Publié par Krystel ROCHE le 20 septembre 2012 à 17h45

Van Niekerk: "La vie, c'est comme le rugby"

Top 14

Van Niekerk, simple soldat comblé au sein de l'armada toulonnaise. (Maxppp)

Van Niekerk: "La vie, c'est comme le rugby"

A l’image d’un RC Toulon auquel tout sourit en ce début de saison, Joe Van Niekerk ne se formalise pas de la perte du brassard de capitaine au profit de Chris Masoe. Le troisième ligne sud-africain préfère se féliciter de l’apport des nouvelles recrues, qui tirent le groupe varois toujours plus haut. 

Joe, le RCT est actuellement en mode « rouleau-compresseur ». Même si vous disposez d'un effectif très riche, et avez clairement affiché vos ambitions, est-ce une surprise pour vous que de démarrer si fort ?
Oui, un petit peu... Tout va très vite cette année. Le recrutement a été très bon, et l'intégration des nouveaux dans l'équipe s'est faite vraiment rapidement. L'équipe est très forte,notre entraîneur très strict. On sait que l'on doit donner notre maximum, et ce chaque week-end.

Malgré de nombreux départs et un gros recrutement, vous semblez vous être trouvés quasi instantanément. Comment l'expliquez-vous ?
Quand tu arrives ici, tu te dois de rester humble. Alors oui, nous avons dans l'équipe des "stars", des joueurs de classe mondiale, capables de faire des choses extraordinaires. Mais heureusement, ils font preuve de beaucoup d'humilité. C'est très important pour la cohésion du groupe, et cela a permis à la mayonnaise de prendre très rapidement. Si un mec se "prend pour un autre", ça ne peut pas marcher. Je dirais même que si tu fonctionnes comme ça, tu n'as rien à faire ici (sourire). Nous avons des joueurs excellents, certes. Mais le plus important reste l'équipe. Si tu ne joues pas pour le mec à côté, tu ne gagnes pas.

Sur le plan comptable, le bilan est presque parfait. Quel est votre point de vue sur le jeu et l'attitude ?
J'ai lu les critiques comme quoi on ne jouait pas, on n'attaquait pas... Alors que nous avons la deuxième attaque du championnat (derrière le Stade Toulousain)... Ok, ce n'est que la 6e journée, mais bon... je trouve ça un peu bizarre. Le week-end dernier, face à Montpellier, côté spectacle : c'était génial. Joueurs, spectateurs : tout le monde veut des matchs comme ça ! Qu'il y ait des essais, que Jonny Willkinson inscrive dix pénalités ou cinq, quand tu gagnes, tu gagnes. C'est le plus important. Contre Mont-de-Marsan, nous avions pris le bonus. Lorsque l'opportunité de ramener un point de bonus se présente, il faut la saisir. Mais l'objectif premier est simple : gagner.

"Nous voulons progresser, être encore meilleurs"

Avez-vous la sensation que le groupe monte en puissance de semaine en semaine ?
Montpellier est une équipe très physique, très forte elle aussi. Elle a été très bonne, ce qui nous a logiquement fait élever notre niveau de jeu. Les remplaçants entrés après la mi-temps ont également fait monter l'intensité, apporté du punch.

Le RCT a pris le large d'entrée de jeu. Si tôt dans la saison, cette première place est-elle réellement significative ? Lorsque Guy Novès déclare : "Toulon finira premier", qu'est-ce que cela vous fait ?
C'est excellent pour le moral. Mais nous sommes réalistes, et conscients qu'il ne faut en aucun cas  être trop sûrs de nous. Le Top 14 est très long... sans oublier la H Cup.

Dans ce contexte, est-il compliqué de rester concentré sur le Top 14 quand la H Cup approche à grands pas ?
Les Toulousains -qui vont loin sur les deux tableaux- sont très solides, et peuvent se targuer d'avoir des joueurs de même calibre parmi les titulaires et les remplaçants, et ce à chaque poste. Par conséquent, si l'un d'entre eux est blessé, doit se reposer ou quoi que ce soit, ils peuvent faire tourner en conservant la même efficacité, et donc continuer à gagner. Le recrutement du RCT, excellent, a été réalisé dans cette même optique.

Le niveau du championnat est de plus en plus relevé chaque année. Pensez-vous que la  hiérarchie qui se dessine dès les premières journées puisse se maintenir ?
Bonne question... mais difficile d'y répondre (sourire). Depuis que je suis là (cinq saisons), je constate que l'on voit toujours la même équipe présente en fin de saison. Mais il est vrai que le niveau est de plus en plus homogène. Pour notre part, nous souhaitons être meilleurs que l'an passé, où nous avons échoué à deux reprises en finale...

Que ressentez-vous lorsque vous entendez les observateurs considérer Toulon comme un très sérieux prétendant au titre ?
C'est génial que les gens parlent de l'équipe comme ça. Mais nous n'avons encore rien gagné. Toulouse et Clermont, si. Nous voulons progresser, être encore meilleurs. Et c'est une bonne chose : si nous n'en avions pas l'ambition, il vaudrait mieux tout arrêter dès maintenant (sourire) !

Même si tout va pour le mieux jusqu'à présent, sur quels secteurs de jeu restez-vous les plus vigilants ?
Même si la première mi-temps contre Montpellier était probablement la meilleure que nous ayons réalisée depuis le début de la saison, il n'y a pas de « match parfait » à proprement parler. Je ne dirais pas qu'il y ait spécifiquement un point à travailler. D'une semaine à l'autre, d'un match à l'autre, les choses à améliorer changent.

Vous avez joué Montpellier, et vous vous préparez à affronter Castres, puis Toulouse, puis Biarritz... Le mois de septembre s'annonce pour le moins intense ! Comment prépare-t-on un tel enchaînement ?
Ce week-end, nous jouons à la maison. C'est une opportunité. L'objectif est d'avoir engrangé au moins neuf victoires  d'ici novembre. Mais je ne veux pas m'avancer. Nous allons rester humbles, continuer à travailler. Bernard (Laporte, ndlr) nous répète sans cesse : « On n'est pas champions. L'esprit est bon, et l'on a gagné cinq matches d'affilée, c'est vrai. Mais il faut continuer, il reste beaucoup de travail. » Donc on va voir... Pour moi, il est très important que tout le monde reste mobilisé. Ce week-end, contre Castres, la tâche s'annonce  compliquée.

"Lorsqu'on joue à Mayol, c'est toujours... parfait"

Si vous êtes favoris sur le papier, Castres a su enrayer le week-end dernier la belle dynamique biarrote. Comment abordez-vous cette rencontre ? Ce match n'a-t-il pas le profil du match-piège par excellence ?
Castres a perdu contre Toulouse (mais de trois points seulement), et a en effet remporté son dernier match à la maison contre Biarritz. Ce n'est pas une équipe facile, loin de là... Leurs avants sont très grands, très massifs. Et la conquête sera un point clé. Nous nous attendons donc à une grosse bataille. Castres était en demie l'an dernier, il ne faut pas l'oublier. Ce sera un gros test pour nous. Si l'on se concentre, que l'on produit un rugby de très haut niveau, on peut l'emporter. Mais une chose est sûre : si nous arrivons en excès de confiance, nous perdrons.

Depuis trois saisons, les Castrais ont prouvé qu'il fallait compter avec eux en se qualifiant chaque fois dans les 6. C'est une « grosse cylindrée ». Malgré tout, c'est une équipe peu mise en avant. Une équipe qui n'est pas considérée à sa juste valeur ?...
Vous avez parfaitement résumé l'histoire... Ils se sont qualifiés pour la Coupe d'Europe ces trois dernières saisons. Et j'ai vu Castres s'imposer à de nombreuses reprises contre les plus grandes équipes. Alors ils ont peut-être moins de "stars" que d'autres équipes plus médiatisées. Mais au final, peu importe. Car bien sûr que l'on a besoin de joueurs énormes. Mais s'il n'y a ni cohésion ni solidarité, cela ne suffit pas. En tout cas, une chose est sûre : Castres est une équipe très, très solide.

Vous foulerez votre pelouse de Mayol pour la seconde fois cette saison. Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe dans ce stade ? La relation entre l'équipe et le public semble toujours aussi fusionnelle...
Lorsqu'on joue à Mayol, c'est toujours... parfait (sourire). Les supporters toulonnais sont passionnés : c'est excellent pour nous ! On sent leur soutien en permanence. A l'inverse, pour l'équipe qui se déplace ici, c'est très difficile... Car Mayol n'est pas un grand stade (14 000 places), mais avec le public qui chante, tout ça, c'est très impressionnant... et vraiment pas évident pour l'adversaire. Ce stade est définitivement un stade très spécial (sourire)

D'un point de vue personnel, comment vivez-vous ce début de saison ?
Je me sens bien. Et je suis content car l'équipe vit très bien. Les joueurs sont performants, nous travaillons sérieusement, et l'ambiance est excellente au sein du groupe. Si je peux donner mon maximum pour Toulon, je le fais. Je suis ici depuis 2008, et j'en suis heureux. Mais je veux être encore meilleur, et ne pas accepter la défaite. Tant personnellement qu'avec l'équipe. On me dit parfois : « La saison passée, ça n'allait pas trop, tu n'étais pas au mieux ». Nous nous sommes tout de même hissés en finale deux fois... C'est la vie : il y a des hauts et des bas, et tu dois répondre par des actions. Ce n'est pas toujours évident, je vous l'accorde. Mais si tu n'es pas prêt à le faire, autant t'arrêter de suite ! Pour moi, la vie, c'est comme le rugby : un combat.

Réagissez

L'actu rugby en bref

RSS

Les blogs des joueurs

  • "Le plus grand danger..."

    Le plus grand danger, qui nous guette, c’est de ne plus avoir la niaque, cette agressivité,  cette envie et...

  • "L'effectif pour encaisser"

    "Cette blessure, c’est dur, surtout pour François (Trinh-Duc). Il était en pleine forme en ce moment, il...

  • "Le travail va payer"

    C’est vrai que le début de saison est un peu mitigé, mais il y a des choses positives, qui prouvent qu’on a cette...