Publié par Sylvain Labbe le 8 février 2017 à 15h10

Attention les Bleus, Cotter revient !

VI Nations

Vern Cotter vit son dernier Tournoi des 6 nations à la tête du XV du Chardon, avant de succéder à Eddie Jones sur le banc de Montpellier.

Attention les Bleus, Cotter revient !

Avant de reprendre du service en Top 14 la saison prochaine du côté de Montpellier, Vern Cotter, qui vit ses derniers matches à la tête de l’Ecosse, espère se rappeler au bon souvenir du rugby français et des Bleus dimanche, au Stade de France (16h). Ses anciens joueurs à Clermont ne l’ont évidemment pas oublié…

"Vern, il est dur avec ses joueurs." La confession est signée Noa Nakaitaci. De sa voix douce et mal assurée, l’ailier du XV de France et de Clermont se souvient de la férule de celui qui a façonné l’ASM durant huit saisons et avec bon nombre des cadres du club auvergnat, qui fournit aujourd’hui le plus gros contingent du XV de France engagée dans ce Tournoi des 6 Nations (*). "Si tu commets trop de fautes, ou que tu baisses les bras sur le terrain, il te remet les idées en place. Mais ça fait du bien", rappelle le Fidjien d’origine dans un sourire timide. Vern Cotter, même s’il n’est pas parti dans les meilleurs termes avec ses anciens dirigeants, a laissé une trace indélébile au pied des volcans et au-delà dans le paysage d’un rugby français que le Néo-Zélandais a choisi de retrouver après trois saisons au chevet du XV du Chardon.

Sauf que le patient écossais qu’il s’apprête à quitter à l’issue de ce Tournoi des 6 Nations n’a plus rien à voir avec « l’équipe de losers » qu’il avait trouvée à sa nomination. "Je trouve la patte du Vern Cotter que j'ai connu à Clermont dans cette équipe d'Ecosse, reconnaît Nakaïtaci. Il insiste beaucoup sur le jeu d'avants, sur le défi physique. Il demande beaucoup à son pack. On voit que les avants se déplacent beaucoup, qu'ils sont mobiles. Il veut que son pack puisse relever n'importe quel défi. Surtout dans le un contre un." Et d’ajouter: "Ce sera dur aussi derrière parce qu'ils ont des centres très athlétiques, très costauds. Des ailiers dans le même format, aussi..."  Car c’est bien une équipe libérée par sa victoire inaugurale sur l’Irlande (27-22), une première depuis onze ans en ouverture de la compétition, qui va débarquer dimanche au Stade de France. Un résultat qui vient confirmer l’élan d’une dernière tournée d’automne déjà marquée par un succès sur l’Argentine (19-16) et une courte défaite face à l’Australie (22-23).

"L’Ecosse ne gagnait jamais…"

L’insaisissable feu follet Stuart Hogg, héros de l’exploit contre l’Irlande avec un doublé à la clé, les frères Gray et leurs coéquipiers arrivent "gonflés à bloc", comme ne manque pas de l’annoncer Damien Chouly. Et Cotter n’y est évidemment pas pour rien…

Il a réussi à mettre en place un plan et un système de jeu basés sur la vitesse auquel tous les joueurs adhèrent

"L’Ecosse ne gagnait jamais…, rappelle Chouly. C’est un travail de longue haleine, où il a réussi à mettre en place un plan et un système de jeu basés sur la vitesse auquel tous les joueurs adhèrent", décrit le troisième ligne et capitaine clermontois, qui aura évolué durant deux saisons sous les ordres de technicien kiwi. Et retrouvé également en Auvergne un certain Nathan Hines, le très expérimenté deuxième ligne écossais rencontré à l’Usap, qui met aujourd’hui sa science de la touche au service de la sélection en tant qu’adjoint de Cotter. A l’image du troisième essai de filou inscrit face aux Irlandais samedi.

"C’est aussi le fruit d’un gros travail avec les équipes de province écossaises, poursuit encore le capitaine de touche des Bleus, et, aujourd’hui, tout le monde a un langage commun. Et on voit qu’ils se trouvent très bien grâce à ça sur le terrain." Une équipe d’Ecosse toujours aussi joueuse et habile à déplacer, mais aussi à transformer ce jeu par la vitesse d’intervention dans les rucks. "C’est leur ADN", confirme Chouly, qui n’en finit plus de faire l’éloge de l’influence de son ancien coach sur la métamorphose écossaise. "Je pense qu’il a aussi influé sur l’état d’esprit de l’équipe ; je lisais encore il y a peu qu’il leur avait transmis cette confiance et leur avait montré qu’ils pouvaient battre n’importe qui." Et pourquoi pas des Bleus qui n’ont plus mangé les Chardons par la racine depuis le siècle dernier et un ultime succès écossais décroché en 1999 au Stade de France (36-22).
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(*) Devant Toulouse et ses six représentants,sept Clermontois figurent dans le groupe France avec, outre Nakaitaci, également Spedding, Lamerat, Lopez, Chouly, Vahaamahina et Iturria.

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