Publié par Sylvain Labbe le 11 février 2017 à 19h35

Secouée comme jamais, l’Angleterre reste invincible !

VI Nations

Toute la rage de vaincre anglaise sur les visages d'Elliot Daly, auteur de l'essai de la victoire anglaise à la 77e minute de jeu, et d'Owen Farrell.

Secouée comme jamais, l’Angleterre reste invincible !

Encore mené à la 76e minute de jeu, le XV de la Rose trouve pourtant le moyen de s’imposer samedi, à Cardiff (16-21), face au pays de Galles au terme d’un match monumental. Le record des All Blacks se rapproche un peu plus… 

Un toit pour deux: c’est le “confort”, très relatif, lorsqu’on est visiteurs, qu’offre en général le Principality Stadium (ex-Millennium) dans le Tournoi. Sauf lorsqu’on s’appelle Eddie Jones, sacré joueur de poker-menteur, et qu’on réclame, comme le règlement l’y autorise (*) à évoluer sous la nuit étoilée de Cardiff, au risque de subir les effets d’une météo capricieuse, mais surtout en s’affranchissant (un peu) de l’ambiance extraordinaire de cette caisse de résonnance du plus hostile des stades des six nations.

Mais si l’atmosphère, à nulle autre pareil, a pu souffrir de ce coup de filou du sélectionneur anglais, il n’en est rien de la qualité de ce choc entre Gallois et Anglais, épargné par les éléments et qui, par moments, il faut bien le dire, a atteint des sommets. Un rugby total, sans doute le meilleur de ce que peut proposer l’hémisphère nord -  n’en déplaise aux Bleus de Novès – pour  aboutir à ce seizième succès de rang (16-21) des coéquipiers de Dylan Hartley, refusant cette défaite qu'ils fuient plus que jamais et désormais à deux petits succès du record des All Blacks (qui serait égalé en cas de succès sur l'Italie et l'Ecosse à Twickenham).  

23 temps de jeu à la 60e minute !

Au cours d’un premier quart d’heure à l’avantage du XV de la Rose, l’essai des Anglais, qui évidemment tirent les premiers, est à ce niveau d’exigence un modèle du genre avec cette action à… 27 temps de jeu que vient conclure ce diable de Ben Youngs (3-8, 18e). Le demi de mêlée, qui sait, comme toute son équipe, qu’il peut et doit faire mieux après avoir « gagné moche » face à la France. Et s’exécute avec cette prise du score. Il faut bien ça pour mettre à mal une défense galloise déjà énorme dans ce premier acte sans aucun temps mort et un déchet technique presque inexistant.

On croit à la réponse de Rhys Webb… Mais M. Garcès, bien que sûr de lui, fait appel à la vidéo pour invalider l’essai que réclament les Gallois (28e). Ce n’est que partie remise. Si le capitaine Alun Wyn-Jones gâche un surnombre de quatre contre un en coin sur l’une des rares mauvaises inspirations de ce match ébouriffant (35e), Liam Williams, a bien parlé à son n°9, avant cette mêlée derrière laquelle Webb lance parfaitement son ailier vers l’essai sous les poteaux juste avant la pause (13-8, 39e).

On se dit qu’il va falloir une équipe d’Angleterre sacrément costaude pour sortir victorieuse d’un tel affrontement. Elle va savoir l’être, malgré un adversaire, lui aussi capable de multiplier les temps de jeu et de plus en plus en confiance, qui se voit justement refuser un deuxième essai pour en-avant de passe au détriment de Dan Biggar (46e). L’Angleterre voit rouge, mais réduit pourtant le score par Owen Farrell (13-11, 56e). On se rend coup pour coup et Leigh Halfpenny maintient l’écart (16-11, 61e).

La tension est à son comble quand les joueurs à la Rose meurent sur la ligne d’essai galloise, mais subissent l’interception de Biggar qui n’a pas les cannes pour placer le contre qui tue (65e). Trois points de plus de Farrell (16-14, 71e) et c’est encore fort de son coaching que Jones offre un second souffle à son équipe et fait basculer la rencontre avec l’essai d’Elliot Daly au bord de l’asphyxie sur un ballon gallois rendu au pied (16-21, 78e). L’ailier des Wasps, comme plusieurs de ses coéquipiers, ne connaît pas la défaite en sélection. Un privilège que l’Angleterre n’en finit plus de prolonger.

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 (*) Le règlement impose un accord entre les deux équipes pour la fermeture de l'enceinte. Or, l’Angleterre avait gagné 4 des 5 matches que les deux équipes ont joués avec le toit ouvert. 

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