Publié par Sylvain LABBE le 22 août 2012 à 11h30

Toulon, va-t-en-guerre

Top 14

La machine de guerre toulonnaise est en marche sur le Top 14. (Maxppp)

Toulon, va-t-en-guerre

Implacable vainqueur à Aimé-Giral en ouverture du Top 14, le RC Toulon inspire déjà la crainte parmi ses concurrents les plus prestigieux. La méthode Laporte, minimaliste, mais mise en musique par une pléiade de stars aux ordres, s'annonce d'une redoutable efficacité. Et tant pis pour le spectacle...

La machine de guerre est lancée. Préparée en mode commando du fait d'une préparation réduite sur quatre semaines, l'armada toulonnaise n'a pas tardé à imposer son joug sur le Top 14. Et une fois n'est pas coutume, c'est sur le terrain et uniquement sur le terrain que le RCT de Mourad Boudjellal fait la une. Sa première sortie victorieuse (21-15) dans le chaudron surchauffé d'Aimé-Giral a marqué les esprits de ses concurrents à défaut d'enflammer les foules. La recette de ce succès inaugural, c'est Bernard Laporte, général en chef satisfait, mais pas trop, qui la décrypte sans difficulté: "On a été efficace en défense et en conquête. Je suis satisfait de l'investissement et du succès, même si tout n'a pas été parfait, commentait "Bernie" dès l'issue du match. C'est logique, nous avons repris il y a tout juste un mois et beaucoup de nouveaux débutaient. Notre défense était bien en place, mais surtout les joueurs ont montré beaucoup d'implication, c'est l'essentiel. On est satisfait du succès, de l'implication, mais, on n'a gagné qu'une bataille, pas la guerre". Rompez !

A Perpignan, les Toulonnais ont planté un peu plus le décor de ce nouveau Top 14, où rien ne change, au terme d'une première journée déjà si pauvre en essais (17) et marquée par une pluie de pénalités (25 de moyenne par match). Pour un temps de jeu effectif oscillant entre 21 (Usap-Toulon) et 26 minutes (UBB-Grenoble), soit dix à quinze minutes en-deçà des standards internationaux, si chers à Philippe Saint-André (source: Sud-Ouest). Un minimalisme qu'incarne ce RCT, arme de destruction massive, finalement plus mis en valeur que pointé du doigt, malgré les apparences, par un Marc Delpoux frustré à chaud de voir son Usap surclassée à ce points dans ce registre: "Si c'est ça le rugby que l'on veut et qui doit gagner, c'est inquiétant." Pour le spectacle sans doute et pour les adversaires de Jonny Wilkinson et ses coéquipiers assurément.

Laporte: "Nous n'avons pas insisté sur nos points forts..."

Les Toulonnais se moquent bien d'avoir "battu le record du monde de passes non réalisées" -36 passes comptabilisées contre 163 côté catalan- les soldats de la Rade préfèreront s'en remettre à leurs 132 plaquages (contre 43 pour l'Usap), expression d'un sens du combat, d'un défi physique permanent et au-dessus de la moyenne. Il y avait, toutes proportions gardées, dans ce RCT un peu du XV de France capable de mettre échec les All Blacks à Cardiff en quarts de finale du Mondial 2007. Et chez Delpoux un peu du Graham Henry sans doute plus trahi par le règlement et l'arbitrage que floué par l'adversaire. Des Bleus qui, faut-il le rappeler, évoluaient à l'époque sous les ordres de Laporte.

Un refus du jeu assumé pour mieux défendre et se nourrir des fautes de son adversaire quand votre buteur s'appelle Jonny Wilkinson, capable d'inscrire les 21 points de son équipe à 100% de réussite. Une philosophie intégrée sans difficulté apparente par la galaxie de stars réunies sous le maillot rouge et noir, parmi lesquels quelques uns des plus beaux spécimens de l'outillage recommandé pour ce genre de basses oeuvres (Botha, Shaw, S. Armitage...). Et les nouveaux titulaires à des postes doublés, voire même triplés durant l'intersaison, n'ont aucun scrupule à se mettre au service d'une telle entreprise totalement adaptée à la conquête du titre. Maxime Mermoz et Delon Armitage, pour ne citer que les deux nouveaux venus des lignes arrières toulonnaises, n'ont guère touché le ballon en terre catalane, tout occupés qu'ils étaient à plaquer à tour de bras. Pourtant, le sourire de Mermoz, pas peu fier de son retour gagnant à Aimé-Giral, en disait long au coup de sifflet final.

Cette ribambelle d'internationaux -le RCT comptait 592 sélections sur le pré à Perpignan (plus 121 sur le banc), contre 420 pour les titulaires toulousains face à Castres- qui ne jure que par les titres que cette méthode pourrait lui apporter, que ce soit en championnat et/ou en Coupe d'Europe marche sur le Top 14, déjà prête à débouler samedi, à Colombes, pour y défier le Racing "face à un pack très lourd, décrit Olivier Azam, l'entraîneur des avants toulonnais, sur le site du club, avant d'ajouter: Il va falloir monter d'un cran encore ". Laporte répondant en écho qu'à Perpignan: "nous n'avons pas insisté sur nos points forts...". Ça promet...

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