Publié par Laurent Duyck le 16 octobre 2012 à 18h43

Simon repart au front

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Serge Simon qualifie les deux ans à venir de très importantes pour le rugby pro. (Maxppp)

Simon repart au front

Président par intérim de Provale, le syndicats des joueurs professionnels de rugby, depuis le départ de Mathieu Blin, en charge aujourd'hui des avants du SU Agen, Serge Simon, l'ancien pilier de Bègles-Bordeaux ou encore du Stade Français, a été mandaté pour deux ans, avec Serge Betsen comme vice-président.

Pourquoi Serge Simon ?
Les candidats n’étaient pas légion. Outre Serge Simon, Patrice Teisseire, ancien arrière du RC toulonnais, et Serge Betsen, nouveau venu au sein du syndicat des joueurs professionnels, avaient fait acte de candidature. Le comité directeur de Provale, élu à l’issue de l’assemblée générale tenue ce lundi au Pavillon d’Armenonville en lisière du Bois de Boulogne, a préféré miser sur un homme qui, en qualité d’ancien vice-président puis de président par intérim depuis le départ de Mathieu Blin, en charge aujourd’hui des avants du SU Agen, connaissait les rouages de l’organisation. "Je prends la présidence pour laisser le temps à Serge ou à d’autres de se préparer, explique l’ancien pilier de Bordeaux-Bègles ou du Stade Français. Aujourd’hui, il n’y avait pas de candidature qui soit susceptible de donner des assurances et une stabilité de fonctionnement à la structure. Je rempile avec l’idée de donner le temps à la structure de faire naître un candidat spontané et potentiel."

Quelle feuille de route ?
"Ce sont deux années qui peuvent poser les bases du rugby professionnel des dix années à venir." Serge Simon n’élude pas l’importance de sa mission lors de son mandat. "C’est une année très importante pour les joueurs de rugby, pour une raison très simple et mécanique que sont les élections très importantes à la Fédération (FFR) et à la Ligue (LNR), rappelle le président de Provale. Il va y avoir une renégociation de la convention qui lie la Fédération et la Ligue avec des enjeux très importants dont au milieu le statut des internationaux. Ça intervient à un moment où le rugby pro doit réfléchir, sur des sujets importants que sont la santé des joueurs, les calendriers… Il va falloir porter une voix forte lors de ces négociations."

La dénonciation de la géolocalisation des joueurs
C’est l’une des croisades de Provale : la dénonciation de la géolocalisation des sportifs mise en place par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), un outil à "faire tomber les joueurs" selon le syndicat des joueurs. "On est pour la lutte antidopage mais elle doit avoir des outils justes et efficaces", insiste Serge Simon qui invite les instances à faire autant de contrôle qu’elle le désire sur les plages d’entraînements des clubs et non pas obliger chaque joueur à donner une heure de son temps libre chaque jour avec trois mois d’avance. "Ce n’est pas la peine de mettre les joueurs dans des situations vulnérables", ajoute-t-il, rappelant qu’un joueur victime d’un premier « no show » devient une cible et donc plus susceptible de rater un rendez-vous. "Tu passes de joueur cible à joueur ciblé", râle Pierre Rabadan. Pour s’être loupé, Djibril Camara et Yoann Huget ont ainsi déjà été suspendus, sanction qui a privé le second de la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande. Engagé dans une action en justice de longue date, Provale a été entendu par le Conseil d’Etat qui lui a donné raison et invité à poursuivre son action devant la cour européenne des droits de l’homme. "C'est une première victoire", se félicite son président.

Que faire sur les paris ?
Actualité oblige, les joueurs ressentaient le besoin d’être sensibilisés sur la question des paris sportifs. Quels sont les droits et devoirs des sportifs sur ce sujet ? Beaucoup de questions auxquelles Jean-François Vilotte, le président de l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), a tenté de répondre. "Il a été recommandé de ne pas parier dans notre sport ou de se méfier à qui on donnait des informations", résume Pierre Rabadan, membre élu du comité directeur. "C’est une question de bon sens", ajoute Serge Simon qui y voit le seul moyen pour ne pas se retrouver dans des situations compliqués. "On a pris la décision avec l’Arjel de se revoir pour établir une feuille de route. Cet effort de pédagogie doit être maintenu, parce que la réglementation évolue, des décrets vont paraître, ce qui est flou aujourd’hui va être précisé demain donc les risques vont être redéfinis, des délits de sincérité sportive pourraient être créés… Les joueurs ont besoin d’être informés car ce sont les premiers concernés. Aujourd’hui, la conscience du risque n’est pas à la hauteur du risque."

Pour plus de débat sur la mêlée
Des packs sans cesse pénalisés, des joueurs accusés de tricher... Les nouveaux commandements en mêlée ont eu du mal à passer, cristallisant l’incompréhension entre joueurs et arbitres. "Il y a une véritable lecture d’intentionnalité chez les arbitres, on leur a mis dans l’esprit qu’un des deux piliers allaient tricher. C’est peu commun d’en être arrivé là", regrette Serge Simon. Ouverts au dialogue, Franck Maciello, Joël Dumé, Christophe Berdos, Romain Poite et Mathieu Raynal sont venus lundi à la rencontre des joueurs lors de l’assemblée générale de Provale. "Ce qui est sorti de ce débat, c’est qu’il y a un manque de dialogue total, note son président. Aujourd’hui, et je trouve ça hallucinant, il n’y a pas de discussion entre joueurs et arbitres sur l’application des règles, le ressenti. Il y a un besoin d’échange. On va donc proposer avec Joël Dumé un outil de dialogue, qui pourrait se situer dans les clubs ou lors de rassemblements régionaux. Et j’ai senti, au-delà de la posture, qu’il y avait une vraie envie de nous comprendre. Et ils ont reconnu qu’ils avaient peut-être trop sifflé lors des trois premières journées. Je pense que notre réaction dans les médias a contribué à rétablir les choses."

Commotion cérébral : un protocole à étendre
"C’est un point important pour la sécurité des joueurs et son intégrité physique", rappelle Serge Betsen. "On a compris la nécessité de ne plus rien laisser passer, résume Serge Simon, médecin de formation. Le « KO de papa », c’est fini. Pour soi-même mais aussi pour les autres. C’est la responsabilité de l’autre de dire stop, à l’entraîneur, au médecin, quand son partenaire a un comportement bizarre après un choc. On est responsable de notre propre santé mais aussi de l’autre qui n’est pas conscient de sa vulnérabilité à ce moment-là." Ce protocole, étendu à la Pro D2, devrait bientôt être appliqué également en coupe d’Europe. "Ça reste un protocole expérimental donc ça pourrait éventuellement aller plus loin. Mais c’est déjà une très belle avancée."

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