Publié par Sylvain Labbe le 24 septembre 2012 à 17h46

Toulon, joue-là comme Novès

Top 14

Laporte adopte la méthode qui a fait le succès du Stade Toulousain.

Toulon, joue-là comme Novès

A la veille du choc à Toulouse samedi prochain, face aux champions de France, on semble s'étonner du choix de Bernard Laporte de laisser ses meilleurs joueurs au repos à l'occasion de ce choc au sommet. Le manager toulonnais ne fait pourtant que s'aligner sur la méthode toulousaine de gestion de son effectif à l'approche de la Coupe d'Europe.

Une polémique, quelle polémique ? Un choc du Top 14 dévalué, voilà une sacrée découverte pour les fidèles du championnat de France. Après "Frédéric Michalak est un ouvreur de talent", ce début de saison, décidément, s'avère riche en surprises en tout genre. On plaisante bien sûr, mais comment s'étonner, très sincèrement, de voir aujourd'hui l'invincible armada toulonnaise, victorieuse des six premières levées de cette saison, et son manager, Bernard Laporte, adopter à leur tour les méthodes employées, avec le succès que l'on sait, par le modèle référent, le Stade Toulousain, en choisissant de ne pas aligner samedi, à l'occasion du choc au sommet de la 7e journée, leur meilleure équipe pour défier justement Toulouse en son Stadium ?

Toulon a aujourd'hui les moyens de ses ambitions, doté d'un effectif sans doute plus très éloigné, en qualité comme en quantité, de l'artillerie dont sait si bien jouer Guy Novès depuis des années maintenant. Ce dernier n'a pas attendu Laporte pour choisir de faire tourner son groupe selon ses objectifs et à l'occasion de grands rendez-vous, sans que cela n'empêche même parfois ses joueurs de s'imposer. Le RCT, non content de faire aujourd'hui figure de concurrent n°1 aux doubles champions de France en titre, utilise une recette éprouvée avec ce pari d'aligner six succès, pris par Laporte auprès de ses joueurs dès la victoire inaugurale acquise à Perpignan (21-15). Un "pacte de confiance" entre le staff et l'effectif, à l'image de celui qui valut aux finalistes du dernier championnat six semaines de vacances durant l'intersaison pour avoir rallié le Stade de France. "Je n'ai pas perdu le pari ou alors, des paris comme ça, j'aimerais en perdre plus souvent...", lâche Laporte dans un sourire. "Il y a un pacte de confiance entre l'équipe et le staff, il faut le respecter. Il y aura une bonne équipe à Toulouse et ceux qui n'ont pas beaucoup joué depuis le début de ce championnat pourront montrer qu'ils le méritent." Treize titulaires de la victoire face à Castres (33-12), parmi lesquels certains pourraient malgré tout être alignés au Stadium, bénéficient ainsi de cinq jours de repos cette semaine. Avec la Corse ou Dubaï parmi les destinations les plus prisées. "Ça leur fait une coupure... Ça montre qu'ils avaient besoin de changer d'air. Tant mieux, ils l'ont mérité." Quant à l'idée, un brin dépassée, qu'il pourrait fausser le championnat, Laporte avance, droit dans ses bottes : "On ne fait pas l'impasse, on gère un groupe."

A Toulouse, on ne trouve rien à redire

Si jamais le premier était désigné champion de France, il n'y aurait pas eu de vacances.

Bernard Laporte (manager du RC Toulon)

Une logique à trois semaines du coup d'envoi de la Coupe d'Europe que du côté des Toulousains, on n'a pas le mauvais goût de dénoncer, bien au contraire. Novès étant le premier à le reconnaître : "Chaque patron de club fait ce dont il a envie, moi, personnellement, j'ai toujours agi comme je l'entendais, explique-t-il. Je ne vois pas pourquoi les autres n'en feraient pas autant. Ce sera de toute façon un gros match". Au diapason de son coach, Thierry Dusautoir confirme : "C'est ce qui se pratique dans les autres équipes, ne peut que constater le capitaine stadiste. L'équipe alignée en face, très franchement, ça ne nous concerne pas trop. J'ai assez de travail avec le Stade Toulousain. Avec l'effectif qu'ils ont, on ne peut pas penser qu'ils vont venir à Toulouse en vacances. Quel que soit l'équipe qui nous rendra visite, elle sera de haut niveau, je l'imagine. S'ils ont fait le choix de faire tourner les joueurs, c'est une gestion d'équipe qui les regarde, nous, on a d'autres préoccupations." En premier lieu de ne pas trébucher devant son public face à une équipe qui reste à ce jour la dernière à s'être imposée dans la Ville Rose, en Top 14, le 20 février 2010 (6-3).

Ainsi va le Top 14, toujours accroché à ses sacro-saintes phases finales, qui l'exposent à ce genre de dérives pour les uns, choix légitimes pour les autres. Laporte, lui, n'a pas changé de credo sur la question du format de la compétition : "Si jamais le premier était désigné champion de France, il n'y aurait pas eu de vacances, avoue-t-il. Parce que le moindre point pris à l'extérieur est alors important. Il faut vivre avec son temps. Celui qui finit le premier doit être champion. Ça fait deux ans que je le dis... On me répond : « Les phases finales, c'est l'esprit rugby. » Mais on ne peut pas tout avoir.

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