Publié par Sylvain Labbe le 10 novembre 2012 à 16h55

Clermont, la 50e tremblante

Top 14

Napolioni Nalaga inscrit son 8e essai en 9 matches, toutes compétitions confondues.

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Même privé des internationaux, le choc au sommet de la 11e journée du Top 14 entre Clermont et le leader toulonnais a tenu toutes ses promesses ce samedi, dans un stade Marcel-Michelin, où l'ASM a su signer in extremis une 50e victoire (24-21) aux dépens des Varois. L'ultime pénalité de Brock James risque de faire beaucoup parler sur la Rade.

Si les Wallabies seront à l'honneur en soirée, au Stade de France, adversaires redoutés des Bleus de Saint-André, c'en est un autre qui, ce samedi, à Clermont, est devenu le héros malheureux et involontaire du choc au sommet de cette 11e journée du Top 14. Matt Giteau, pas franchement réputé pour ses gestes d'antijeu, n'avait sans doute pas la volonté de mettre en touche ce ballon brûlant dans le temps additionnel d'un combat devenu, au fil des minutes, de plus en plus incandescent, mais bien plutôt de s'en saisir, sans parvenir à la contrôler. L'arbitre M. Cardona en aura décidé autrement et changé avec la face de ce match en accordant une ultime pénalité que Brock James, aux 22 mètres, ne pouvait décemment pas raté (24-21).

Sur le banc de touche, où un carton jaune l'avait privé de ce final haletant, Aurélien Rougerie pouvait bien se frapper la tête avec sa bouteille. De plus en plus menacée, la série de victoires des Clermontois dans leur antre de Marcel-Michelin, prenait une unité supplémentaire avec ce cinquantième succès de rang, toutes compétitions confondues. Mais que le coup est passée près face ces Toulonnais qui tenaient le nul grâce à l'inévitable drop de Jonny Wilkinson, auteur de la totalité des points de son équipe. Une parité logique au regard de ce choc, certes dévalué par l'absence des internationaux, mais qui aura malgré tout tenu toutes ses promesses, d'un engagement physique digne parfois d'un test-match, entre une ASM capable de faire sauter par deux fois le verrou toulonnais, mais malgré tout talonnée jusqu'au bout par ce leader qui ne lâche rien, ou presque. "Je ne sais pas si c'était d'un niveau international, commentera Sébastien Tillous-Borde au micro de Canal+. "Mais on méritait, selon moi, le match nul. C'est comme ça, on va continuer à travailler pour s'améliorer encore." Du côté des vainqueurs, l'heure était au soulagement, à l'image de Julien Bonnaire : "On savait qu'ils venaient ici pour essayer de gagner, ça se joue à la dernière seconde sur une faute de leur part. On en a aussi commis pas mal, donné pas mal de points, regrettait le troisième ligne, qui notait cependant : "Je crois que l'équipe a mis énormément d'envie face à une équipe qui n'en manque pas et qui produit un jeu intéressant. On a mérité nos vacances."

Un choc, un vrai !

Je crois que l'équipe a mis énormément d'envie face à une équipe qui n'en manque pas et qui produit un jeu intéressant. On a mérité nos vacances.

Julien Bonnaire (troisième ligne de Clermont)

Plus encore que la motivation de défendre leur série de victoires à domicile, c'est bien le souvenir et le traumatisme de cette défaite sous la pluie de Toulouse, lors de la dernière demi-finale du Top 14, que les Clermontois ont à coeur d'effacer à l'heure de pénétrer dans leur antre inviolé depuis trois ans. On en veut pour preuve ce premier ballon avec lequel Sitiveni Sivivatu enflamme littéralement la rencontre. Une percée de cinquante mètres, le relais de son arrière Lee Byrne et l'ancien All Black doit subir le retour décisif de Chris Masoe. Au bout de cette entame fracassante, le drop claqué par Brock James est un moindre mal pour ce RCT pris à la gorge (3-0, 1e). De la variation et une intensité de très haut niveau dans le jeu clermontois qui, s'il confisque le ballon aux visiteurs, ne trouve pas sa récompense.

C'est contre le cours du jeu que Jonny Wilkinson profite de l'indiscipline de Sivivatu, coupable d'un plaquage haut sur David Smith (4e), et de Julien Bardy, coutumier du fait (8e), pour donner l'avantage aux Toulonnais (3-6). Mais si James connaît un premier échec (10e), l'ouvreur australien de l'ASM, dans son duel avec Wilkinson, prend l'initiative et met sa formation dans le sens de la marche. Bien que privé de ses Bleus, Clermont opère en mode Coupe d'Europe sur ce choc et flirte parfois avec le niveau international. L'impact physique est terrible. Pour preuve cette charge sur son aile de Napolioni Nalaga, qui envoie successivement Delon Armitage, Bakkies Botha et le pauvre Vinent Martin (voir par ailleurs) le nez dans le gazon pour attaquer la ligne d'essai. Si le jeune pilier gauche, Raphaël Chaume, par ailleurs excellent suppléant des Domingo et Debaty, échoue dans l'ultime charge, Nalaga a suivi pour conclure (10-6, 18e). Un dernier échange de pénalités, et à la pause, Clermont fait logiquement la course en tête (13-9). Et ce n'est pas cher payé.

Est-ce l'énergie qu'il déploie en défense pour colmater les brèches ouvertes par les attaques clermontoises, mais Wilkinson est pour la deuxième fois de l'après-midi trop court sur cette première tentative de la seconde période (47e). A la différence de sa dernière sortie à Michelin, face à Biarritz, l'ASM ne relâche pas son étreinte. Et la meilleure défense du Top 14 cède sur cette attaque en première main que vient conclure Regan King, entré en jeu, en échappant à Matt Giteau et Mathieu Bastareaud, qui se plaindra, en vain, d'un écran de Rougerie (18-12, 56e). Clermont s'échappe et pourrait entrevoir le bonus offensif. Mais c'est sans compter la réaction du leader que concrétise Wilkinson sur deux coups de pied gagnants (61e, 68e) pour revenir au contact (18-15). Clermont semble payer sa débauche d'énergie en cette fin de match et subit désormais la pression du leader. Poussés à la faute sous leurs perches, les joueurs de Cotter concèdent la pénalité de l'égalisation, que Wilkinson ne rate pas (18-18, 72e), en même temps que la sévérité de M. Cardona, qui sanctionne Rougerie d'un carton jaune peu évident. L'invincibilité clermontoise, contre toute attente est plus que jamais menacée. Mais comme face au Stade Français, il y a trois semaines, James s'en va signer, sur le dernier effort de son équipe capable de revenir s'installer dans les 22 mètres adverses, la pénalité que l'on croit, à tort, être celle de la gagne (21-18, 78e). Effort annihilé par la patte d'un Wilko infaillible sur ce dernier drop (21-21, 79e). Involontaire ou pas, l'ultime geste de Giteau, qui provoque cette touche en tentant de se saisir du ballon, risque de susciter bien des polémiques : il offre surtout à James une dernière pénalité fatale au leader (24-21, 80e). A Clermont, Mourad Boudjellal risque de refaire parler de lui...

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