ce qui ne dépend pas que de nous... Mais l’arrivée de Jean-Bouin, un superbe outil, c’est la mise en place d’un nouveau modèle économique que j’espère vertueux pour le club.

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