Suspendu 30 jours par la Ligue nationale de rugby (LNR) pour avoir insulté l’arbitre le week-end dernier lors de la victoire du Stade Français contre Bordeaux-Bègles (34-10), Sergio Parisse manquera, quoique donne son appel, la réception du pays de Galles samedi à Rome pour le compte de la troisième journée du Tournoi des Six Nations. Un coup dur pour la Squadra Azzurra.
Philippe Saint-André est mieux placé que quiconque pour connaître les risques que représente la tenue d’une journée de Top 14 une semaine avant une rencontre internationale. Mais pour une fois, c’est en dehors des frontières de l’Hexagone qu’il faut chercher une victime du calendrier toujours aussi mal ficelé du rugby international en la personne de… Jacques Brunel. Sur le pont avec le Stade Français samedi dernier à l’occasion de la 18e journée, contrairement aux internationaux français rendus à leur club respectif mais exemptés de match, Sergio Parisse a eu la mauvaise surprise d’être expulsé par Laurent Cardona lors de la première période entre le Stade Français et Bordeaux-Bègles (34-10).
S’il a rapidement fait appel, assurant n’avoir pas proféré les insultes que lui prêtait l’arbitre, le troisième-ligne international italien (93 sélections) n’a pas convaincu la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) qui l’a condamné à 40 jours de suspension, dont 10 avec sursis, soit jusqu’au 18 mars prochain, deux jours après la fin du Tournoi des Six Nations... "Je n’ai pas de mots pour vous remercier tous… de croire en moi et de savoir que je n’ai jamais insulté un arbitre de ma vie !", a réagi l’intéressé sur son compte Twitter, message accompagné par des actes puisqu’il a fait appel de cette sanction devant la commission d’appel de la Fédération française.
Vosawai: "Attention Gallois !"
Mais quelle que soit l’issue de cette prochaine audience, programmée la semaine prochaine, le capitaine de la Nazionale abandonnera les siens ce week-end pour la réception de pays de Galles à Rome. Une absence anticipée par Jacques Brunel qui avait appelé en renfort Mauro Bergamasco sans finalement le retenir sur la feuille de match. "Je suis désolé pour ce qui s’est passé avec Sergio, a commenté Jacques Brunel, le sélectionneur de la Squadra Azzurra. J’ai revu la vidéo en boucle et je suis persuadé qu’il n’a rien dit à l’arbitre, si ce n’est de demander un jaune pour l’adversaire. L’arbitre a eu tort. Nous espérions un autre jugement. Mais nous ne pouvons rien faire. Maintenant, nous devons battre le pays de Galles."
Pas facile avec la perte de son joueur emblématique. "Aussi bien en tant que n°8 que de leader, Sergio est un joueur de classe mondiale", rappelle Aaron Persico, l’ancien international italien, interrogé par la BBC. "J’ai joué contre lui entre 2002 et 2007 et il a encore pris une autre dimension depuis. On pouvait voir que c’était un joueur talentueux. Il a toujours eu un bon jeu de jambes et était déjà l’un des joueurs qui cherchait à avoir beaucoup le ballon. Depuis, avec la maturité, il a encore progressé et il est devenu indispensable à l’équipe d’Italie. C’est une grosse perte pour l’Italie", insiste Michael Owen, ancien troisième-ligne centre du XV du Poireau, toujours sur les ondes britanniques. Et Persico de conclure : "Je pense que cette absence va affecter la confiance de l’Italie car c’est un joueur qui peut renverser un match à lui tout seul alors que ceux qui peuvent le remplacer ne sont que des travailleurs."
En l’occurrence, Jacques Brunel, qui a confié le brassard de capitaine à Martin Castrogiovanni, s’est rabattu sur Manoa Vosawai (10 sélections), préféré au n°8 à Alessandro Zanni pour avoir déjà joué à ce poste avec Trévise. "Jouer à la place de mon capitaine devant 65 000 personnes est une responsabilité énorme. Je vais tout faire pour qu’on ne regrette pas Sergio. Je suis prêt à me dévouer. Attention Gallois !" L'avertissement parviendra-t-il jusqu'aux oreilles galloises ?
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