L’esprit de corps et la cohésion à l’origine du sursaut français en phase finale de la Coupe du monde auront survécu à la première victorieuse du XV de France dans le Tournoi. Une défense intraitable face aux Italiens, comme une marque de fabrique héritée de l’ère Lièvremont, saluée par Philippe Saint-André, qui représente un acquis essentiel dans le chantier entrepris par le nouveau staff.
Sans convoquer Bernard Laporte et son inénarrable "Pas de fautes, pas de fautes, pas de fautes ! ", à la mi-temps d’un autre France-Italie, Philippe Saint-André n’a pas manqué de souligner dimanche, à Marcoussis, au lendemain de sa première victorieuse à la tête du XV de France, la rigueur défensive, dont auront su faire preuve les Bleus durant quatre-vingt minutes pour repousser coûte que coûte les assauts longtemps incessants d’un adversaire transalpin transfiguré sous les ordres de Jacques Brunel. "On a défendu corps et âme durant tout ce match, on n'a pas encaissé un essai, ça, c'est le point positif", relevait dès l’issue de la rencontre un Dimitri Yachvili parfaitement en phase avec le pragmatisme de ses nouveaux coachs.
S’ils ont souvent laissé l’impression de subir comme rarement face aux Italiens, Dusautoir et ses coéquipiers ont prouvé samedi qu’ils n’avaient rien perdu de la cohésion et de l’esprit de corps, qui avaient fait leur force en fin de Mondial en Nouvelle-Zélande.
Saint-André : "Ça, c'est un bel héritage laissé par le groupe de Marc Lièvremont"
Un souci et un soin apportés à la discipline remarquables, là où la Nazionale, qui passe pour une autre référence dans ce domaine, a fini la rencontre, réduite à quatorze. "Avoir été aussi discipliné est une très bonne chose, s’est félicité Saint-André, qui s’il a relevé de nombreuses scories dans cette première copie rendue, n’a pas hésité à saluer les acquis de son prédécesseur dans ce secteur. "Ça, c'est un bel héritage laissé par le groupe de Marc Lièvremont à la Coupe du monde. Les joueurs ont su être patients en défense, même s'ils ont parfois manqué d'agressivité dans les rucks".
La fameuse nouvelle "épaisseur" de ce XV de France, qui a sauté aux yeux des trois entraîneurs tricolores, n’a évidemment pas échappé non plus aux nouveaux venus au sein du groupe France. "On sent les mecs beaucoup plus soudés, plus complices aussi", reconnaît un Julien Malzieu auquel ce lien, pas si invisible, a sauté aux yeux dès son retour au CNR. "Quand on s’est retrouvé pour ce premier stage de trois jours, j’ai senti qu’il existait un petit truc en plus entre les mecs et, forcément, après avoir vécu une compétition comme ils l’ont vécue, faite de hauts et de bas, ça te soude et ça permet de créer des liens assez forts. Sans nous laisser, nous les nouveaux, à l’écart, on l’a senti dès notre arrivée à Marcoussis." Un vécu qui trouve son prolongement direct sur le terrain dans cet acharnement à ne rien lâcher sur la ligne.
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