Publié par Sylvain Labbe le 18 septembre 2012 à 07h00

Toulouse n'y croit pas...

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On n'a pas joué un match pour notre survie en pensant que cela allait nous tomber dans la main et cela nous a explosé à la figure.

Toulouse n'y croit pas...

A l'image de son manager Guy Novès, le Stade Toulousain, humilié comme rarement ce week-end, à Barcelone, par l'Usap, (20-34) ne parvenait pas à s'inquiéter outre mesure de cette faillite trop grosse pour être vraie. Peut-être, mais à l'image d'une défense très perméable, les champions de France sont loin du compte. Et Toulon, son adversaire dans deux semaines, s'échappe en tête...

"C'est trop gros pour être vrai". C'est Guy Novès qui, cité par La Dépêche du Midi, le dit lui-même: les proportions de la déroute (34-20) du Stade Toulousain samedi, à Montjuic, pour le premier match de l'histoire des Rouge et noir à Barcelone, face à une Usap euphorique dépassent à ce point l'entendement qu'elle ne peut susciter, même chez le perfectionniste manager des champions de France, l'inquiétude qu'une telle correction ferait naître de manière immanquable chez bons nombres d'adversaires.

Mais Toulouse était trop loin de son rendement, même le plus ordinaire, pour que cette défaite, aussi douloureuses soit-elle pour Dusautoir et ses partenaires, soit prise au pied de la lettre. Novès ne pouvait pourtant pas faire l'économie d'un constat de faillite dans tous les secteurs de jeu, exception faite d'une mêlée fermée, où les Catalans, privés de leur capitaine Nicolas Mas, étaient par trop diminués. Pour un bénéfice quasiment nul. La première période de ses joueurs a frisé le ridicule : "On a été complètement absent de la deuxième partie de la première mi-temps, confirme aisément l'entraîneur en chef stadiste. J'ai eu le sentiment qu'on marchait, qu'on ne produisait pas grand-chose, qu'on regardait jouer Perpignan qui a fait un très bon match. En deuxième mi-temps, on a retrouvé les valeurs laissées au vestiaire en première mi-temps, mais c'était trop tard. C'est une énorme défaite et beaucoup de travail qui nous attend". Novès n'avait pas besoin d'accabler des joueurs qui étaient, à n'en pas douter, les premiers déçus de cet invraisemblable non match.

Déjà dix essais concédés...

On n'a pas joué un match pour notre survie en pensant que cela allait nous tomber dans la main et cela nous a explosé à la figure.

Guy Novès (Manager du Stade Toulousain)

 "Forcément on est déçu d'avoir failli comme ça, dans tous les secteurs", déclarait ainsi un Vincent Clerc, meilleur marqueur du championnat, que la réussite avait fui sur cette trop rare occasion d'essai qu'un mauvais rebond sur le tapis synthétique de l'en-but recouvrant la piste d'athlétisme du stade olympique avait trahi. "On était venus avec d'autres intentions, il n'y a pas grand-chose à retenir de ce match". Fermez le banc.

Les Toulousains savent trop bien à quel point ils ont manqué à leur niveau de jeu habituel pour s'épancher en vaines explications. Novès, lui, se charge d'énumérer les manquements à la copie du jour : "On a été attentiste, trop laxiste dans nos déplacements défensifs. On a également rendu beaucoup de ballons au pied, détaille-t-il, avant de s'en remettre, c'est assez rare pour le noter, à une forme de fatalité. Il y a des matches comme ça où les choses ne tournent pas rond. On n'était pas suffisamment concerné par tout un tas de paramètres. On n'a pas joué un match pour notre survie en pensant que cela allait nous tomber dans la main et cela nous a explosé à la figure". Sacrée grenade qui, sans donner lieu à la convocation du pire cauchemar de Novès, le tristement célèbre 77-17 concédé aux Wasps en Coupe d'Europe au siècle dernier, promet surtout une semaine des plus studieuses à Ernest-Wallon : "Je suis convaincu que tout le monde va se retrousser les manches parce que dans ce club, c'est comme ça. On va tous se remettre en question. On est tous concernés quand on perd une rencontre". On promet d'ailleurs bien du courage à Bayonne, qui recevra les Toulousains vendredi prochain, à Jean-Dauger.

L'essentiel n'est d'ailleurs sans doute pas là. Car si Novès élude pour l'heure la question d'un leader toulonnais qu'il prétend intouchable, plus que les sept points de retard que compte déjà le Stade sur les Varois, c'est la perméabilité inhabituelle de sa défense - déjà 10 essais concédés contre 4 à la même époque la saison dernière - qui a de quoi attirer son attention. A défaut de susciter pour l'heure, à quinze jours de la réception des joueurs de Laporte au Stadium, son inquiétude...  

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