Publié par Sylvain Labbe le 21 septembre 2012 à 22h45

Toulouse sème la désolation

Top 14

Yannick Nyanga auteur d'un des quatre essais de la victoire toulousaine à Jean-Dauger.

Toulouse sème la désolation

Vexé par son non match de Barcelone, le Stade Toulousain a confirmé qu'il ne perdait jamais deux matches de rang en s'imposant (6-35) vendredi, à Bayonne, où l'Aviron a sombré un peu plus devant son public. Un troisième revers à domicile qui, à une semaine du derby, laisse KO debout des Basques dominés de bout en bout par les champions de France. 

Un voeu pieu. Guillaume Bernad, le troisième ligne de l'Aviron Bayonnais avait évoqué avant la rencontre la nécessité d'"être meilleur que celui qu'on a en face", simplifiant volontairement l'équation de ce rendez-vous : "C'est 15 hommes contre 15 hommes...", ajoutait-il, sans forcément convaincre. Ce vendredi, sur la pelouse de Jean-Dauger, il fallait bien trois Bayonnais pour stopper Thiery Dusautoir. Les crochets de Timoci Matanavou étaient trop vifs pour le capitaine Mark Chisholm. Yannick Nyanga, auteur du deuxième des trois essais inscrits par un Stade Toulousain totalement retrouvé, allait trop vite pour des défenseurs bayonnais dépassés...

Ce constat d'une équipe basque dominée de la tête et des épaules (voir par ailleurs), étrillée (6-35) par des champions de France de nouveau au sommet de leur art, le public de l'Aviron, muet devant ce spectacle de désolation de son équipe préférée à la dérive, l'aura dressé très tôt, bien avant que Luke McAlister, auteur de vingt points, ne vienne conclure la marque, bien servi par un Jean-Marc Doussain, capable sur ce match de se hisser à la hauteur de son ouvreur néo-zélandais, d'un quatrième essai, synonyme d'un troisième bonus offensif cette saison pour les joueurs de Guy Novès. "On est un peu plus heureux que la semaine dernière, appréciait au micro de Canal+ Sport un Jean-Baptiste Elissalde tout sourire au coup de sifflet final. "Les joueurs ont su faire preuve d'une belle réaction cette semaine, on a continué à travailler, on ne s'est pas affolé. Il n'y a pas encore de crise à Toulouse comme certains ont pu le penser. L'équipe a avancé, a gardé le rythme et a gagné ses un contre un ; tout le monde s'est retrouvé." Un constat que Christian Lanta et Christophe Deylaud, mines dévastées après seulement vingt minutes de jeu, ne risquent pas de dresser. "Les mêmes effets produisent les mêmes causes, ne pouvait qu'analysait Lanta avant même la mi-temps. On est dominés défensivement, on les laisse pénétrer, ils prennent de la vitesse, on est dominé sur ce match, on est sans solutions." Et dire que cette équipe bayonnaise est à une semaine du derby basque...

L'Aviron perd ses nerfs... et le match

Le hit de ce début de saison pour lancer ce match du rachat avec cette pénalité sifflée par M. Berdos sur cette première mêlée, qui vaut à Benjamin Boyet de tenter et de réussir sa première tentative de pénalité de la soirée (3-0, 2e). Une bonne entrée en matière que Toulouse n'est pas loin d'annihiler sur ce premier petit jeu au pied de Luke McAlister par-dessus qui trompe Boyet en position de dernier défenseur, mais aussi Matanavou, qui avait suivi et commet un en-avant dans l'en-but (6e).  Aux mêmes causes, les mêmes effets, la réponse de Luke McAlister à Boyet intervient sur cette même plaie du Top 14, qui accable le secteur de la mêlée (3-3, 9e). Une parité qui ne dure pas tant d'emblée, Toulouse, à des années lumières de son laxisme de Barcelone, affiche rigueur, implication et agressivité dans chacun de ses gestes. Une solidité qui déjà met à mal les Basques sur lesquels les pénalités pleuvent. Pour le plus grand plaisir de McAlister qui crée, de deux coups de pied (11e, 13e), le premier écart (3-9).     

Une bévue grossière, une fois n'est pas coutume, du capitaine Dusautoir sur le renvoi peut bien offrir trois points gratuits à Boyet (6-9, 14e), le Stade, sous la conduite très juste de Doussain notamment, déroule son application, tient le ballon et fait mouche logiquement sur ce coup de pied "banane" de McAlister qui trompe Cédric Heymans. L'ancien Toulousain volleye le cuir de manière involontaire pour... Vinent Clerc, qui transmet à Matanavou cette fois impeccable pour aplatir le premier essai du match (6-14, 17e). L'ailier fidjien trop gourmand lorsqu'il avale ce cinq contre deux tout cru, au grand dam de ses partenaires auxquels il présente ses excuses (18e). Ses joueurs pris dans le un contre un, au sol comme à l'impact, l'Aviron doit de ne pas perdre Mike Phillips, coupable d'une cravate évidente sur Florian Fritz, à l'indulgence d'un M. Berdos, en revanche sans concession lorsqu'il envoie se calmer dix minutes sur la touche David Roumieu et Census Johnston, qui s'échauffent (21e) ; les Basques défendent en reculant et s'exposent de plus en plus dangereusement. Comme sur cette percée de l'ancien chouchou du public, un Yoann Huget qui remonte le ballon sur 40 mètres et ne doit qu'au sacrifice d'Heymans de ne pas envoyer Matanavou derrière la ligne (32e). Sur l'unique mouvement en position offensive sa première période, Bayonne étale son manque flagrant de confiance avec cet empressement et cette redoublée de Boyet mal maîtrisée qui aboutit en touche (36e). Sur le chemin qui mène aux vestiaires, les visages des Bayonnais sont déjà graves.

Et il y a de quoi. D'autant que la tendance se confirme à la reprise avec la même mainmise toulousaine. Une main de fer qui resserre un peu plus son étreinte d'un deuxième essai. L'alternance est parfaite sur cette action initiée sur une série de percussions, puis prolongée par Clerc pour Yannick Nyanga, qui d'un rush superbe sur trente mètres échappe aux plaquages de trois Bayonnais (Puricelli, Boyet, Spedding) pour toucher l'en-but. Une réalisation que McAlister transforme pour assommer l'Aviron (21-6, 46e). Clerc frôle le troisième essai et le bonus offensif sur cette initiative au large, mais l'ailier international ne peut contrôler le cuir sur la ligne (53e). Une victoire à cinq points qui se dessine après que l'Aviron, à l'image de Renaud Boyoud, auteur d'une agression impunie sur Dusautoir (70e), a perdu ses nerfs et laisse Jean Bouilhou (6-28, 74e), puis McAlister (6-35, 80e+1) signer un constat d'évidence : il y avait, au minimum, une classe d'écart ce vendredi entre Bayonne et Toulouse.   

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