Publié par Sylvain Labbe le 30 octobre 2012 à 07h30

Servat est bluffant

Top 14

Servat à la corne face aux Parisiens. Comme au bon vieux temps pour le désormais entraîneu-joueur du Stade Toulousain.

Servat est bluffant

139 jours de retraite et William Servat a retrouvé les terrains du Top 14 samedi, au Stade de France, comme si de rien n'était... Face aux Parisiens, et malgré la défaite, le vice-champion du monde est apparu le même, ou presque. A ceci près que l'entraîneur-joueur doit assumer désormais cette double casquette.

L'inévitable surprise du chef réservée ce samedi, au Stade de France, par Guy Novès au coup d'envoi du choc des deux Stades, Français et Toulousain, avait les traits d'un William Servat, titulaire et de retour au jeu cinq mois seulement après sa retraite prise au soir de la dernière finale du Top 14. Une rentrée contrainte et forcée par les limites actuelles de l'effectif toulousain au talonnage, mais réussie pour le vice-champion du monde, apparu à son avantage durant ses 43 minutes de présence sur le terrain.

Son ancien coéquipier du XV de France et adversaire du jour, Pascal Papé, pouvait en témoigner, pas plus surpris que cela par une telle performance: "Pas du tout ! Il a arrêté il n'y a pas si longtemps... et il est encore affûté comme une lame !, appréciait le deuxième ligne. Après, on savait qu'il n'avait peut-être pas 80 minutes dans les jambes. Mais quoi qu'il en soit,"l'ancien" peut encore rendre des services (sourire)... Il y a deux jours, nous avions eu l'équipe, mais nous avions pris l'info avec des pincettes, car on connaît la roublardise des annonces d'équipes à Toulouse...Quelque part, ce qui nous importait, c'était vraiment nous." Servat de retour au jeu : l'évènement n'en reste pas moins de taille. 

Derrière les chèvres en montagne

Cette montée d'adrénaline, c'est quelque chose de jouissif pour nous, c'est quelque chose d'extraordinaire. Bien sûr, j'ai pris du plaisir, mais... (sourire), j'ai fait mon temps.

William Servat (entraîneur-joueur du Stade Toulousain)

Comme Jean-Baptiste Elissalde avant lui -le demi de mêlée, lui aussi contraint de reprendre une licence, avait disputé une minute de jeu la saison dernière, à Clermont- Servat a rechaussé les crampons pour la bonne cause. Avec le souci de dépanner un Stade Toulousain gêné aux entournures au poste de talonneur suite à la suspension de Christopher Tolofua et au forfait de Gary Botha à quelques heure du coup d'envoi : "La décision s'est prise le matin..., confiait le désormais entraîneur-joueur dans l'émission Jour de Rugby. Je n'étais pas vraiment préparé à ça, ça fait quand même quatre ou cinq mois que je ne fais quand même plus grand-chose." On peine à le croire tant ses 43 minutes sur le terrain ont bluffé, à l'image de cette charge plein fer à l'origine du deuxième essai toulousain.

Plus délicate, la prise de repères et d'automatismes avec ses anciens partenaires, et notamment ses sauteurs, était plus délicate à trouver en touche, comme sur l'une des premières de la rencontre et ce lancer perdu à l'origine du premier essai parisien. Sur laquelle l'entraîneur, promettait, une fois n'est pas coutume, l'impasse à la vidéo. Pour épargner le joueur : "Je ne vais pas la passer(rires). C'est l'annonce qui n'était pas bonne." Par-delà le clin d'oeil, c'est aussi le symbole qui aura sauté aux yeux samedi, au Stade de France, où de Servat, le revenant à 34 ans, au minot Sébastien Bézy, titulaire pour la première fois à 20 ans, Toulouse aura fait valoir autant la qualité de sa relève que la fidélité de ses anciens.

A la fois spectateur et metteur en scène de ce retour, Guy Novès avait la critique bienveillante pour son adjoint redevenu joueur : "J'espère qu'il va se remettre à courir derrière ses chèvres en montagne parce qu'il s'entretient comme ça,révélait le manager toulousain, mais je crois qu'il a dû se rendre compte au bout d'une mi-temps que courir derrière les chèvre, ce n'est pas suffisant." L'exigence encore et toujours. Même si le principal intéressé se montre comme toujours lucide sur cette nouvelle expérience : "Cette montée d'adrénaline, c'est quelque chose de jouissif pour nous, c'est quelque chose d'extraordinaire. Bien sûr, j'ai pris du plaisir, mais... (sourire), j'ai fait mon temps", ajoutait-il. Et pourtant, "La Bûche" pourrait avoir à rempiler dès jeudi face au Racing.

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