Publié par Sylvain Labbe le 19 octobre 2012 à 11h20

Peyrelongue: "A force de taper dans le mur"

Top 14

Julien Peyrelongue exhorte ses coéquipiers à penser collectif. (Maxppp)

Peyrelongue: "A force de taper dans le mur"
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A 31 ans, dont douze de fidélité au Biarritz Olympique, Julien Peyrelongue, qui prépare sa reconversion (*) a tout vécu, ou presque, avec le club basque. A l'heure où le BO traverse un nouvel avis de gros temps avec cinq défaites de rang au compteur, cet indispensable du vestiaire biarrot reconnaît l'urgence de la situation. Mais "Pesquit" croit toujours dans les ressources du groupe.

Julien, la réception de cette modeste équipe de Zebre, dont Christian Gajan affirme qu'elle évolue au mieux à un niveau de haut de tableau en Pro D2 (lire: Gajan et ses drôles de Zebre) représente, sinon une opportunité, en tout cas une obligation pour le BO de se ressaisir après ces cinq défaites de rang ?
On sort d'une grosse déconvenue contre les Harlequins la semaine dernière (défaite 40-13). Il ne faut pas oublier qu'on reste sur cinq défaites d'affilée, voilà un moment qu'on n'a pas gagné et la confiance est un peu atteinte. J'espère que tout le monde aura samedi face à cette équipe italienne l'envie d'effacer les quarante points de cette dernière défaite pour préserver nos chances de qualification en coupe d'Europe et se relever sur les matches de championnat qui vont suivre derrière.

Les mots de votre staff, notamment de Serge Milhas (lire: Milhas "On a pris le boulard"), après cette défaite à Londres ont été très durs : le BO n'y est plus actuellement ?
C'est compliqué parce que, paradoxalement, on produit cinquante bonnes premières minutes contre les Harlequins et on s'écroule sur la dernière demi-heure... A qui la faute ? Si je le savais, je vous le dirais. C'est peut-être mental parce qu'à force de taper dans le mur, on n'a pas su trouver les solutions. Après, les mots de Serge, il est notre entraîneur et c'est normal qu'il nous tape dessus quand ça ne va pas. Il a bien fait. L'image qu'on a donnée du club n'est pas bonne et elle n'est surtout pas représentative de ce qu'on se doit de faire sur le terrain. Depuis un mois, on a du mal à retrouver l'enthousiasme qui était le nôtre en début de championnat. Il y a eu cette défaite dans le derby (15-16) qui nous fait du mal, on avait déjà pris un coup sur la tête avec ce match au Racing qu'on pensait devoir gagner et qui nous échappe (12-13) ; je ne parle même pas de Toulon derrière (9-36). On a besoin de se remettre la tête à l'endroit et de prendre nos responsabilités.

Il faut que tout le monde se remette en question, que tout le monde fasse des choses simples sur le terrain et ne tente pas de sauver la patrie tout seul, réfugions-nous plutôt dans le collectif.

Vos secondes périodes semblent actuellement vouées au désastre (27-0 face aux Harlequins, après le 20-0 face à Toulon)...
Ça pose question, c'est certain. D'autant qu'on savait réaliser des performances pleines et entières en début de saison, contre Toulouse notamment ou Montpellier. Depuis un mois, avec les défaites qui s'enchaînent et la confiance qui s'effrite, c'est plus compliqué. On est les premiers fautifs, on est sur le terrain et c'est à nous de trouver les solutions en resserrant le collectif pour nous sortir enfin de cette spirale négative.

Est-ce que ce début de saison parfait (4 victoires consécutives lors des 4 premières journées) n'a pas un peu grisé le groupe ? Est-ce que le BO ne s'est pas vu un peu trop beau ?
Je pense qu'on a produit un rugby de qualité, les quatre premières victoires, on ne les vole pas. Elles sont largement méritées. Le faux-pas qui nous fait vraiment mal, c'est Bayonne et c'est là qu'on s'est en effet peut-être vu un peu trop beau en effet à jouer à tout va contre des Bayonnais qui, très bien en place défensivement, nous ont pris en contre. Pour le reste, on possède un système de jeu qui est en place, on sait faire les choses et on l'a prouvé, je le répète, contre Toulouse, le dernier champion de France. Il faut que chacun pense au collectif, comme c'était le cas en début de saison, et surtout qu'on retrouve l'envie de gagner. Parce que je peux vous dire que je préfère voir le vestiaire après une victoire plutôt que celui que l'on a depuis un mois. Il faut se faire confiance et alors on sortira de cette spirale.

Avec cette nouvelle passe, l'équipe prête à nouveau le flanc aux critiques de ceux qui ne résument le Biarritz Olympique qu'à Imanol Harinordoquy et Dimitri Yachvili (les deux joueurs sont actuellement en convalescence) ?
On a su leur prouver en début de saison qu'on pouvait aussi faire bien sans eux. Ce qui d'une certaine manière les soulage aussi. Maintenant, ça fait cinq matches qu'on perd et, automatiquement, on en revient à ces absences. Mais nous sommes aujourd'hui sur le terrain, on a fait de bonnes choses en début de saison et il faut absolument qu'on les retrouve parce que la situation va finir par devenir problématique.

On pensait ce groupe d'une certaine manière vacciné après la galère de la dernière saison...
N'oublions surtout pas d'où on vient. C'est un retour sur terre un peu difficile. Il faut que tout le monde se remette en question, que tout le monde fasse des choses simples sur le terrain et ne tente pas de sauver la patrie tout seul, réfugions-nous plutôt dans le collectif. Il ne faut surtout pas retomber dans les travers de la saison dernière parce que personne n'a envie de revivre ce qu'on a vécu, une telle saison galère. Parce qu'à continuer comme ça, on y repart... Personnellement, je n'ai aucune envie de revivre ça. C'est une démarche personnelle à entreprendre. Nous sommes les acteurs, ne l'oublions pas.

Quel type de match faudra-t-il produire samedi face à ces Italiens ?
Il faudra faire des choses assez simples qu'on a oubliées depuis quelques semaines et surtout savoir rester solidaires les uns envers les autres parce qu'on annonce beaucoup de pluie samedi. Face à des Italiens très accrocheurs, on ne s'attend pas un match facile ; n'oublions pas qu'on a perdu deux fois chez eux en deux ans (30-26 à Trevise ; 28-27 à Aironi). Abordons ce match avec beaucoup de respect pour eux, même s'il faut aussi arrêter un peu de penser aux autres, penser à nous et se dire que si on les fait sérieusement, on peut faire de belles choses sur le terrain.

(*) Julien Peyrelongue a repris cette année un cursus en BTS Etude et Economie de la construction.

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