Propos recueillis par Sylvain LABBE le 10 août 2012 à 15h40

Sella: "En un mot: grandir"

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Seize ans après, Philippe Sella retrouve son club de toujours dans la peau du Directeur sportif. (Maxppp)

Sella: "En un mot: grandir"

Il fallait à Agen au moins un « Super héros » pour surmonter le choc du départ du duo Lanta-Deylaud. Seize ans après son départ, Philippe Sella, icône du SUA, revient au chevet de son club de toujours dans un costume de directeur sportif taillé à sa mesure. Un renfort de poids qui doit permettre à terme aux Lot-et-Garonnais de prendre une nouvelle dimension.

Philippe, on vous a beaucoup entendu depuis votre prise de fonctions sur l'exigence de comportement qui est la votre auprès de vos joueurs. Une priorité pour vous ?
Il y a, c'est vrai, ce désir d'amener de la qualité au plus vite, de tendre vers le meilleur pour que le joueur puisse s'exprimer, progresser et in fine se régaler. Ça fait partie des bases pour un sportif de haut niveau, et par extension pour un homme, dans la quête de la performance, même s'il existe plusieurs aspects. Que ce soit les domaines technique, tactique, de la préparation physique ou mentale, la dimension de la relation humaine est fondamentale pour permettre de créer les conditions dans lesquelles des joueurs ont envie de jouer ensemble, des joueurs solidaires entre eux ; d'où la nécessité de joueurs irréprochables. C'est de la communication, qu'elle soit verbale ou non, c'est du soutien, c'est du respect, c'est de la disponibilité, de la solidarité, je le disais, de l'abnégation, de l'exigence et de l'esprit. Autant de valeurs qui permettent de franchir des paliers, en un mot grandir.

On vous imagine très attentif à la construction de la relation entre un nouveau staff et un groupe habitué à certains repères. Une période et une alchimie essentielles là aussi...
Tout va vite, les semaines passent très vite. Il y a tellement de choses à voir qu'elles ne sont pas épuisées. D'où la nécessité de définir des priorités. L'important est d'être clair dans tout ce qu'on entreprend. Et surtout de vivre pleinement pour la réussite du joueur et de l'équipe, donc du club. Ce n'est pas une réussite personnelle qui doit être recherchée. Le lien, le regard, la relation sont importants.

"C'est véritablement un coup de coeur..."

La fin de cycle plutôt heurtée vécue la saison dernière ne vous oblige-t-elle pas à une vigilance accrue ? Notamment dans la gestion de l'héritage Lanta-Deylaud...
Dans tous les clubs des pages se remplissent. De belles pages l'ont été précédemment à Agen. Mais l'histoire du club continue avec de nouvelles pages à écrire. L'évolution est permanente. On tient forcément compte de ce qui a été accompli auparavant, notamment dans cette relation avec les joueurs, de ce qu'ils ont en eux, de ce qu'ils ont apprécié, de ce qu'ils souhaitent mettre en avant, de ce qu'ils ressentent de bon. C'est évoluer tout en sachant se servir de ce qui marche, continuer avec ses choix et ses méthodes, à travers le changement des hommes, propres aux caractères et aux convictions de chacun.

Pour le dire un peu vite, il n'est surtout pas question d'arriver à Agen et d'y faire la révolution ?
Ce qu'il faut savoir, c'est sur les bases existantes, faire évoluer les choses de façon permanente, sans quoi on revient en arrière. L'évolution du stade Armandie est importante et a pour but de permettre les conditions de proximité et de communication dans le travail et l'entraînement des joueurs au quotidien. Avec le staff, je reste à l'écoute et des investissements parfois nécessitent d'être plus lourds pour évoluer et professionnaliser, se donner les moyens. Ce n'est pas suffisant, mais c'est un passage obligé pour in fine se recentrer sur le sportif et sur les joueurs.

Quelles conditions pour mener ce travail de longue haleine vous ont semblé réunies pour que vous acceptiez enfin de faire ce grand retour dans votre club de toujours ?
(il soupire) C'est arrivé tellement vite... C'est véritablement un coup de coeur et de se dire après tout: « Pourquoi pas ? » Et puis cet honneur qu'on me faisait de me proposer cette implication. Derrière, il y avait les conditions assurées, ou à régler, dans les engagements professionnelles (l'ancien international garde la charge des relations publiques de son entreprise et de son association « Les Enfants de l'ovale », ndlr) que j'ai par ailleurs, qui permettaient de prendre de la disponibilité pour être engagé dans le club sans hypothéquer quoi que ce soit de ce qui a été construit jusque-là. L'aventure avec Canal+ a été belle et longue, ça fait quelque chose d'arrêter une si belle aventure, mais on ne peut pas être dans les deux camps.

Est-ce que durant toutes ces années au cours desquelles votre retour a été régulièrement évoqué au SUA vous avez pu considérer que votre aura pouvait plus être un frein qu'un atout pour votre club de toujours ?
Il y a eu des contacts, des sollicitations, mais je ne me suis jamais posé la question dans ces termes. Handicap ou atout... J'essaie de vivre pleinement les différentes aventures et c'est à l'issue de ces expériences qu'on fait le bilan. Avant cela, il faut foncer, croire en ce qu'on fait et être enthousiaste.

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