On ne change pas une équipe qui n'a pas joué... Privé de match contre l'Irlande le 11 février dernier, le XV de France annoncé contre les Verts a été reconduit dans son intégralité dix jours plus tard par Philippe Saint-André pour le déplacement dimanche en Ecosse à l'occasion de la troisième journée du Tournoi des Six Nations. Le sélectionneur veut voir cette équipe à l'oeuvre à Murrayfield...
Têtu Philippe Saint-André ? Le sélectionneur voulait voir il y a dix jours face à l'Irlande un XV remanié par rapport à l'équipe ayant ouvert le Tournoi 2012 par une victoire contre l'Italie (30-12). La vague de froid qui s'est abattue début février sur la France et le manque de réactivité, pour ne pas dire de courage, qui a touché les dirigeants du Comité des Six Nations comme ceux de la Fédération française (FFR), incapables d'anticiper un report prévisible, ont mis à mal les plan du sélectionneur de l'équipe de France. Qu'à cela ne tienne, l'ancien manager du RC Toulon a reconduit les 15 frustrés de Stade de France, privés il y a dix jours de combat face aux Verts, pour affronter l'Ecosse dimanche à Murrayfield.
"On n'a pas hésité", assure "PSA". Même à la tentation de retoucher sa troisième ligne et de rappeler Louis Picamoles sur le banc pour donner de la hauteur à l'alignement tricolore en touche avec Julien Bonnaire. Car plus que la menace écossaise dans les airs, c'est la capacité selon lui des Ecossais à enchaîner les temps de jeu dont les Bleus doivent se méfier. "Les Ecossais conservent le ballon dans les limites de fatigue qu'on n'a pas l'habitude d'avoir", détaille-t-il. "C'est une équipe qui joue beaucoup, qui tient le ballon, qui est capable de créer des temps de jeu de plus de quatre minutes. Et le meilleur moyen pour éviter ces longs de temps de possession, c'est d'être très agressif lors des premiers impacts. Il faut récupérer le ballon très rapidement", ajoute-t-il pour justifier la titularisation du Toulousain.
Bonnaire le joker
A l'écouter, ce n'est pas l'équipe qui a perdu ses deux premiers matches du Tournoi, à domicile contre l'Angleterre (6-13) et au pays de Galles (27-13), que le XV de France va retrouver face à lui dimanche à Edimbourg, mais les All Blacks de l'hémisphère nord comme il est de coutume de les surnommer. "Les Ecossais ont dominé les Gallois en première période, insiste le sélectionneur pour faire peur dans les chaumières. Ça va être un gros test pour nous, dans la stratégie et dans le un contre un. Ça va aussi être un test important après la Coupe du monde. Le coaching sera très important dimanche à Edimbourg."
D'où l'idée de garder Bonnaire, capable, même à 33 ans et à quelques semaines désormais de sa retraite internationale, d'enchaîner les efforts, sur le banc dans un rôle de joker de luxe. "Il sera important en seconde mi-temps", prévient "Le Goret", quand sa troisième-ligne commencera à tirer la langue. Car "des joueurs auront du mal à tenir 80 minutes", annonce-t-il déjà, rappelant que certains ont fini avec des crampes face à l'Italie, un match où "nous on a eu du mal à conserver le ballon lors d'actions de plus d'une minute trente..."
Et Saint-André de rappeler : "le niveau des Six Nations, c'est 40 minutes de temps de jeu effectif. Ecosse-Angleterre, c'était plus de 40 minutes". Loin de ce que propose le Top 14 (tiens, on croirait entendre Marc Lièvremont) où "il y a beaucoup de «ping-pong » : jeu au pied, gagne-terrain." Avant de se mettre définitivement au ping-pong, William Servat (34 ans) et Lionel Nallet (35 ans) seront donc eux aussi invités à lâcher leurs dernières cartouches en fin de match, quand le rythme s'accordera plus à leur statut de futurs retraités internationaux. C'est qu'avec quatre matches internationaux en quatre semaines, PSA a intérêt à préserver ses "meilleurs vieux" (voir par ailleurs). Surtout face à une équipe aussi redoutable que l'Ecosse et alors que l'Irlande, l'Angleterre et le Pays de Galles s'annoncent ensuite...
Réagissez