Publié par Sylvain Labbe le 12 février 2017 à 17h55

C'est moche, mais ça gagne

VI Nations

Deux essais à un pour les Ecossais, mais la botte presque parfaite de Camille Lopez (6 sur 7) pour faire la différence et offrir une victoire précieuse au XV de France.

C'est moche, mais ça gagne

Sous haute tension après 3 défaites de rang, le XV de France a fini par renouer avec le succès (22-16) dimanche, au Stade de France, en venant à bout de l’Ecosse au terme d’un match crispé. Le chantier reste encore immense pour Guy Novès…  

"Si l’on est mauvais, mais que l’on gagne, on s’en contentera". L’inflexion dans le discours jusqu’alors très ambitieux de Guy Novès n’avait échappé à personne. Après trois défaites peut-être encourageantes et pleines de promesses, mais ô combien frustrantes, l’heure est déjà suffisamment grave aux yeux du sélectionneur pour mettre un mouchoir sur son projet de jeu. Ne serait-ce que le temps d’un match… "Gagner moche", même l’invincible Angleterre sait s’y résoudre, alors pourquoi pas les Bleus ? La question est posée face à ces Ecossais aussi libérés par leur victoire inaugurale sur l’Irlande que les Français sont sous tension après l’échec du "crunch".

Cette confiance des hommes du Chardon qu’incarne presque à lui tout seul Stuart Hogg. Avec un certain George Best (l’ancien Ballon d’or 1968) dans la famille éloignée de l’arrière écossais (si, si, on a vérifié…), on comprend mieux la facilité avec laquelle le feu follet écossais, sur la première véritable incursion de son équipe dans les vingt-deux mètres adverses, s’en va profiter de la montée défensive un brin audacieuse de Virimi Vakatawa pour mystifier en coin Baptiste Serin (3-5, 17e). Le neuf tricolore, peut-être pour la première fois de sa jeune carrière internationale, porte mal son nom… 

Serin, plus tant que ça…

Le Bordelais porte, comme ses coéquipiers, sur ses frêles épaules le stress de ce début match à ne surtout pas perdre. Qui pollue son jeu au pied. Et paralyse le XV de France. Il n’y a bien que l’indiscipline des Calédoniens pour nourrir la botte de Camille Lopez (7e, 20e), touchant du bois sur sa troisième tentative (27e), mais gardant la barque à flot… Au moins, le nouveau logiciel français  commande d’envoyer du jeu, alors quoi de mieux pour se libérer ! Porter le ballon, multiplier les passes et… enfin pointer en terre promise avec Serin, qui fait charger ses "gros" et sollicite au large, où Gaël Fickou a enfin la lucidité pour marquer cet essai tant attendu (13-5, 32e). Même l’immense Brian O’Driscoll apprécie… 

Wow, that was a lot of French power with finess. So good to see them play like that again.

— Brian O'Driscoll (@BrianODriscoll) 12 février 2017

Tant d’efforts gâchés par deux pénalités trop généreusement offertes au pied de Finn Russel (36e, 39e), suppléant son capitaine Greig Laidlaw, sorti sur blessure (25e). Pour un score étriqué à la pause (13-11).    

Et la libération n’est pas pour tout de suite. D’autant moins quand on concède un essai casquette dès la reprise sur un ballon trop vite rendu à Russell, qui fait valoir toute sa vista technique pour lancer Tommy Seymour sur son aile. Vakatawa est encore pris sur le coup de pied à suivre, Scott Spedding trop attentiste à la réception et l’ailier écossais d’envoyer Tim Swinson à dam sous les perches pour son premier ballon (13-16, 44e). Solidaire d’autant de bévues, Russell trouve le moyen de rater la transformation.   

LOL pic.twitter.com/KAE4wcqCP6

— Philippe (@philousports) 12 février 2017

Cette équipe de France ne s’en sort pas, rattrapée par ses défaillances individuelles, même si Lopez sait égaliser (16-16, 47e), elle ne maîtrise plus rien. Le coaching s’impose, Vakatawa et Serin, hors sujet, cèdent leur place et même son meilleur joueur, Louis Picamoles, est contaminé. Alors… Alors, puisque même Rémi Lamerat est incapable d’aplatir l’essai de la gagne sans commettre un en-avant (68e), c’est Lopez qui, presque parfait avec un 6 sur 7 face aux poteaux,va récompenser la bonne défense de Maxime Machenaud (72e) et un dernier maul conquérant (77e) pour exaucer le vœu de Novès. Et "gagner moche" (22-16). Ouf !      

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