Parmi les héros de l’épopée des Bleus en Coupe du monde, Alexis Palisson, bien qu’appelé par Philippe Saint-André dans un premier groupe élargi, figure parmi les rares Mondialistes non retenus pour le Tournoi. Une situation que notre ambassadeur accepte de bonne grâce, conscient que son adaptation à son nouvel environnement toulonnais passe par une nécessaire remise en cause. Confessions pour Rugbynews.fr.
Alexis, vous étiez de l'épopée en Coupe du monde, mais pour l'heure pas encore appelé pour le Tournoi. Comment vivez-vous cette situation ?
C'était déjà une satisfaction d'être dans les trente après un début de saison en dents de scie. Je n'ai pas fourni, il faut le dire, de très belles performances. Il est certain qu'une fois qu'on y est, on n'a qu'une seule envie, c'est d'y revenir. Je le vois comme une étape de plus à franchir, ce n'est pas plus mal, ça permet de me remettre en question et d'une certaine façon, ça me donne un regain d'énergie pour continuer à progresser.
Malgré tout, ces trois jours de stage ont pu vous rassurer et confirmer que vous restez dans les petits papiers des sélectionneurs…
C'était important et ça rassure quelque part. On se dit qu'on est quand même regardé et que le sélectionneur nous fait confiance. J'étais sans doute l'un des premiers à pouvoir m'entretenir avec Philippe Saint-André puisque j'avais pris l'avion pour Paris avec lui. Il m'a dit ce qu'il pensait de mon début de saison, mais qu'il me prenait sur la base de ma performance en Coupe du monde. Même si, selon moi, les cartes sont rebattues. C'était une bonne occasion de faire connaissance avec un entraîneur, qui m'avait poussé à signer à Toulon (avant que "PSA ne quitte le RCT pour l'équipe de France, ndlr). Même si ce stage n'a duré que trois jours, j'ai cru comprendre qu'il accordait autant d'importance aux performances sur le terrain qu'aux comportements en dehors. Ça me paraît une bonne chose.
Qu'avez-vous pensé de la première sortie de vos coéquipiers face à l'Italie (30-12) ?
Je reste le premier supporter de cette équipe de France. Des joueurs ont mérité de jouer. Je suis content que Julien (Malzieu) ait pu bénéficier de temps de jeu, il a réalisé un très bon match. Il y a de très bons ailiers et il n'y a pas de raison qu'ils ne jouent pas.
"Quelques fois, je me dis qu'on a reposé le pied en France il y a à peine deux semaines"
Vous signez à Toulon pour évoluer sous les ordres de Saint-André, qui devient sélectionneur national. Pas trop déstabilisant ?
Sur le coup, j'ai pu me poser des questions, ce n'est jamais évident quand vous vous engagez pour jouer sous les ordres d'un entraîneur et que vous apprenez qu'il quitte le club que vous avez rejoint au bout de quelques semaines. J'avais quelques craintes sur les conséquences au sein du groupe et finalement, ça s'est fait en douceur, presque naturellement. Il n'y a pas eu de problèmes puisqu'on est troisièmes actuellement.
Comment avez-vous vécu ce retour en France après cette épopée jusqu'en finale de la Coupe du monde ?
Quelques fois, je me dis qu'on a reposé le pied en France il y a à peine deux semaines (sourires). De retour de Nouvelle-Zélande, j'ai pu me replonger de suite dans une autre compétition, intégrer à Toulon un nouveau groupe, quelque part, je l'ai vite évacuée cette Coupe du monde. Ça m'a fait du bien de couper après quatre mois passés loin de mes proches et de surtout rentrer en France. Mais après quinze jours, j'ai vraiment accusé le coup physiquement. J'ai finalement enchaîné deux saisons avec la très exigeante préparation de la Coupe du monde, deux saisons au cours desquelles j'ai beaucoup joué à Brive ou ici. Ça a été un peu dur.
En ce début d'année, on retrouve le Palisson de la Coupe du monde. Vos sensations sont de retour…
Je commence à trouver mes marques et puis surtout à retrouver un peu de gaz. Quant tu es cuit, tu es cuit… J'espère que ça va continuer.
Loin du cocon briviste, vous évoluez désormais parmi les stars toulonnaises. Wilkinson à votre gauche, Van Niekerk à droite : une autre dimension ?
C'est incomparable avec Brive. Ça me permet d'apprendre beaucoup auprès de joueurs de ce calibre. Pour ne parler que de Jonny (Wilkinson), il nous aide chaque jour à l'entraînement, même si Pierre (Mignoni) reste l'entraîneur en chef (des lignes arrières), il est finalement presque un joueur-entraîneur, à diriger les "skills", toujours présent pour nous donner un bon conseil. Le simple fait de les côtoyer est enrichissant.
"Le club et le président, ça ne fait qu'un..."
L'autre grand chambardement à Toulon, c'est l'arrivée de Bernard Laporte. Là aussi, c'est une découverte, on l'imagine, forcément marquante…
C'est quelqu'un d'extrêmement exigeant à l'entraînement, il veut que tout soit parfait avant les matches. Il nous remet beaucoup en question, régulièrement, mais parce qu'il veut, je crois, qu'on aille loin. Cette exigence, il l'a avec tous les joueurs de l'effectif.
De Brive à Toulon, c'est aussi personnellement un vrai changement de vie. Comment trouvez-vous vos marques dans le paysage de la cité varoise ?
Je m'habitue très bien. J'essaye de découvrir les alentours, les restos, les coins jolis à voir et puis avec le retour du beau temps découvrir les plages. Je me suis installé à cinq minutes du centre d'entraînement, dans le quartier de La Valette. Je ressens une grande ferveur autour du club, les gens ici adorent le jeu, c'est exceptionnel quand on inscrit le point de bonus, que les journaux volent dans Mayol, les gens sont fous, ça gueule de partout, c'est fou, c'est vraiment un public et une ambiance à part.
Le RCT, c'est aussi un président très charismatique, qui fait beaucoup parler de lui. Quelle image vous renvoie-t-il dans le vestiaire ?
On parle beaucoup de lui dans les médias, mais quand on parle de lui, on parle du club. C'est comme ça, il fait partie intégrante du RC Toulon. Il n'est pas non plus avec nous comme il est dans les médias, je dirais que c'est on petit plaisir. Comme il adore être à notre contact, l'avoir privé de vestiaire, ça l'a piqué, je crois. Parce que c'est sa passion, et c'est bien pour nous parce que ça nous pousse. Le club et le président, ça ne fait qu'un.
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