Publié par Benoit Conta le 21 mars 2012 à 15h00

Saint-André cherche une charnière

VI Nations

François Trinh-Duc et Lionel Beauxis n'ont pas réussi à convaincre. (Maxppp)

Saint-André cherche une charnière

C’est le gros point noir du Tournoi des Six Nations cuvée 2012 pour le XV de France. A l’heure où Philippe Saint-André a décidé de se lancer dans la reconstruction de son équipe, le sélectionneur reste dans le flou, sur la question de sa charnière. Après avoir testé plusieurs options durant la compétition, "PSA" ne peut que constater le vide actuel, surtout au poste de numéro 10.

"PSA" a soigneusement évité la question. Interrogé lors de sa conférence de presse, donnée au lendemain de la dernière levée perdue au Pays de Galles, sur l’état de sa réflexion sur le poste de demi d’ouverture, Philippe Saint-André a sciemment botté en touche, en évoquant... les piliers. Un discours symbole du malaise actuel de l’équipe de France, à propos de sa charnière. Dans le flou à l’heure d’aborder le Tournoi des Six Nations, le sélectionneur a finalement fini dans le brouillard complet, dans une fin de match au pays de Galles, où Morgan Parra rejouait les intérimaires en 10, François Trinh-Duc pigeait à l’arrière, tandis que Dimitri Yachivili terminait le boulot en 9.

Un flou artistique résultat d’une compétition où pratiquement aucun joueur n’aura réussi à s’imposer, que ce soit en 9, mais surtout en 10. Une charnière qui a donc grincé tout au long des cinq rencontres. Il y a d’abord eu Yachvili-Trinh-Duc face à l’Italie, avant que le Biarrot ne se blesse, et ne rentre à la maison. C’est ensuite la paire estampillée Lièvremont (Parra-Trinh-Duc), qui a pris le relais face à l’Ecosse et à l’Irlande. Un duo qui ne convainc pas Saint-André, qui décide de changer de stratégie face à l’Angleterre.

Trinh-Duc et Beauxis trop justes
 
"Lors des trois premiers matchs, nous avons eu du mal à commencer et à sortir de notre camp lors des vingt premières minutes. C’est un ajustement stratégique, on veut changer de stratégie dès le départ contre les Anglais et avoir un jeu au pied très long", se justifie alors le sélectionneur, à l’heure de lancer Beauxis et Dupuy dans le grand bain. Ce sera un double échec, et seul le Toulousain aura une seconde chance, en compagnie du revenant Yachvili, rapatrié face au Pays de Galles. Pour un bilan guère plus convaincant.
 
A l’heure de préparer la prochaine tournée en Argentine, et le futur de ce XV de France, Philippe Saint-André semble donc au point-mort. Si au poste de demi de mêlée, le constat est moins alarmant, c’est surtout à l'ouverture que le manque se fait cruellement sentir. Si la capacité de François Trinh-Duc à franchir ne se dément pas, son manque de maîtrise, notamment au pied, est encore trop criant. De son côté, Lionel Beauxis semble encore trop friable mentalement, à l’image de son jeu au pied, pourtant habituellement son point fort, moyen sur les deux matches.
 
Un vide que le sélectionneur va bien vite devoir combler. S’il a émis l’idée de tester Maxime Mermoz à l’ouverture durant la tournée argentine, il pourrait également se tourner vers un très jeune joueur. Il y a d’abord le Mondialite Jean-Marc Doussain, 21 ans, qui ne joue cependant que trop peu avec le Stade Toulousain. Il y a ensuite l’Agenais Maxime Machenaud, 23 ans, qui jouera à partir de l’an prochain au Racing, en compagnie de Jonathan Wisniewski, autre candidat potentiel au poste.
 
Du pain sur la planche en perspective pour le sélectionneur, qui participe actuellement aux Assises du rugby. Il pourra sans doute y soulever le manque de spécialistes français à ce poste en Top 14. Un constat qui ne vaut d’ailleurs pas forcément que pour les numéros 10 puisque les talonneurs de niveau international, ainsi que les piliers, ne courent pas forcément les rues dans notre championnat. Mais même si des solutions sont trouvées, il faudra attendre avant d’en récolter les fruits. En attendant, "PSA" semble condamné au bricolage...

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