Publié par Sylvain Labbe le 14 juin 2017 à 20h25

Sous pavillon allemand, le Stade Français vise "le top 3 européen"

Top 14

Thomas Savare a remis symboliquement les clés du Stade Français à Hans-Peter Wild. Sous l'oeil de Rucky, la mascotte du club de la capitale.

Sous pavillon allemand, le Stade Français vise "le top 3 européen"

Le milliardaire allemand Hans-Peter Wild, nouveau propriétaire du Stade Français, ne cache pas ses ambitions pour le club de la capitale. Mais les moyens pour y parvenir restent encore plutôt flous. 

Cette fois, la fusion semble bien loin… Hans-Peter Wild (75 ans), 52e fortune de Suisse avec trois milliards de dollars à la banque, a fait officiellement ce mercredi l’acquisition du Stade Français. Et, soudain, l’OPA, déguisée en fusion et tentée il y a seulement quelques semaines par le Racing 92 sur son voisin et rival, semble appartenir à une autre ère. Pour un peu, Jacky Lorenzetti, qui voyait sans doute déjà son club occuper seul le terrain du rugby francilien, après avoir avalé et digéré les soldats roses, ferait figure de nain à côté de l’investisseur allemand, à la tête d’un groupe de dimension mondiale, spécialisé dans les additifs alimentaires.

#CONF: Les premiers mots du Dr Hans-Peter Wild en français #Passation#SFParispic.twitter.com/AHEByBARAN

— Stade Français Paris (@SFParisRugby) 14 juin 2017

De l’orange sur du rose, comme la marque Capri-Sun de jus de fruits développée par Docteur Wild, comme on a coutume de l’appeler, et qu’il faut s’attendre à retrouver sur les maillots du club parisien. Un Stade Français dont Thomas Savare, en place durant six saisons avec à la clé trois finales et deux titres (*), a symboliquement remis les clés à son successeur dans un des salons du Stade Jean-Bouin.

Docteur Wild: "A mon âge, j’ai enfin le droit de m’amuser"

"Cette opportunité est arrivée au bon moment. Avant cela aurait été trop tôt, après probablement trop tard", assure le bienfaiteur aussi d’un rugby qui, outre-Rhin, n’est évidemment qu’une discipline confidentielle, mais que cet investissement doit permettre de développer à travers la mise en place de synergies autour notamment de la formation avec l’académie de rugby fondée par le groupe Wild à Heidelberg. A travers une relation présentée comme gagnant-gagnant.

"A mon âge et après ce que j'ai réussi, j’ai enfin le droit de m’amuser, avoue-t-il, avant d’ajouter: On peut le faire dans le rugby quand on a beaucoup d’argent. Je n’aurais pas pu imaginer reprendre un jour un club comme le Stade Français, un club unique, avec une forte identité et un stade superbe dans une ville, Paris, que j’ai connue il y a cinquante ans, où j'ai étudié et que j'adore comme j'adore le rugby. Mon ambition est de hisser le club dans le top 3 européen, même si la saison prochaine sera une saison de transition", reconnaît-il enfin, ajoutant comme priorité: "Je veux que l’on montre du caractère, c’est primordial dans les affaires mais aussi dans le sport".   

Les premiers mots du nouveau patron du club de la capitale, septuagénaire au teint halé et à l’élégance soignée, s’ils trahissent sans peine l’évidente ambition d’un homme, habitué aux succès dans le milieu des affaires, n’ont cependant pas permis de lever tous les doutes sur les réels moyens qui seront mis en œuvre pour permettre à un club dont l’effectif sera saigné lors de cette intersaison avec les départs de nombreux cadres (Slimani, Lakafia, Doumayrou, Bonneval, Sinzelle…).

On promet vaguement "l’équipe la plus forte au démarrage de la saison", dixit le nouveau président Hubert Patricot (58 ans), au profil lié là encore au monde des affaires en tant qu’ancien directeur de Coca-Cola Europe. Quand le nouveau directeur sportif Robert Mohr (38 ans), ancien joueur du Top 14 passé par Bourgoin (1999-2002) et La Rochelle (2005-2012), reconnaît volontiers que le temps presse pour finir de dessiner les futurs contours d’un effectif et d'un staff, où pour l'heure le Néo-Zélandais Greg Cooper, ancien adjoint de Gonzalo Quesada, promu manager, apparaît bien seul (les noms d'Olivier Azam, ex-Toulon, Lyon et Oyonnax, mais aussi Julien Dupuy et Pascal Papé, jeunes retraités, sont évoqués). "Forcément, il faut une ou deux têtes d’affiche. On a déjà avancé sur pas mal de dossiers, mais travailler dans l'urgence, ce n'est pas optimal", confirme-t-il encore en termes de recrutement. Avant de promettre d’en dire plus à la mi-juillet. "Je pense qu’on va être capable de construire une équipe très compétitive en très, très peu de temps."     

Les nouveaux hommes forts. Et un invité surprise ! #Passation#SFParispic.twitter.com/xQY1Sjfetr

— Stade Français Paris (@SFParisRugby) 14 juin 2017

Avec Hans-Peter Wild, le nouveau propriétaire du @SFParisRugby, dont le projet ambitieux va assurer l'avenir du club & du stade #JeanBouin ! pic.twitter.com/vnYdfgmwEz

— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) 14 juin 2017

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(*) Le Stade Français, sous l’ère Savare, aura remporté un Bouclier de Brennus en 2015 et disputé deux finales de Challenge Cup en 2013 et 2017, perdant la première et remportant la seconde.  

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